‹ OEuvres de Malherbe, poésie et prose;Chapitre 58 sur 124 · LIVRE n. tfS · texte numérisé non relu

LIVRE n. tfS

Et «6 précipite avec lui.

Loin que la raison nous éclaire Et conduise nos actions , Mous avons trouvé Tart d'en faire L'orateur de nos passions :

C'est un sophiste qui nous joue ; Un vil complaisant qui se loue A tous les fous de Funivers , Qui , s'habillant du nom de sages , La tiennent sans cesse à leurs gages Pour autoriser leurs travers:

C'est elle qui nous fait accroire

Que tout cède à notre pouvoir;

Qui nourrit notre folle gloire

De l'ivresse d'un faux savoir ;

Qui , par cent nouveaux stratagèmes

Nous masquant sans cesse à nous-mêmes ,

Parmi les vices nous endort ,

Du furieux fait un Achille ,

Du fourbe un politique habile,

Et de l'athée un esprit fort

Mais vous , mortels qui , dans le monde Croyant tenir les premiers rangs, Plaignez l'ignorance profonde De tant de peuples différents, Qui confondez avec la brute Ce Huron caché sous sa butte ^ Au seul instinct presque réduit ; Parlez : Quel est le moins barbare D'une raison qui vous égare , Ou d'un instinct qui le conduit ?

La nature , en trésors fertile , Lui fait abondamment trouver Tout ce qui lui peut être utile «

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