‹ OEuvres de Malherbe, poésie et prose;Chapitre 88 sur 124 · VOLTAIRE · texte numérisé non relu

VOLTAIRE

Lettre de M, de Voltaire à M. Corneille.

Au cbAteau de Femey en Bourgogne, 25 décembre 1760.

Mademoiile votre fille, monsieur, me parait digne de son nom par sentiments. Ma nièce, miadame Denis , en prend soin comme de sa fille. Nous lui trouvons de très-bonnes qualités , et pas de défauts. C'est une grande consolation pour moi , dans ma vieillesse , de pouvoir un peu contribuer à son éducation; nous ne négligeons rien. Elle remplit tous ses devoirs de chrétienne ; elle témoigne la plus forte envie d'apprendre tout ce qui convient au nom qu'elle porte. Tous ceux qui la voient en sont très-satisfaits ; elle est gaie et décente , douce , laborieuse : on ne peut être mieux née. Je vous félicite, monsieur, de Pa- Toir pour fille , et Je vous remercie de me l'avoir donnée. Je suis persuadé qu'un Jour tous ceux qui lui sont attachés par le sang , ou qui s'intéressent à sa famille, verront que, si elle méritait un meilleur sort, elle n'aura pas à se plaindre de celui qu'elle aura eu dans ma maison. D'autres auraient pu lui procurer une destinée plus brillante; mais personne n'aurait eu plus d'attention pour elle , plus de respect pour son nom , et plus de considération pour sa personne. Ma nièce se Joint à moi , monsieur, pour vous assurer de nos sentiments et de nos soins.

J'ai l'honneur d'être , avec tous les sentiments que je vous dois.

Monsieur,

Votre très- humble et trè^obéissant serviteur,

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