‹ OEuvres de Malherbe, poésie et prose;Chapitre 89 sur 124 · VOLTAIRE · texte numérisé non relu

VOLTAIRE

Enfin , Voltaire , après aToir eu le chagrin de voir manqué un mariage qu*ii avait presque conclu pour sa pupille avec un gentilhomme de Gex , M. de Crassy, et cela parce que le hasard fit tomber sous les yeux de celui-ci une des feuilles de Fréron dans laquelle il disait : « Le père de la demoiselle (mademoiselle Corneille) est une espèce de petit commis de la poste de deux sous, à cinquante /tvres par mois de gages; et sa fille a quitté le couvent, pour venir recevoir chez Voltaire son éducation d*un bateleur de la

foire '. » Voltaire eut la satisfaction de marier très-convenablemeiit mademoiselle Corneille. Voici ce qu'il écrit à Lebrun dans sa lettre du 26 janvier 1763:

A Ferney , 26 Janvier 1763.

Puisque à la réoeptioD de ma lettre , monsieur, vous ne m'avez pas envoyé on parent de Racine pour épouser mademoiselle Corneille , nous avons pris un Jeune cornette de dragons , de vingt-trois ans , d*one très- Jolie figure, de mœurs charmantes, bon gentilhomme, mon voisin, possédant à ma porte environ dix mille livres de rentes en terres. J'arrange ses affaires , Je donne une dot honnête , Je garde chez moi les mariés. Il est Juste que vous ayez la première nouvelle de cet arrangement, puisque c'est à tous que Je dois mademoiselle Corneille. Il faut que votre nom soit au bas du contrat,' etc.

Au bas de la lettre de Voltaire on Ut, de la main de mademoiselle Corneille y ce qu'elle écrit à Lebrun.

Vous êtes , monsieur , le premier auteur de mon bonheur ; il m'en est plus précieux. Je me Joins à M. de Voltaire pour vous dire que Je serai toute ma vie , avec la plus sensible reconnaissance ,

Monsieur,

Votre très-humble et très-obéissante servante,

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