L'AMOUR ET L'ABEILLE
l'amoub.
Quoi! tandis qu'elle sommeille , Tu piques ma chère Églé?
Tu mourras, maudite abeille ^ Tu mourras , serpent ailé.
l'abeille.
Dieu d'Amour, apprends la cause De mon innocente erreur :
Je l'ai prise pour la rose ; J'ai cru sucer une fleur.
l'amoub.
Et ton atteinte cruelle Serait impunie ! oh , non :
Je veux t' arracher une aile ,
» Voici ce qu'écrivait Voltaire à DamllavUle, 2 février I7«i.
« nnsiste avec la même chaleur sur le changement g«« Von veut faire dans ce que je dis de l'ode de M. de Buffon. Je dis qu'il y a dans son ode des strophes admirables, et cela est vrai. Les trois dernières, surtout, me paraissent aussi sublimes que touchantes ; et j'avoue qu'elles me détei^minèrent sur-le-champ à me charger de mademoiselle Corneille, et à l'élever comme ma fille. Ces trois dernièrea strophes wfi paraisseot admirables , je le répète. Vous voulez mettre à la plaoe^ sentiments admirables; inais un senUment de compassion n'est point admirable; ce sont les strophes qui le sont. Je demande en grâce qu'on imprime ce que j'ai dit , et nojQ pas ce qu'on croit que j'ai dû dire,.... »
Fréron dépeça cette ode, strophe par strophe, et , s'amusanl du fau\ sublime, fut injuste pour les beautés réelles. Lebrun s'en vengea en écrivant contre lui la H^asprie « , diatribe pleine d'ii^ures, mai? qù il peint avec talent et vérité les fausses doctrines des critiques de fréron en fait de poésie.
* ¥^asp , en anglais, 9.igQlGe freloi^.
Ou briser ton aiguillon.
l'abeille.
Te sied-il, enfant colère , De punir, dans tes rigueurs, Une piqûre légère , Toi qui déchires les cœurs?
ODE