‹ Œuvres de Marivaux: théâtre completChapitre 109 sur 1238 · ANNIBAL, ACTE V, SCÈNE X · texte numérisé non relu

ANNIBAL, ACTE V, SCÈNE X

NoD, noo; qu'une superbe et pleine confiance. Digne de Tennemi que tous yous êtes fait, Que TOUS honorerez par ce généreux trait, Tous invitant à fuir des retraites peu sûres, Où TOUS deviez, seigneur, présager vos injures, Vous guide jusqu'à Rome, et vous jette en des bras Plus fidèles pour vous que ceux de Prusias. Voilà, seigneur, voilà la chute la plus fière Que puisse se choisir votre audace guerrière. A Totre place enûn, voilà le seul écueil Où, même en se brisant, se maintient votre orgueil. N'hésitez point, venez ; achevez de connaître Ces vainqueurs que déjà vous estimez peut-être. Puisque autrefois, seigneur,vous les avez vaincus, C'est pour vous honorer une raison de plus. Montrez-leur Annibal; qu'il vienne les convaincre Qu'un si noble vaincu mérita de les vaincre. Partons sans différer; venez les rendre tous D'une action si noble admirateurs jaloux.

ANNIBAL

Oui, le parti sans doute est glorieux à prendre. Et c'est avec plaisir que je viens de l'entendre. Il m oblige. Annibal porte en effet un cœur Capable de donner ces marques de grandeur. Et je crois vos Romains, même après ma défaite,* Dignes que de leurs murs je fisse ma retraite. Il ne me restait plus, persécuté du sort. D'autre asile à choisir que Rome ou que la mort. Hais enfin c'en est fait; j'ai cru que la dernière Avec assez d'honneur finissait ma carrière. Le secours du poison...

Je l'avais pressenti :

Du héros désarmé c'est le dernier parti. Ah! soufflez qu'un Romain, dont l'estime est sincère, Hegrette ici l'honneur que vous pouviez nous faire. Le roi s'avance; ê ciel! sa fille en pleurs le suit.

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