‹ Œuvres de Marivaux: théâtre completChapitre 139 sur 1238 · TOUS · texte numérisé non relu

TOUS

Oui.

BLAISE

Bon : tout le monde a donc épelé ici? Mais morgue! n'avons-je plus rian à nous dire? Là, tàtez-vous, camarades; tàtez-vous itou, mademoiselle.

LA COMTESSE

Quoi?

BLAISE

N'y a-t-il rian à redire après vous? N'y a-t-îl rian de changé à voûte affaire?

LE PHaOSOPHB.

Pourquoi nous dites-vous cela ?

BLAISE

Avant que j'abordissions ici, comment étais-je fait? N'étais-je pas gros comme un tonniau, et droit comme une parche ?

SPINETTE

Vous avez raison.

BLAISS.

Eh bian ! n'y a plus ni tonniau, ni parche ; tout ça a pris congé de ma personne.

LE MÉDECIN

C'est-à-dire?

C'est-à-dire que moi qu'on appelait le grand Biaise, moi qui vous parle, il n'y a plus de nouvelles de moi, je ne savons pas ce que je sis devenu ; je ne trouve pus dans mon pourpoint qu'un petit reste de moi, qu'un petit criquet qui ne tiant pas pus de place qu'un éparlan.

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