‹ Œuvres de Marivaux: théâtre completChapitre 140 sur 1238 · TOUS · texte numérisé non relu

TOUS

Ehl

L'ILE DE LA RAISON, ACTE I, SCÈNE IlL

BLAISE

Je me sens d'un rapetissement, d'une corpusculence si chiche; je sis si diminué, si chû, que je preorais de bon cœur une lantarne pour mecharcher. Je vois bian que vous êtes aplatis itou; mais me voyez-vous comme je vous vois, vous autres.

FONTIGNAC.

Tu Tas dit, paubre éperlan. Et dé moi, que t'en semvle?

BLAISE

Vous? vous êtes de la taille d'un goujon.

FONTIGNAG.

Mé boilà.

LB COURTISAN

Et moi, Fontîgnac, suis-je aussi petit qu'il me paraît que je le suis devenu ?

Monsieur, bous êtes mon maître, homme dé cour et grand seigneur ; bous mé démandez ce que bous êtes ; mais je né bous bois pas ; mettezbous dans un microscope.

LE PHILOSOPHE

Je ne saurais croire que notre petitesse soit réelle: il faut que l'air de ce pays-ci ait fait une révolution dans nos organes, et qu'il soit arrivé quelque accident à notre rétine, en vertu duquel nous nous croyons petits.

LE COURTISAN

La mort vaudrait mieux que l'état où nous sommes.

BLAISE

Ah I ma foi, ma- parsonne est bian diminuée ; mais j'aime encore mieux le petit morceau qui m*eo reste, que de n'en avoir rian du tout : mais tenez, velà apparemment le gouvarneu d'ici qui nous lorgne avec une lunette.

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