‹ Œuvres de Marivaux: théâtre completChapitre 141 sur 1238 · SCÈNE III · texte numérisé non relu

SCÈNE III

LE GOUVERNEUR, SON FILS, SA FILLE, BLEC- TRUE, L'INSULAIRE, MEGISTE, suite du gouverneur, LES HUIT EUROPÉENS.

l'insulaire.

Les voilà, seigneur.

LE gouverneur, de Icitt, avee une limette d'approche.

Vous me montrez là quelque^ cbose de bien extraordinaire : il n'y a assurément rien de pareil dans le monde. Quelle petitesse I et cependant ces petîtsanîmauxont parfaitement lafigure d'homme, et même à peu près nos gestes et notre façon de regarder. En vérité, puisque vous me les donnez, je les accepte avec plaisir. Approchons.

PARMBNÈSy <^ tauisëont de la comlene.

Mon père, je me charge de cette petite femelleci, car je la crois telle.

FLORIS, prenant le courtisan.

En voilà un que je serais bien aise d'avoir aussi : je crois que c'est un petit roàle.

LE courtisan.

Madame, n'abusez point de l'état où je suis.

FLORIS

Ah ! mon père, je crois qu'il me répond; mais il n'a qu'un petit filet de voix.

l'insulaire.

Vraiment, ils parlent ; ils ont des pensées, et je leur ai fait apprendre notre langue.

FLORIS

Que cela va me divertir! Ah ! mon petit mignon, que vous êtes aimable !

PARMENÈS.

Et ma petite femelle, me dira-t-elie quelque chose ?

LA COMTESSE

Vous me paraissez généreux, seigneur ; secourez-moi; indiquez-moi, si vous le pouvez, de quoi reprendre ma figure naturelle.

PARMENÉS.

Ma sœur, ma femelle vaut bien votre mâle.

FLORIS

Ohl j'aime mieux mon mâle que tout le reste ; mais ne mordent-ils pas, au moins ?

BLAISE, riant»

Ah! ah! ah! ah!

FLORIS

En vyilà un qui rit de ce que je dis.

BLAISE

Morgue! je ne ris pourtant que du bout des dents.

LE GOUVERNEUfl.

Et les autres?

LE PHILOSOPHE

Les autres sont indignés du peu d'égard qu on a ici pour des créatures raisonnables.

FONTIGNAC, avec feu.

Sire, réprésentez-bous lé mieux fait dé botrc royaume. Boilà ce que je suis, sans mé soucier qui mé gâte la taille.

BLAISE

Vartigué! monsieu le gouvarneu, ou bian monsieu le roi, je ne savons lequeul c'est; et vous, mademoiselle sa fille, et monsieu son garçon : il n'y a qu'un mot qui sarve. Venez me voir avaler ma pitance, vous varrez s'il y a d'homme qui débride mieux; je ne sis pas pus haut que chopainc : mais morgue! dans cette chopaine vous y varrez tenir pinte.

LE GOUVERNEUR

Il me semble qu'ils se fâchent : allons, qu'on les remette en cage, qu'on leur donne à manger; cela les adoucira peut-être.

LE COURTISAN, à FlOris, en lui boitant la main.

Aimable dame, ne m'abandonnez pas dans mon malheur.

L'ILE DE LA RAISON, ACTE I, SCÈNE VIL

FLORIS

Eh ! voyez donc, mon père, comme il me baise la main! Non, mon petit rat; vous serez à moi, et j'aurai soin de vous. En vérité, il me fait pitié I LE PHILOSOPHE, sovpirani.

Ah!

BLAISE

Jarnicoton, queu train!

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