LA COMTESSE, SPINETTE, BLAISE, PARMENËS
FLORIS
FLORIS
Que voi&-je? Ah! mon frqre, la jolie personnel
BLAISB.
C'est pourtant cette bamboche de tantôt.
SPINETTE
C'est ma maîtresse, cette petite femelle que monsieur avait retenue.
PARMENÊS.
Quoi ! vous, madame ?
LA COMTESSE
Oui, seigneur, c'est moi-même, sur qui la raison a repris son empire.
FLORIS
Et mon petit mâle?
On travaille à li faire sa taille à sti-là : le Gascon est après, à ce qu'il nous a dit.
FLORIS, ù la eomteise.
Je voudrais bien qu'il eût le même bonheur. Et TOUS, madame, l'état où vous étiez nous cachait
une charmante figure. Je vous demande votre amitié.
LA COMTESSE
J'allais VOUS demander la vôtre, madame, avec un asile éternel en ce pays-ci.
FLORIS
Vous ne pouvez, ma chère amie, nous faire ua plus grand plaisir; et si la modestie permettait à mon frère de s'expliquer là-dessus, je crois qu'il en marquerait autant de joie que moi.
PARMENES.
Doucement, ma sœur.
LA COMTESSE
Non, prince, votre joie peut paraître; elle ne risquera point de déplaire.
BLAISE
Eh ! morgue, à propos : ce n'est pas comme ça qu'il faut répondre; c'est à li à tenir sa morgue, et non pas à vous. C'est les hommes qui font les pimbêches, ici, et- non pas les femmes. Amenez voûte amour, il varra ce qu'il en fera.
LA COMTESSE
Comment! je ne l'entends pas.
Madame, c'est que cela a changé de main. Dans notre pays on nous assiège; c'est nous qui assiégeons ici, parce que la place en est mieux défendue.
BLAISB.
L'homme ici, c'est le garde-fou de la femme.
LA COMTESSE
La pratique de cet usage-là m'est bien neuve; mais j'y ai pensé plus d'une foison ma vie, quand j'ai vu les hommes se vanter des faiblesses des femmes.
FLORIS
Ainsi, ma chère amie, si vous aimez mon frère, ne faites point de façons de lui en parler.
SPINETTE
Oui, oui, cela est extrêmement juste.
LA COMTESSE
Cela m'embarrasse un peu.
SPINETTE
Prenez garde; j'ai pensé retomber avec ces petites façons-là.
LA COMTESSE
Comme vous voudrez.
FLORIS
Mon frère, madame est instruite de nos usages, et elle a un secret à vous confier. Souvenez-vous qu'elle est étrangère, et qu'elle mérite plus d'égards qu'une autre. Pour moi, qui ne veux savoir les secrets de personne, je vous laisse.
BLAISE
Je sis discret itou, moi.
SPINETTE
Et moi aussi, et je sors.
L'ILE DE LA RAISON, ACTE II, SCÈNE YIIL
BLAI8B.
âIIods Toîr si iroute petit mâle de tantôt est bian avancé.
FLORIS, à la comtesse, *
Je le souhaite beaucoup. Adieu, chère bellesœur.