‹ Œuvres de Marivaux: théâtre completChapitre 163 sur 1238 · LE COURTISAN, FONTIGNAC, BLAISE · texte numérisé non relu

LE COURTISAN, FONTIGNAC, BLAISE

BLAISE

Queu tintamarre est-ce que j'entends-là? En dirait d'un papillon qui bourdonne. Qu'avez-vous donc qui vous fâche?

LE COURTISAN

C'est ce coquin que tu vois qui vient de me dire tout ce qu'il y a de plus injurieux au monde. {Fontignac ei Biaise $e font des mines d'intelligence,)

BLAISE

Qui,li?

Hélas! mattré Vlaisé, bous sabez lé dessein que j'abais. Monsieur a cru que je l'abais piqué, quand je né faisais encore qu'approcher ma lancette pour lui tirer lé maubais sang que bous lui connaissez.

BLAISE

C'est qu'ous êtes un maladroit ; il a bian fait do retirer le bras.

LE COURTISAN

La vue de cet impudent-là m'indigne.

BIJkISB.

Jarnigué! et moi itou. Il li appartient bian de fâcher un mignard comme ça, à cause qu'il n'est

L'ILE DE LA RAISON, ACTE III, SGËNE IIL

qu'un petit bout d*homine! Eh biani qu'est-ce? moyennaDt la raison, il devianra grand.

LB COURTISAN

Eh I je t*assure que ce n'est pas la raison qui me manque.

BLAISB.

Eh ! morgue, quand aile vous manquerait, j'en avons pour tous deux, moi ; ne vous embarrassez pas.

LB COURTISAN

Quoi qu'il en soit, je te suis obligé de vouloir bien prendre mon parti.

Page 1