‹ Œuvres de Marivaux: théâtre completChapitre 199 sur 1238 · LUBIN, HORTENSIUS, LA MARQUISE · texte numérisé non relu

LUBIN, HORTENSIUS, LA MARQUISE

LUBIN

Madame, monsieur le chevalier finit un embarras avec un homme; il va venir, et il dit qu'on l'attende.

LA MARQUISE

Va, va ; quand il viendra, nous le prendrons.

Si vous le permettiez à présent, madame, j'aurais l'honneur de causer un moment avec vous.

LA MARQUISE

Eh bien ! que veux-tu ? achève.

LUBIN

Ohl mais, je n'oserais; vous me paraissez en colère.

LA MARQUISE, à Hortensint.

Moi, de la colère I Ai-je cet air-là, monsieur?

HORTBNSIUS.

La paix règne sur votre visage.

LUBIN

G'estdoncque cette paix y règne d'un air fâché?

LA MARQUISE

Finis, finis.

LUBIN

C'est que vous saurez, madame, que Lisette trouve ma personne assez agréable ; la sienne me revient assez : et ce serait un marché fait, si, par une bonté qui nous rendrait la vie, madame, qui esta marier, voulait bien prendre un peu d'amour pour mon mattre qui a du mérite, et qui, dans cette occasion, se comporterait à l'avenant.

LA MARQUISE, à HortensiuM.

Ah! écoutons; voilà qui se rapporte assez à ce que vous m'avez dit.

On parle aussi de monsieurle comte, et les comtes sont d*honnêtes gens; je les considère beaucoup : mais si j'étais femme, je ne voudrais que des chevaliers pour mon mari. Vive un cadet dans le ménage 1

LA MARQUISE

Sa vivacité me divertit. Tu as raison, Lubin ; mais malheureusement, dit-on, ton maître ne se soucie point de moi.

LUBIN

Cela est vrai, il ne vous aime pas, et je lui en ai fait la réprimande avec Lisette : mais si vous commenciez, cela le mettrait en train.

LA MARQUISE, à Hortentius,

Eh bien 1 monsieur, qu'en dites-vous? Sentezvous là-dedans le personnage que je joue? La sottise du chevalier medonne-t-elie un ridicule assez complet ?

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