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MARIVAUX, SA VIE ET SES OEUVRES. xxxm
Ce fut une de ses meilleures fortunes au théâtre. Elle ne Ty fixa cependant pas, tant la mobilité de son esprit, qu'activait encore la diversité de ses aptitudes, était grande.
Quelques mois après, nous le trouvons, on ne sait pourquoi, occupé d'histoire, et de la plus sérieuse.
n publie alors sous ce titre : Traité politique et historique du Gouvememefit français ^ un essai assez indigeste, qu'il ne tarda pas à condamner lui-même, et qui n'a jamais été réuni à ses œuvres. Ce n'est pas tout, la manie du journalisme l'a repris. Il a oublié le mauvais sort de son Spectateur , et il veut le recommencer sous cet autre titre : Le Cabinet du Phihsophe. Ce n'est plus tous les quinze jours, mais toutes les semaines, qu'il prétend en publier une brochure ; il le promet, il l'assure, donnant pour garantie de sa promesse la masse considérable de morceaux qu'il a déjà, dit-il, tout prêts, tout rédigés. Il ne se nomme pas, de crainte peut-être qu'on ne se défie; mais tout se savait déjà très-vite dans le monde bavard et percé à jour de la littérature ; l'abbé Desfontaines, qui s'était chargé du recueQ Pour et Contre, à la place de l'abbé Prévost, parti on ne sait où, apprend des premiers de qui devait être cette publication; et dans son nombre XXX, — on disait alors nombre pour numéro, — il lui décoche, après avoir à. dessein rappelé le Spectateur, cette petite note, qui n'est pas sans perfidie : « Voici un nouvel ouvrage de cette espèce, qui conunence d'éclore sous le titre de Cabinet du Philosophe, Une feuille en parottra tous les samedis, et — c'est ici que pointe la perfidie de l'abbé, qui connaissait bien son Marivaux, et se souvenait des intermittences du Spectateur, — et ne se fera pas attendre, du moins si l'on en croit l'auteur, qui assure qu'il a déjà de la matière pour plusieurs gros volumes'. »
Ce n'est pas sans raison que Desfontaines n'avait pas cru absolument l'auteur. Je ne sais si les feuilles se firent attendre, ou furent, chaque samedi, d'une exactitude exemplaire, mais il est certain que le nombre en fut restreint. Après la onzième, Marivaux se trouva à bout de soufile, ou la publication à bout de succès. Le libraire Prault, qui l'avait entreprise, l'interrompit net. Ce qui nous ferait penser que Marivaux, à qui, vu sa manière, tout travail soutenu et astreint à l'exactitude devait être difficile, fut, par impuissance, plus ou moins la cause de ce résultat négatif, c'est que dans une de ses feuilles, qu'il ne savait sans doute comment remplir, il publia une pièce en un acte, le Chemin de la For tune j qui n'avait que faire au milieu de ce recueil philosophique '. On la lui avait sans doute refusée partout, et il était heureux d'en tirer ainsi une ressource.
Le théâtre le sauvait toujours. C'était, comme ici, sa ressource, ou, comme après ses déceptions du Spectateur et du Cabinet d^un Philosophe, son refuge. Au mois d'août 1734, Q y était revenu, mais modestement, avec une toute petite pièce. Les Italiens reprenant