LE PETIT-MAITRE CORRIGÉ, ACTE I, SCÈNE VL
timents ; dites-les moi ; vous les savez sans doute, et TOUS me les apprendrez plus librement qu'elle; sa politesse me les cacherait peut-èti*e s*ils n'étaient pas favorables.
MABTON.
C'est à peu près de quoi nous nous entretenions, Frootin et moi , madame; nous disions que monsieur votre fils est très-aimable, et ma mattresse le voit tel qu'il est ; mais je demandais s'il l'aimerait.
LA MAnQUISE.
Quand on est faite comme Hortensc, je crois que cela n'est pas douteux, et ce n'est pas de lui que je m'embarrasse.
FRONTIN
Cest ce que je répondais.
MARTON
Oui, vous m*avez parle d'une vapeur de tendresse qui lui a pris pour elle; mais une vapeur se dissipe.
LA MARQUISE
Que veut dire une vapeur?
MARTON
Frootin vient de me l'expliquer, madame; c*est comme un étonnement de cœur, et unétonnement Dc dure pas; sans compter que les commodités de la fidélité conjugale sont un grand article.
LA MARQUISE
Qu'est-ce que c'est donc que ce langage-là, Marton? Je veux savoir ce que cela signifie. D'après qui répétez-vous tant d'extravagances? car vous n'êtes pas folle, et vous ne les imaginez pas surle-champ.
UARTOX.
^oo, madame ; il n'y a qu'un mdment que je saiscequej8 vousdislà; c'estune instruction que vient de me donner Frontîn sur le cœur de son maître, et sur l'agréable économie des mariages de Paris.
LA MARQUISE
Cet impertinent !
FRO:ÇTIN,
Ma foi, madame, si j'ai tort, c'est la faute du beau monde que j'ai copié ; j'ai rapporté la mode, je lai ai donné l'état des choses et le plan de la Yic ordinaire.
LA MARQUISE
Vous êtes un sot, taisez-vous. Vous pensez bien, MarloQ, que mon fils n'a nulle part à de pareilles eiiravagances ; il a de l'esprit, il a des mœurs, il aimera HoHense et connaîtra ce qu'elle vaut. \ Pour toi, je te recommanderai à ton maître, et lui dirai qu'il te corrige. (Eile iort,)