‹ Œuvres de Marivaux: théâtre completChapitre 331 sur 1238 · SCÈNE III · texte numérisé non relu

SCÈNE III

ROSIMOND, DORANTE, FRONTIN. ROSIMOND, à Frontin en entrant»

Cherche, vois partout, et, sans dire qu'elle est à moi, demande-la à tout le monde; c'est à peu près dans ces endroits-ci que je l'ai perdue.

FRONTIN

Je ferai ce que je pourrai, monsieur. (Il ton,)

ROSIMOND, à Dorante,

Ah! c'est toi. Dorante: dis-moi, par hasard, n'aurais-tu point trouvé une lettre à terre?

DORANTE

Non.

ROSIMOND.

Cela m'inquiète.

DORANTS.

Eh ! de qui est-elle?

ROSIMOND.

De Dorimène ; et malheureusement elle est d*un style un peu familier sur Hortense; elle l'y traite de petite provinciale qu'elle ne veut pas que j'épouse, et ces bonnes gens-ci seraient un peu scandalisés de l'épithète.

DORANTE

Peut-être personne ne l'aura-t-il encore ramassée; et d'ailleurs, cela te chagriae-t-îl tant?

ROSIMOND.

Ah! très-doucement; je ne m'en desespère pas.

Ce qui en doit arriver doit être- fort îndiiïéicnl à un homme comme toi.

ROSIMOND.

Aussi me l'est-il. Parlons de Dorimène; c'est elle qui m'embarrasse. Je t'avouerai confidemment que je ne sais qu'en faire. T'a-t-elle dit qu'elle n'est venue ici que pour m'empècher d'épouser? Elle a quelque alliance avec ces gens-ci. Dès qu'elle a su que ma mère m'avait brusquement ameaé de Paris chez

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