LE PETIT-MAITRE CORRIGÉ, ACTE II, SCÈNE VIL
\ient tout récemment, comme vous )e savez, de congédier là-bas le chevalier, pour n'avoir de liaison de cœur qu'avec vous! Non, monsieur, vous ne vous marierez point; n*y songez pas, car il n*en sera rien, cela est décidé ; votre mariage me déplaît. Je le passerais à un autre ; mais avec vous I Je ne suis pas de cette humeur-là, je ne saurais; vous êtes un étourdi; pourquoi vous jetezvous dans cet inconvénient ?
ROSISfOND.
Faites-moi donc la grâce d'observer que je suis la victime des arrangements de ma mère.
DORIMRNE.
La victime! vous m'édifiez beaucoup; vous êtes un petit garçon bien obéissant.
ROSIUOND.
Je n'aime pas à la fâcher; j'ai cette faiblesse-là, par exemple.
DORIMÊNB.
Le poltron! Eh bien! gardez votre faiblesse ; j'y suppléerai, je parlerai à votre prétendue.
ROSIMONO.
Ah! que je vous reconnais bien à ces tendres inconsidérationslà! Je les adore; ayons pourtant un peu plus de flegme ici ; car, que lui direz-vous? Que vous m'aimez?
nORIMÈNB.
Que nous nous aimons.
ROSIMOND.
Voilà qui va fort bien ; mais vous ressouvenezvous que vous êtes en province, où il y a des règles, des maximes de décence qu'il ne faut point choquer ?
DORIII^NE.
Plaisantes maximes! Est-il défendu de 8*aimer quand on est aimable? Ah! il y a des puérilités qui ne doivent pas arrêter. Je vous épouserai, monsieur; j'ai du bien, de la naissance. Qu'on nous marie; c'est peut-être le vrai moyen de me guérir d'un amour que vous ne méritez pas que je conserve.
ROSIMOND.
Nous marier? Des gens qui s'aiment! Y songezvous? Que vous a fait l'amour pour le pousser à bout? Allons trouver la compagnie.
DORIXÂNR.
Nous verrons. Surtout, point de mariage ici; commençons par là. Mais que vous veut Frontin?