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SCÈNE VII

ROSIMOND, DORIMËNE, FRONTIN.

FRONTIN, tout esêoufflé.

Monsieur! j'ai un mot à vous dire.

ROSIMOND.

Parle.

FRONTIN

11 faut que nous soyons seuls, monsieur.

DonmftNB.

Et moi je reste, parce que je suis curieuse.

' FRONTIN

Monsieur, madame est de trop; la moitié de ce que j'ai à vous dire est contre elle.

DORIMBNB.

Marquis, faites parler ce faquin-là.

ROSOfOND.

Parleras-tu, maraud?

FRONTIN

J'enrage, mais n'importe. Eh bien ! monsieur, ce que j'ai à vous dire, c'est que madame ici nous portera malheur à tous deux.

DORIMBNB.

Le sot I

Comment?

FRONTIN

Oui, monsieur, si vous ne changez pas de système, nous ne tenons plus rien. Pendant que madame vous amuse. Dorante nous égorge.

ROSIMOND.

Que fait- il donc?

FRONTIN

L'amour, monsieur, l'amour à votre belle Hortense.

DORIMÂNB.

Votre belle! voilà une épithète bien placée!

FRONTIN

Je défle qu'on la place mieux; si vous entendiez là- bas comme il se démène, comme les déclarations vont dru, comme il entasse les soupirs ! J'co ai déjà compté plus de trente de la dernière conséquence, sans parler des génuflexions, des exclamations : madame par ci, madame par là: ah! les beaux yeux ! ah! les belles mains! Et ces maios-là, monsieur, il ne les marchande pas; il en attrape toujours quelqu'une qu'on relire, couci-couci, et qu'il baise avec un appétit qui me désespère ; je l'ai laissé comme il en retenait une sur laquelle il s'était déjà jeté plus de dix fois, malgré qu'on en eût ou qu'on n'en eût pas, et j'ai peur qu'à la fia elle ne lui reste.

ROSIMOND BT DORIMÉNE, riant.

Eh! eh! eh!...

Cela est pourtant vif.

FRONTIN

Vous riez?

ROSIMOND, riantf partout de Dorimène.

Oui, cette main-ci voudra peut-être bien me dédommager du tort qu'on me fait sur l'autre. DORIMBNB, donnant la main ù Rosimond, Il y a de l'équité.

ROSIMOND, prenant la main de Doriméne,

Qu'en dis-tu, Frontin? suis je si à plaindre?

FRONTIN

Monsieur, on sait bien que madame a des mains; mais je vous trouve toujours en arrière.

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