LE PETIT-MAITRE CORRIGÉ, ACTE II, SCÈNE VIII
DORIVÉSIB.
Renvoyez cet homme-là, monsieur; j*admire votre sang-froid.
BOSIlfOXD.
Ya-fen. Q*estMarton qui lui atourné la cervelle !
FRONTIN
Non, monsieur, elle m*a corrigé; j^étais petitmaitre aussi bien qu'un autre ; je ne voulais pas aimer Marton que je dois épouser, parce que je croyais qu'il était malhonnête d'aimer sa future; mais cela n'est pas vrai, monsieur; fiez-vous à ce que je dis; je n'étais qu'un sot, je l'ai bien compris. Faites comme moi; j'aime à présent de tout moo cœur, et je le dis tant qu'on veut; suivez mon exemple; Hortense vous plaît, je l'ai remarqué; ce D est que pour être joli homme que vous la laissez là, et vous ne serez point joli, monsieur.
DORIMKNK.
Marquis, que veut-il donc dire avec son Hortense qui vous plaît? Qu'est-ce .que cela signifie? Quel travers vous donne-t-il là?
ROSIMOND.
Qa'en sais-je? Que voulez-vous qu'il ait vu? On demande que je l'épouse, et je l'épouserai. D'empressement, on ne m'en a pas vu beaucoup jusqu'ici; je ne pourrai pourtant me dispenser d'en avoir, et j'en aurai parce qu'il le faut; voilà tout ce qne j'y sais. {A FronUn,) Retire-toi.
FRONTIN
Quel dommage de négliger un cœur tout neuf I Cela est si rare 1
OORIMÈNB.
Partira-t-il?
ROSIMOND.
Va-t'en donc; faut-il que je te chasse?
FRONTIK.
Je n'ai pas tout dit; la lettre est retrouvée; Hortense et monsieur le comte l'ont lue d'un bout à l'autre; mettez-y ordre; ce maudit papier est encore de madame.
DOniXÊNB.
Quoi! parle-t-il du billet que je vous ai envoyé ici de chez moi?
ROSIMOND.
Cest du même que j'avais perdu.
DORIMÈNB.
Eh bien ! le hasard est heureux ; cela les met au (ait.
ROSIMOND.
Oh! j'ai pris mon parti là-dessus, je m'en démêlerai bien; Frontin nous tirera d'afiaire.
FRONTIN
Moi, monsieur?
ROSIMOND.
Oui, toi-même.
DORIMBNB.
On n'a pas besoin de lui là-dedans; il n'y a qu'à laisser aller les choses.
ROSIMOND.
Ne vous embarrassez pas; voici Hortense et Dorante qui s'avancent, et qui paraissent s'entretenir avec assez de vivacité.
FRONTIN
Eh bien! monsieur, si vous ne m'en croyez pas, cachez-vous un moment derrière cette petite palissade, pour entendre ce qu'ils disent ; vous aurez le temps; ils ne vous voient poiut. (i/ «Vu va,)
Il n'y aurait pas grand mal; le voulez-vous, madame? c'est une petite plaisanterie de campagne.
DORIMBNB.
Oui-dà! cela nous divertira.