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SCÈNE Vin

ROSIMOND, DORIMËNE, au fond du théâtre ; DORANTE, HORTENSE, tur le devant.

HORTENSB.

Je VOUS crois sincère. Dorante; mais quels que soient vos sentiments, je n'ai rien à y répondre jusqu'ici ; on me destine à un autre. (A part,) Je crois que je vois Rosimond.

DORANTB.

Il sera donc votre époux, madame?

HORTBNSE.

Il ne l'est pas encore. (A part.) C'est lui avec Dorimène.

DORANTB.

Je n'oserais vous demander s'il est aimé.

HORTENSE

Ahl doucement; je n'hésite point à vous dire que non.

DORlMÉNB, à Boêimond^

Cela vous afflige-t-il?

ROSIMOND.

Il faut qu'elle m'ait vu. *

hortense; à Dorante.

Ce n'est pas que j'aie de l'éloignément pour lui ; mais si j'aime jamais, il en coûtera un peu davantage pour me rendre sensible. Je n'accorderai mon cœur qu'aux soins les plus tendres, qu'à tout ce que l'amour a de plus respectueux, de plus soumis; il faudra qu'on me dise mille fois, je vous aime, avant que je le croie et que je m'en soucie; qu'on se fasse une afl'aire de la dernière importance de me le persuader ; qu'on ait la modestie de craindre d'aimer en vain, et qu'on me demande enfin mon cœur comme une grâce qu'on sera trop heureux d'obtenir. Voilà à quel prix j'aimerai, Dorante, et je n'en rabattrai rien; il est vrai qu'à ces conditions-là je cours risque de rester insensible, surtout de la part d'un homme comme Ip marquis, qui n'en est pas réduit à ne soupirer que pour une provinciale, et qui, au pis-aller, a touché le cœur de Dorimène.

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