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XXXVI MARIVAUX, SA VIE ET SES OEUVRES

ne le fut pas. C'est alors que nous le voyons publier beaucoup de vieilles œuvres d'un goût compromettant : le Télémaque] travesti^ Pharsamondj et, sous le nom bizarre de M. Croquet, glisser dans le recueil de l'abbé de La Baume les Saturnales françaises \ quatre petites pièces : le Médisant, les E/fets de la Prévention^ le Triomphe de t Amitié^ V Inégal^ qu'il mit ainsi en volume, n'ayant pu sans doute les mettre au théâtre.

Celui-ci, comme toujours, devait le dédommager. C'est, du reste, en pleine veine d'esprit et de succès qu'il y revint. Quatre de ses meilleures pièces datent de ce retour.

Ce fut d'abord le Legs, joué le 11 janvier 1736, à la Comédie-Française, où par une fatalité de male-chance trop continue pour qu'il n'y entrât pas un peu de parti pris et de cabale, il eut le sort des précédentes pièces de Marivaux à ce théâtre, c'est-à-dire un assez froid accueil, mais, où, comme elles aussi, il se releva plus tard, et fait encore merveille. Ensuite, mais aux Italiens et par conséquent avec le succès qu'il retrouvait* là presque toujours aussi fidèle qu'il lui était rebelle sur l'autre scène, vinrent les Fausses confidences j jouées pour la première fois le 16 mars 1737. Elles furent, dit le Mercure « reçues favorablement du public ^, » et l'année suivante la reprise n'en fut pas moins heureuse '.

Pour la soutenir, Marivaux donna son petit acte la Joie imprévue, mais ne se nomma pas, un divertissement final dû à Riccoboni en ayant été le principal eflfet.

Les Sincères, donnés le 13 janvier 1739, eurent un sort singulier. Fort applaudis d'abord, ils furent, à la seconde représentation, où ne se trouvaient plus les délicats de la première, assez froidement accueillis *. Il n'y avait plus là que le vrai public auquel, avant tout, il faut l'action, et qui ne se gênait pas de dire, avec son gros bon sens, qu'au lieu d'un acte et de si longues conversations deux ou trois petites scènes auraient bien pu suffire. On était déjà dans le parterre de ce temps-là de l'avis de Sainte-Beuve, qui a dit très- finement de Marivaux, et presque avec son style : « Il est un des écrivains auxquels il suffirait souvent de retrancher pour ajouter à ce qui leur manque *. »

Le rédacteur du Mercure, qui était aux écoutes de ces bonnes vérités, ne manqua pas de les répéter dans son volume du mois suivant, mais avec tous les égards dus à un ancien ami : « Rien, ditril*, ne lui a fait plus de tort que de manquer d'action. M. de Marivaux sera sûr de réussir quand il négligera un peu moins le fond des choses. Il n'ignore pas que c'est ce qui doit primer dans toutes les pièces de théâtre, et que l'esprit n'y est qu'accessoire. »

Pour V Epreuve, jouée le 19 novembre de l'année suivante, il fut moins sévère. L'admiration du public qui parait, cette fois, avoir été sans réserve, l'avait gagné. Marivaux lui-

1. 1736, 2 vol. ia-12. -«- Léris, dans son Dktionn. portatif des théâtres, i*^ édit., p. 417, 485, attribue, avec raison suivant nous, ces pièces à Marivai|x.

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