LE PRÉJUGÉ VAINCU, SCÈNE IIÎ
LISBTTE.
Moi, j'aperçois qu*a]]e sera furieuse, qu'aile va choir en iadigoation, par dépit. Peut-être qu'aile vous excuserait, vous, maugré la bourgeoisie; mais n'y aura pas de marcî pour un pareil à vous; aile dégrignera votre homme, aile dira que c'est du fretin.
DORANTE
Oui, je m'attends bien à des mépris; mais je ne les éviterais peut-être pas si je me déclarais sans détour, et ils ne me laisseraient plus de ressource ; au lieu qu'alors ils ne s'adresseront pas à moi.
LBPINE.
Fort bien !
LISETTE
Oui, je comprends; ce ne sera pas vous qui aurez eu les injures, ce sera l'autre; et pis, quand aile saura que c'est vous
DORANTE
Alors l'aveu de mon amour sera tout fait; je lui aurai appris que je l'aime, et n'aurai point été personnellement rejeté ; de sorte qu'il ne tiendra encore qu'à elle de me traiter avec bonté.
LISETTE
Et de dire : C'est une autre histoire, je ne parlais pas de vous.
Et voilà précisément ce que j'ai tout d'un coup deviné, sans avoir eu l'esprit de le dire.
LISETTE
Ce tournant-là me plaît; et même, faut d'abord que je vous en procure des injures, à celle fin que ça vous profite après. Hais je la vois qui se promène sur la terrasse. Allez- vous-en, monsieur, pour me bailler le temps de la dépiter envars
vous. {Dorante et Lépine ê*en v<mt^ Lisette les rappelle,)
A propos, monsieur, faut itou que vous li tou. chiais une petite parole sur ce que Lépaine me recbarche; j'ai ma finesse à ça, que je vous conterai.
DORANTE
Oui-dàl
LÉPINE
Je te donne mes pleins pouvoirs.