LA SURPRISE DE L'AMOUR, ACTE III, SCÈNE IL
iaine; votre billet Va piqué; il Va reçu en eolêre, il Va lu de mime; ii a pd/t, il a nmgi. Dite»-moî, sur un pareil rapport, qui est-ce qui ne croira pas qu'un homme est amoureux? Cependant î) n'en est rien; il ne plall plus à mademoiselle que cela soit; elle s*est trompée! Moi, je compte là-dessus, je prends des mesures pour me retirer; mesures perdues.
COLOMBINB.
Quelles si grandes mesures ayez-vous donc prises, madame? Si vos ballots sont faits, ce n*est encore qu'en idée, et cela ne dérange rien. Au bout du compte, tant mieux s'il ne vous aime point.
LA COMTESSE
Oh! vous croyez que cela va comme votre tête, avec votre tant mieux! U serait à souhaiter qu'il m'aimât, pour justifier le reproche que je lui en ai fait. Je suis désolé d'avoir accusé un homme d'un amour qu'il n'a pas. Mais si vous vous êtes trompée, pourquoi Lélio m'a-t-il fait presque entendre qu'il m'aimait? Parlez donc; me prenez-vous pour une bête?
COLOMBINB.
Le ciel m'en préserve I
LA COMTESSE
Que signifie le discours qu'il m'a tenu en me quittant? Madame, vous ne m' aimez point; fen suis convaincu, et je vous avouerai que cette conviction m*est absdument nécessaire. N'est-ce pas tout comme s'il m'avait dit : Je serais en danger de vous aimer, si je croyais que vous pussiez m'aimer vous-même? Allez, allez, vous ne savez ce que vous dites ; c'est de l'amour que ce sentiment-là.
COLOMBIEE.
Cela est plaisant! Je donnerais à ces paroles-là, moi, toute une autre interprétation, tant je les trouve équivoques.
LA COMTESSE
Oh ! je vous prie, gardez votre belle interprétation, je n'en suis point curieuse; je vois d'ici qu'elle ne vaut rien.
COLOMBINB.
Je la crois pourtant aussi naturelle que la vôtre,
Pour la rareté du fait, voyons donc.
COLOMBINB.
Vous savez que M. Lélio fuît les femmes ; cela posé, examinons ce qu'il vous dit : Vous ne m'aimez poi, madame; fen suis convaincu, et je vous avouerai que cette conviction m*est absolument nécessaire; c'està-dire : Pour rester où vous êtes, j'ai besoin d'être certain que vous ne m'aimez pas; sans quoi je décamperais. C'est une pensée désobligeante, entortillée dans un tour honnête; cela me parait issez net.
LA COMTESSE
Celte fille-là n'a jamais eu d'esprit que contre
moi ; mais, Colombine, l'air affectueux et tendre qu'il a joint à cela?...
COLOMBINB.
Cet air-là, madame, peut ne signifier encore qu'un homme honteux de dire une impertinence, qu'il adoucit le plus qu'il peut.
LA COMTESSE
Non, Colombine, cela ne se peut pas; tu n'y étais point; tu ne lui as pas vu prononcer ces paroles-là; je t'assure qu'il les a dites d'un ton de cœur attendri. Par quel esprit de contradiction veux-tu penser autrement? J'y étais; je m'y connais, ou bien Lélio est le plus fourbe de tous les hommes ; et, s'il ne m'aime pas, je fais vœu de détester son caractère. Oui, son honneur y est engagé ; il faut qu'il m'aime, ou qu'il soit un malhonnête homme; il aurait donc voulu me faire prendre le change?
Il vous aimait peut-être, et je lui avais dit que vous pourriez l'aimer ; mais vous vous êtes /àchée, et j'ai détruit mon ouvrage. J'ai dit tantôt à Arlequin que vous ne songiez nullement à lui, que j'avais voulu flatter son maître pour me divertir, et qu'enfin M. Lélio était l'homme du monde que vous aimeriez le moins.
LA COMTESSE
Et cela n'est pas vrai. De quoi vous mêlez-vous, Colombine? Si M. Lélio a du penchant pour moi, de quoi vous avisez-vous d'aller mortifier un homme à qui je ne veux point de mal, que j'estime ? 11 faut avoir le cœur bien dur pour donner du chagrin aux gens sans nécessité! En vérité, vous avez juré de me désobliger.
COLOMBINE
Tenez, madame, dussiez-vous me quereller, vous aimez cet homme à qui vous ne voulez point de mal. Oui, vous l'aimez.
LA COMTESSE
Retirez-vous.
COLOMBINE
Je vous demande pardon.
LA COMTESSE
Retirez-vous, vous dis-je ; j'aurai soin demaia de vous payer, et de vous renvoyer à Paris.
COLOMBINE
Madame, il n'y a que l'intention de punissable, et je fais serment que je n'ai eu nul dessein de vous fâcher; je vous respecte et je vous aime, vous le savez.
Colombine, je vous passe encore cette sottise-là; observez-vous bien dorénavant.
COLOMBINE, à part.
Voyons la fin de cela. {Haut,) Je vous l'avoue, une seule chose me chagrine ; c'est de m'apercevoir que vous manquez de confiance en moi, qui ne veux savoir vos secrets que pour vous servir. De grâce, ma chère maltresse, ne me donnez plus ce