‹ Œuvres de Marivaux: théâtre completChapitre 599 sur 1238 · SCÈNE I · texte numérisé non relu

SCÈNE I

LE PRINCE, FLAMIMA.

FLAMIMU.

Oui, seigneur, vous avez fort bien fait de ne pas vous découvrir tantôt, malgré tout ce que Silvia vous a dit de tendre. Ce retardement ne gâte rien, et lui laisse le temps de se confirmer dans le penchant qu'elle a pour vous. Grâces au ciel, vous voilà presque arrivé où vous souhaitiez.

LE PRINCB.

Ah! Flaminia, qu'elle est aimable!

FLAUINIA.

Elle l'est infiniment.

LB PRINCB.

Je no connais rien comme elle parmi les gens du monde. Quand une maîtresse, à force d'amour, nous dit clairement : Je vous aime, cela fait assurément un grand plaisir. Eh bien, Flaminia, ce plaisir-là, imaginez-vous qu'il n'est que fadeur, qu'il n'est qu'ennui, en comparaison du plaisir que m'ont donné les discours de Silvia, qui ne m'a pourtant point dit : Je vous aime.

FLAMINIA

Mais, seigneur, oserais-je vous prier de m'en répéter quelque chose?

LB PRINCE

Cela est impossible; je suis ravi, je suis enchante; je ne peux pas vous répéter cela autrement.

FLAUINIA.

Je présume beaucoup du rapport singulier que vous m'en faites.

LB PRINCB.

Si vous saviez combien, dit-elle, elle est affligée de ne pouvoir m'aimer, parce que cela me rend malheureux, et qu'elle doit être fidèle à Arlequin !... J'ai vu le moment où elle allait me dire : Ne m'aimez plus, je vous prie, parce que vous seriez cause que je vous aimerais aussi.

FLAMINIA

Bon I cela vaut mieux qu'un aveu.

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