TRIVELIN, ARLEQUIN
TRI VELIN, après quelque tempt^
Eh bien l que voulez-vous que je fasse de l'écritoire et du papier que vous m'avez fait prendre?
ARLEQUIN
Donnez-vous patience, mon domestique.
TRIVELIN
Tant qu'il vous plaira.
ARLEQUIN
Dites-moi, qui est-ce qui me nourrit ici?
TRIVELIN
C'est le princcr
ARLEQUIN
Par la sambille ! la bonne chère que je fais me donne des scrupules.
TRIVELIN
D'où vient donc?
ARLEQUIN
Mardi l j*ai peur d'être en pension sans le savoir.
TRIVEUN.
Ah! ah! ah! ahl
ARLEQUIN
De quoi riez-vous, grand benêt?
TRIVELIN
Je ris de votre idée , qui est plaisante. Allez, allez, seigneur Arlequin, mangez en toute sûreté de conscience, et buvez de même.
ARLEQUIN
Dame ! je prends mes repas dans la bonne fol ; il me serait bien rude de me voir apporter le mémoire de ma dépense ; rtiais je vous crois. Ditesmoi à présent , comment s'appelle celui qui rend compte au prince de ses affaires?
TRIVELIN
Son secrétaire d'État, voulez- vous dire?
ARLEQUIN
Oui ; j'ai dessein de lui faire un écrit , pour le prier d'avertir le prince que je m'ennuie, et lui demander quand il veut en finir avec nous; car mon père est tout seul.
TRIVELIN
Eh bien?
ARLEQUIN
Si on veut me garder, il faut lui envoyer une carriole, afin qu'il vienne.
TRIVELIN
Vous n'avez qu'à parler, la carriole partira sur^ le-champ.
ARLEQUIN
Il faut, après cela, qu'on nous marie Silvia et moi, et qu'on m'ouvre la porte de la maison; car j'ai coutume de trotter partout et d'avoir la clef des champs, moi. Ensuite nous tiendrons ici ménage avec l'amie Flaminia , qui ne veut pas nous quitter à cause de son affection pour nous; et si le prince a toujours bonne envie de nous régaler, ce que je mangerai me profitera davantage.
TRIVELIN
Mais, seigneur Arlequin, il n*est pas besoin de mêler Flaminia là-dedans.
ARLEQUIN
Cela me plaft, à moi.
TRIVELIN , d*un air mécontent.
Hum !
ARLEQUIN
Huml Le mauvais valet! Allons vite, tirez votre plume, et grifi*onnez-moi mon écriture.
TRIVELIN
Dictez.
ARLEQUIN
« Monsieur. »