FLAMINIA, ARLEQUIN
TRIVELIIV.
naUe-Ià I dites : Monseigneur.
ARLEQUIN
Mettez les deux, afîa qu*il choisisse.
TRIVELIN
Fort bien.
ARLEQUIN
K Vous saurez que je m'appelle Arlequin. »
TRIVELIN
Doucemcat! vous devez dire : Votre grandeur ioura.
ARLEQUIN
Foire grandeur saura! C'est donc un géant, ce secrélaire d'État?
TRIVELIN
Non; ma^s n'importe.
ARLEQUIN
Quel diantre de galimatias ! Qui a jamais entendu dire qu'on s'adresse à la taille d'un homme, quand on a affaire à lui?
TRIVELIN
Je meltrai comme il vous plaira. Vous saurez que je m* appelle Arlequin, Après?
« Que j'ai une maltresse qui s'appelle Silvia, bourgeoise de mon village, et fille d'honneur. »
TRIVELIN
Courage I
ARLEQUIN
« Avec une bonne amie que j'ai faite depuis pou, qui ne saurait se passer de nous, ni nous dVIIe; ainsi, aussitôt la présente reçue... »
TRIVELIN
Flaminia ne saurait se passer de vous? Aïe I la plume me tombe des mains.
ARLEQUIN
Oh! ohl que signifie donc cette impertinente pàmorson-là?
TRIVELIN
Il y a deux ans, seigneur Arlequin, il y a deux ans que je soupire en secret pour elle.
ARLEQUIN , tirant sa laite.
Cela est fâcheux, mon mignon ; mais , en attendant qu'elle en soit informée, je vais toujours TOUS en faire quelques remerctments pour elle.
TRIVELIN
Des remerclments à coups de bâton ! je ne suis paa friand de ces compliments-là. Eh ! que vous importe que je l'aime? Vous n'avez que de l'amitié pour elle, et l'amitié ne rend point jaloux.
Vous vous trompez; mon amitié fait tout comme l'amour; en voilà des preuves. {Il le bat,)
TRIVELIN
Oh ! diable soit de l'amitié I (1/ sort.)
FLAMINIA
Qu'est-ce que c'est? Qu'avez-vous, Arlequin?
ARLEQUIN
Bonjour, m'amie; c'est ce faquin qui dit qu'il vous aime depuis deux ans.
FLAVINU.
Cela se peut bien.
ARLEQUIN
Et vous, m'amie, que dites-vous de cela .
FLAMINU.
Que c'est tant pis pour lui.
ARLEQUIN
Tout de bon ?
FLAMINIA
Sans doute ; mais est-ce que vous seriez fâché que l'on m'aimât?
ARLEQUIN
Hélas I vous êtes votre maîtresse; mais si vous aviez un amant, vous l'aimeriez peut-être; cela gâterait la bonne amitié que vous me portez, et vous m'en feriez ma part plus petite. Oh! de cette part-là, je n'en voudrais rien perdre.
Arlequin, savez-vous bien que vous ne ménagez pas mon cœur?
ARLEQUIN
Moi! et quel mal lui fais-je donc?
FLAMINIA
Si vous continuez de me parler toujours de même, je ne saurai plus bientôt de quelle espèce seront mes sentiments pour vous. En vérité, je n'ose m'examiner là-dessus; j'ai peur de trouver plus que je ne veux.
ARLEQUIN
C'est bien fait; n'examinez jamais, Flaminia; cela sera ce que cela pourra. Au reste, croyezmoi, ne prenez point d'amant; j'ai une maîtresse, je la garde; si je n'en avais point, je n'en chercherais pas; qu'en ferais-je avec vous? elle m'ennuierait.
FLAMINIA
Elle vous ennuierait! Le moyen, après tout ce que vous dites, de rester votre amie?
ARLEQUIN
Eh! que screz-vous donc?
FLAMINIA
Ne me le demandez pas, je n'en veux rien savoir; ce qui est de sûr, c'est que dans le monde je n'aime rien plus que vous. Vous n'en pouvez pas dire autant; Silvia va devant moi, comme de raison.
Chut ! vous allez de compagnie ensemble.
FLAMINLA.
Je vais vous l'envoyer, si je la trouve, Silvia ; en serez- vc!!s bien aise ?