‹ Œuvres de Marivaux: théâtre completChapitre 626 sur 1238 · J^LIO · texte numérisé non relu

J^LIO

Il ne me reste que des sentiments de tendresse qui ne finiront qu'avec ma vie.

HORTENSE

Que voulez- vous que je fasse de ces sentiments-là?

LIÎLIO.

Que vous les honoriez d'un peu de retour.

HORTENSE

Je ne veux point, car je n'oserais.

LÉLIO

Je réponds de tout; nous prendrons nos mesures, et je suis d'un rang...

HORTENSE

Votre rang est d'être un homme aimable et vertueux, et c'est là le plus beau rang du monde; mais je vous dis encore une fois que cela est résolu; je ne vous aimerai point, je n'en conviendrai jamais. Qui? moi vous aimer!... vous accorder mon amour pour vous empêcher de régner, pour causer la perte de votre liberté, peut-être plus! Mon cœur vous ferait de beaux présents ! Non, Lélio, n'en parlons plus; donnez-vous tout entier à la princesse, je vous le pardonne. Cachez votre tendresse pour moi ; ne me demandez plus la mienne, vous vous exposeriez à l'obtenir; je ne veux point vous l'accorder; je vous aime trop pour vous perdre; je ne peux pas mieux dire. Adieu; je crois que quelqu'un vient.

LÉLIO

J'obéirai; je me conduirai comme vous voudrez; je ne vous demande plus qu'une grâce; c'est de vouloir bien permettre, quand Toccasion s'en présentera, que j'aie encore une conversation avec vous.

HORTENSE

Prenez-y garde ; une conversation en anoiênéra une autre, et cela ne finira point ; je le sens bien.

• LÉLIO

Ne me refusez pas.

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