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LE PRINCE TRAVESTI, ACTE II, SCENE XIII

jkHLBQUIN, à Frédéric,

Allez, je Yoas ai bien dit que vous ne valiez rien, et vous ne m'avez pas voulu croire. Je ne suis qu'un chélif valet, et si pourtant, je voulais être homme de bien ; et lui, qui est riche et grand seigneur, H n'a jamais eu le cœur d'être honnête homme.

rRÉDBRIC.

U va vous en imposer, madame.

LA PRINCESSE

Taisez-vous, vous dis-je; je veux qu'il parle.

ARLEQUIN

Tenez, madame, voilà comme cela est venu. H m'a trouvé comme j'allais tout droit devant moi... Veux-tu me faire un plaisir? m'a-t-il dit. — Hélas 1 de tout mon cœur ; car je suis bon et sery'iMe de mon naturel. — Tiens, voilà unepistole.

— Grand merci. — En voilà encore une autre. —

— Donnez, mon brave homme. — Prends encore celte poignée de pistoles. — Et oui-dà, mon bon monsieur. — Veux-tu me rapporter ce que tu entendras dire à ton maître? ^ Et pourquoi cela?

— Pour rien, par curiosité. — Ohl mon compère, oon. — Mais je te donnerai tant de bonnes drogues; je te ferai ci, je te ferai cela; je sais une fille qui est jolie, qui est dans ses meubles; je la tiens dans ma manche ; je te la garde. — Oh ! oh I montrez-la pour voir. — Je Tai laissée au logis; mais, suis-moi, tu l'auras. — Non, non, brocanteur, non. •— Quoi ! tu ne veux pas d'une jolie fille?... A la vérité, madame, cette fille-là me trottait dansl'àme ; il me semblait que je la voyais, qu'elle était blanche, potelée. Quelle satisfaction! Je trouvais cela bien friand. Je bataillais, je bataillais comme un César ; vous m'auriez mangé de plaisir en voyant mon courage; à la un je suis chu. U me doit encore une pension de cent écus par an, et j'ai déjà reçu la fillette, que je ne puis pas vous montrer, parce qu'elle n'est pas là. Sans compter une prophétie qui a parlé, à ce qu'ils tliseot, de mon argent, de ma fortune et de ma fripoonerie.

LA PRINCESSE

Comment s*appelle-t-elle, cette fille?

ARLEQUIN

Lisette. Ah ! madame, si vous voyiez sa face, Tousseriez ravie; avec celte créature-là, il faut que l'honneur d'un homme plie bagage; il n'y a pas moyen.

FRÉDÉRIC

Un misérable comme celui-là peut-il imaginer tant d'impostures? •

ARLEQUIN

Tenez, madame, voilà encore sa bague qu'il m'a mise en gage pour de l'argent qu'il me doit donner tantôt. Regardez mon innocence. Vous qui êtes nne princesse, si on vous donnait tant d'argent, de pensions, de bagues, et un joli garçon, est-ce que vous y pourriez tenir? Mettez la maiu

sur la conscience. Je n*ai rien inventé; j'ai dit ce que monsieur Lélio a dit.

H0RTSN8B.

Juste ciel I

LA rniNCESSE, à Frédéric, Je verrai ce que je dois faire de vous, Frédéric; mais vous êtes le plus indigne et le plus lâche de tous les hommes.

ARLEQUIN

Hélas! délivrez-moi de la prison.

LA PRINCESSE

Laisse-moi.

HORTBNSB.

Voulez-vous que je vous suive, madame?

LA PRINCESSE

Non, madame, restez; je suis bien aise d'être seule; mais ne vous écartez point.

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