LÉLIO, LA COMTESSE, LE CHEVALIER
LéUO.
Permettez, madame, que j'interrompe pour un moment votre entretien avec monsieur. Je ne viens point me plaindre, et je n'ai qu'un mot à vous dire. J'aurais cependant un assez beau sujet de parler, et l'indifférence avec laquelle vous vivez avec moi, depuis que monsieur, qui ne me vaut
Il a raison.
LA FAUSSE SUIVANTE, ACTE III, SCËNE IX
LÉUO,
Finissons. Mes reproches sont raisonnables, mais je tous déplais ; je me sais promis de me taire, et je me tais, qaoi qu'il m'en coûte. Que ne pourrais'je pas vous dire? Pourquoi me trouvezvous haïssable? Pourquoi me fuyez-vous? Que TOUS aî-je Tait? Je suis au désespoir.
LB CHKVALIEB, riant.
Ah! ah! ah! ah! ah!
LKUO.
Vous riez, monsieur le chevalier; mais vous prenez mal votre temps» et je prendrai le mien pour vous répondre.
LE CHEVALIER
Ne te fâche point, Léiio. Tu n'avais qu'un mot à dire, qu'un petit mot; en voilà plus de cent de bon compte^ et rien n'avance; cela me réjouit.
LA COXTESSE.
Remettez-vous, Lélio, et dites-moi tranquillement ce que vous voulez.
LÉLIO
Vous prier de m'apprendre qui de nous deux il vous plaît de conserver, de monsieur ou de moi. Prononcez, madame; mon cœur ne peut plus soulTrir d'incertitude.
LA COMTESSE
Vous êtes vif, Lélio ; mais la cause de votre vivacité est pardonnable, et je vous veux plus de bien que vous ne pensez. Chevalier, nous avons jusqu'ici plaisanté ensemble; il est temps que cela finisse. Vous m'avez parlé de votre amour; je serais fâchée qu'il fût sérieux ; je dois ma main à Lélio, et je suis prêtée recevoir la sienne. (A Lélio.) Vous plaindrez-vous encore?
LELIO
Non, madame, vos réflexions sont à mon avantage; et si j'osais...
LA COMTESSE
Je VOUS dispense de me remercier, Lélio; je suis sûre de la joie que je vous donne. {À pan.) Sa contenance est plaisante.