‹ Œuvres de Marivaux: théâtre completChapitre 706 sur 1238 · LÉLIO, LA COMTESSE, LE CHEVALIER · texte numérisé non relu

LÉLIO, LA COMTESSE, LE CHEVALIER

LéUO.

Permettez, madame, que j'interrompe pour un moment votre entretien avec monsieur. Je ne viens point me plaindre, et je n'ai qu'un mot à vous dire. J'aurais cependant un assez beau sujet de parler, et l'indifférence avec laquelle vous vivez avec moi, depuis que monsieur, qui ne me vaut

Il a raison.

LA FAUSSE SUIVANTE, ACTE III, SCËNE IX

LÉUO,

Finissons. Mes reproches sont raisonnables, mais je tous déplais ; je me sais promis de me taire, et je me tais, qaoi qu'il m'en coûte. Que ne pourrais'je pas vous dire? Pourquoi me trouvezvous haïssable? Pourquoi me fuyez-vous? Que TOUS aî-je Tait? Je suis au désespoir.

LB CHKVALIEB, riant.

Ah! ah! ah! ah! ah!

LKUO.

Vous riez, monsieur le chevalier; mais vous prenez mal votre temps» et je prendrai le mien pour vous répondre.

LE CHEVALIER

Ne te fâche point, Léiio. Tu n'avais qu'un mot à dire, qu'un petit mot; en voilà plus de cent de bon compte^ et rien n'avance; cela me réjouit.

LA COXTESSE.

Remettez-vous, Lélio, et dites-moi tranquillement ce que vous voulez.

LÉLIO

Vous prier de m'apprendre qui de nous deux il vous plaît de conserver, de monsieur ou de moi. Prononcez, madame; mon cœur ne peut plus soulTrir d'incertitude.

LA COMTESSE

Vous êtes vif, Lélio ; mais la cause de votre vivacité est pardonnable, et je vous veux plus de bien que vous ne pensez. Chevalier, nous avons jusqu'ici plaisanté ensemble; il est temps que cela finisse. Vous m'avez parlé de votre amour; je serais fâchée qu'il fût sérieux ; je dois ma main à Lélio, et je suis prêtée recevoir la sienne. (A Lélio.) Vous plaindrez-vous encore?

LELIO

Non, madame, vos réflexions sont à mon avantage; et si j'osais...

LA COMTESSE

Je VOUS dispense de me remercier, Lélio; je suis sûre de la joie que je vous donne. {À pan.) Sa contenance est plaisante.

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