‹ Œuvres de Marivaux: théâtre completChapitre 79 sur 1238 · PRUSIAS, ANNIBAL, FLAMINIUS, FLAVIUS · texte numérisé non relu

PRUSIAS, ANNIBAL, FLAMINIUS, FLAVIUS

suite dn roi\

FLAMINIUS

Rome, qui vous observe, et de qui la clémence Vous a fait jusqu'ici grâce de sa vengeance, A commandé, seigneur, que je vinsse vers vous Vous dire le danger où vous met son courroux. Vos armes chaque jour, et sur mer et sur terre. Entre Artamène et vous renouvellent la guerre. Rome la désapprouve, et déjà le Sénat Vous en avait, seigneur, averti sans éclat. Un Romain, de sa part, a dû vous faire entendre Quel parti là-dessus vous feriez bien de prendre; Qu'il souhaitait enfin qu'on eût, en pareil cas. Recours à sa justice, et non à des combats. Cet auguste Sénat, qui peut parler en maître, Mais qui don ne à regret des preuves qu'il peu t l'être» Crut que, vous épargnant des ordres rigoureux. Vous n'attendriez pas qu'il vous dit, je le veux. Il le dit aujourd'hui ; c'est moi qui vous l'annonce. Vous allez vous juger en me faisant réponse. Ainsi, quand le pardon vous est encore offert. N'oubliez pas qu'un mot vous absout ou vous pei*d. Pour écarter de vous tout dessein téméraire. Empruntez le secours d'un effroi salutaire : Voyez en quel état Rome a mis tous ces rois Qui d'uD coupable orgueil ont écouté la voix. Présentez à vos yeux cette foule de princes. Dont les uns vagabonds, chassés de leurs provinces» Les autres gémissants, abandonnés aux fers. De son devoir, seigneur, instruisent l*univers. Voilà, pour imposer silence à votre audace. Le spectacle qu'il faut que votre esprit se fasse. Vous vaincrez Artamène, et vos heureux destins Vous mettront Je le veux,son sceptre dans vos mai ds. Mais quand vous le tiendrez, ce sceptre qui vous tente. Qu'en ferez-vous,seigneur,si Rome estmécon tente? Que ferez-vous du vôtre, et qui vous sauvera [vra? Des traits vengeurs dont Rome alors vous poursuis Restez en paix, régnez, gardez votre couronne : Le Sénat vous la laisse, ou plutôt vous la donne. Obtenez sa faveur, faites ce qui lui plaît; Je ne vous connais point de plus grand intérêt.

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