ANNIBAL, ACTE II, SCÈNE III
L^uDivers se trompait. Le ciel, pour lecoavaîacre Qu*on ne devait jamais espérer de la vaiacre, Voulut jusqu'à ses murs vous ouvrir un chemin, Pour qu'on la crût encor plus proche de sa fin, * Et que la terre après, détrompée et surprise, Apprit à ravenir à nous être soumise.
ANNIBAL
A tant de vains discours, je vois votre embarras; Et si vous m'en croyez, vous ne poursuivrez pas. Rome allait succomber : son vainqueur la néglige; Elle en a profité; voilà tout le prodige. Tout le reste est chimère ou pure vanité. Qui déshonore Rome et toute sa fierté.
FLAMINIUS
Rome de vos mépris aurait tort de se plaindre : Tout est indifférent de qui n'est plus à craindre.
ANNIBAL
Arrêtez, et cessez d'insulter au malheur D'un homme qu'autrefois Romea vu son vainqueur; Et, quoique sa fortune ait surmonté la mienne. Les grands coups qu'Annibal a portés à la sienne Doivent du moins apprendre auxRomains généreux Qu'il a bien mérité d'être respecté d'eux. Je sors ; je ne pourrais m'empêcher de répondre A des discours qu'il est trop aisé de confondre.