ANNIBAL, ACTE III, SCÈNE VI
Eslce d'être vaincu, de cesser d'être roi ?
Si vous n'exercez pas le droit du rang suprême,
Si vous portez des fers avec un diadème,
Et si de vos enfants vous ne disposez pas,
Vous ne pouvez rien perdre en perdant vos États.
Mais vous les défondrez: et j'ose encor vous dire
Uu'un prince à qui le ciel a commis un empire,
Pour qui cent mille bras peuvent se réunir.
Doit braver les Romains, les vaincre et les punir.
FLAMINIUS
Annibal est vaincu ; je laisse à sa colère Le faible amusement d'une vaine chimère. Épuisez votre adresse à tromper Prusias ; Pressez ; Rome commande et ne dispute pas ; Et ce n'est qu'en faisant éclater sa vengeance. Qu'il lui sied de donner des preuves de puissance. Le refus d'obéir à ses augustes lois N'intéresse point Rome, et n'est fatal qu'aux rois. C'est donc à Prusias à qui seul il importe De se rendre docile aux ordres que j'apporte. Poursuivez vos discours, je n'y répondrai rien; Mais après laissez-nous un moment d'entretien. Je vous cède l'honneur d'une vaine querelle, Et je dois de mon temps un compte plus fidèle.
ANNIBAL
Oni,jevaism'éloigner: mais prouvez-lui, seigneur. Qu'il ne rend pas ici justice à votre cœur.