‹ Œuvres de Massillon, ci-devant prêtre de l'ortoire, évêque de Clermont l'un des quarante de l'Académie FrançoiseChapitre 104 sur 131 · POUR LE JEUDI · texte numérisé non relu

POUR LE JEUDI

DE LA SECONDE SEMAINE DE CARÊME

Crncior in hAc flammâ*

Je tuis iourmerué dans ce^eê flamme, Luc. 16; %4»

V^UELS sont donc les crimes ^ffrenx, M. F. , qui ont crensë à cet infortaoé ce gouffre de tourmens où il est ensereli , et allnn»^ le fea vengeur qui le dévore ? Est-ce un profanateur de son propre corps ? A-t-il trempé ses mains dans le sang innocent? A-t*il fait de la ▼euve e( de Torphelin la proie de ses injustices? Est-ce un homme sans foi, sans moeurs, sans caractère, un mous ti;e d'iniquité ?

« Ecoutez-le , tous qui croyez qu'une vie douce et paisible, où l'on n'accorde rien aux passions extrêmes , mais où l'on accorde tout à l'amour-propre , est une vie chrétienne ; et que ne pas faire le mal , c'est tout l'Evangile. Ce réprouvé qui sort aujourd'hui de l'abîme pour vous instruire , étoit riche , dit J. C. ; il ëtoit vêtu de pourpre et de lin ; il faisoit tons les jours bonne chère; du reste , moins attentif qu'il n'auroit dû , aux besoins de Lazare qui languissait à sa porte : voilà tous ses crimes. En vain en voudrions- nous chercher d'autres dans la dissolution de ses mœurs ; ce n'est pas ce qu'on lui xeproche. Il avoit reçu de grands biens ; il engoûtoit toutes les douceurs , Abraham ne cherche point ailleurs le sujet de sa condamnation : nous se/ions téméraires de lui prêter des désordres que son histoire tait , dont J. C. l'absout par son silence : nous contredirions même les intentions du Sauveur, en détournant le sens et l'esprit de cette histoire, et détruisant tout le fruit qu'il se propose d'en retirer.

Qu'eùt-il été besoin en effet , M. F. , que J. C. vînt nous ouvrir l'abîme, pour nous faire voir dans les tourmens un impudique, un sacrilège , un j^rcheur déclaré ? On sait assez que les fornicateurs , les impies, les ravisseurs du bien d'autrui n'auront point de part dans son royaume, toute l'Ecriture est une prédiction continuelio

du malheur qui leur est préparé. S*il nous ouvre donc aujourd'hui le sein de l'enfer, c'est pour nous y montrer un réprouvé que nous n'y attendions point, et dont le plus grand vice a été de n'avoicpoint de vertu ; c'est pour nous apprendre que la vie mondaine toute seule, quand vous en demeureriez là , et que vous ne tomberiez dans aucun excès ,v est une vie criminelle à ses yeux , digne de l'enfer et de ses flammes.

Voilà l'esprit et la fin de l'histoire que J. G* nous raconte aujourd'hui ; et c'est à cette vérité , la plus importante peut- être qu'on' puisse traiter dans la morale chrétienne, que je vais ramener par des réflexions édifiantes , toute la suite, de notre Évangile. Dans le portrait que nous fait J. G. du mauvais riche, vous verrez la peinture, d'une vie molle et mondaine, qui n'est accompagnée ni de vice ni de ▼ertu ; dans le récit de son supplice, vous en verrez la condamnation et la déplorable destinée; c'est-à-dire, l'innocence du monde exposée et condamnée. G'est le sujet de cette homélie. Implorons , etc. ^ve f Maria,

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