‹ Œuvres de Massillon, ci-devant prêtre de l'ortoire, évêque de Clermont l'un des quarante de l'Académie FrançoiseChapitre 12 sur 131 · DIMANCHE DE L'AVENT · texte numérisé non relu

DIMANCHE DE L'AVENT

SECONDE PARTIE

Deux désordres naissent dans le monde du mélange des bons et des méchans inéviiahle sur la terre. Premièrement, à la faveur de ce mélange , le vice caché se dérobe à la honte publique qui lui est due ; la vertu inconnue ne reçoit pas les éloges qu'elle mérite. Secondement, le pécheur est souvent élavé en honneur, et occupe les premières places, tandis que Thomme de bien vit dans l'abaissement , et rampe à ses pieds comme un esclave. Or , on va faire en ce jour terrible une double manifestation, qui réparera ce double désordre. £n premier lieu , les pécheurs seront discernés des Justes , par l'exposition publique de leur conscience. En second lieu^ ils seront discernés par leur séparation d*avec eux , et par la différence des rangs et des places qui leur seront assignés dans les airs : Etseparabit eos ab invicem, sicut pastor segrepit oçes ab hœdis {^Matth. a5; 32). Honorèz-moi , s'il vous pi ait , je votre attention.

Pour bien comprendre tonte la confusion dont sera couverte l'ame criminelle, lorsqu'elle sera montrée à toutes les créatures, et que tous ses vices les plus secrets seront exposés au gr^nd jour, il n'y a qu'à faire attention , premièrement, au nombre et au caractère des spectateurs qui seront témoins de sa honte; secondement, aux soins qu'elle avoit pris de cacher ses foiblesses et ses dissolutions aux yeux des hommes, lorsqu'elle étoit sur la terre ; troisièmement enfin, à ses qu'alités personnelles qui rendront encore sa confusion plus profonde et plus accablante.

Keprésentez-vous donc ici, M. F. , l'ame criminelle devant le tribunal de J. C. , environné des Anges et des hommes : les Justes , les pécheurs, ses proches, ses sujets, ses maîtres, ses amis, ses ennemis, tous, les yeux attachés sur elle, présens à la discussion terrible que le juste Juge fera de ses actions, de ses désirs, de ses pensées; forcés malgré eux d'assister à son jugement , et d'être témoins de la justice de la sentence que le Fils de l'Homme prononcera contre elle. Tontes les ressources qui'peuvent adoucir ici-bas la plus humiliante confusion , manqueront en ce jour à l'ame infidèle.

Première ressource. Sur la terre , lorsqu'on a été capable d'une faute qui nous a fait tomber dans le mépris , tout a roulé sur un certain nombre de témoins renfermés ou.dan» notre nation ou dans les lieux de notre naissance; on a pu même s'éloigner d'eux dans la suite des temps, pour ne pas retrouver sans cesse dans leurs yeux,- le souvenir et le reproche de notre honte passée; on a pu changer de demeure , et aller recouvrer ailleurs, avec des hommes inconnus , une réputation qu'on avoit déjà perdue. Mais dans ce grand jour tous les hommes assemblés entendront l'histoire secrète de vos mœurs et de votre conscience : vous ne pourrez plus vous aller cacher loin des regards des spectateurs ^ chercher de nouvelles contrées, et fuir comme Caïn dans le désert. Chacun sera fixe, immobile à la place

JCGEMENT UKiyËRSEL* if9

qti^on Ini aura marquée, portant sur son front l'écrit de sa condam-

regards pabl!

snière de Dieti, la gloire senle dd Fils de 1 Homme remplira le ciel et la terre ; et dans ces vastes espaces qui seront aiitonr de yoos, vovs ne découvrirez ttu loin de tontes parts, que des yenx attentifs à tous regarder.

Seconde ressource. Sur la terre , lors même que notre bonté est publique , et qu^une faute d'éclat nous a dégradés dans l'esprit des Lommes, il se trouve toujours du moins un petit nombre d'amis prévenus en notre faveur, dont l'estime et le commerce nous'dédorama* gcnt en quelque sorte du mépris public, dont l'indulgence nous aide à soutenir le déchaînement de la censure publique.Mais aujourd'hui la présence de nos amis sera l'objet le plus insupportable à notre honte. S'ils sont pécheurs comme nous , ils nous reprocheront nos plaisirs communs , et nos exemples , où peut-être ils ont trouvé le premier écueil de leur innocence. S'ils sont justes : comme les Saints ont l'œil simple, et qu'ils nous avoient cru des en£ans de lumière, ah ! ils nous reprocheront leur bonne foi abusée , leur amitié séduite. Tous aimiez le Juste, nous dirpnt-ils« et vous haïssiez la justice^ vous protégiez la vertu , et dans votre cœur vous mettiez le vice sur le trône; vous çlierchiez en nous la droiture, la fidélité, la sûreté, que vous ne trouviez pas dans vos amis mondains , et vous ne cherchiez pas le Seigneur qui formoit toutes ces vertus dans notre cœur : ah ! l'auteur de tons nos dons ne méritoît>il pas d'étne plus aimé et plus recherché que notas-mémes I '

£( voilà la troisième ressource , qui manquera à la confusion de Tame criminelle. Car, s'il ne se trQv.ve point ici*bas d'amis que nos malheurs intéressent , >dtt moin^ il est des personnes indifférentes , que nos fautes ne blessent pas , et ue révoltent pas contre nous. Mais, dans ce jour terrible , nous n'aurons point de spectateurs indifférens. Les Justes , si sensibles ici-bas ai^x calamités de leurs frères , si ingé* nieux à excuser leurs fautes , à les couvrir du moins dû voile de la charité, et à les adoi^^ir aux yeux des hommes , lorsqu'ils ne peuvent y trouver d'excuse apparente : les Justes dépouillés alors , à l'exemple du Fils de l'Homme, de cette iivlulgepee et de cette miséricorde, qu'ils avoient exercées envers leurs frères sur la terre , siffleront sur le pécheur, dit le Prophète, l'insulteront , demanderont au Seigneur qu'il venge sa gloire en le punissant; entreront dans le zèle et dans les intérêts de s£^ justice; et devenant eux-mêmes ses juges, ils diront en se moquant , 4it le Proph^e : Voilà donc cet homme qui n'avoit pas voulu mettre son secours w sa confiante dans le Seigneur, et qui avoit mieux aimé se confier dans la vanité et dans le mensonge : Ecce homo , qui non posuit Deum adjutorem suum ( Ps, 5x ; 9I ; vt)ilà cet insensé t|ui se croyoit seul sage sur la terre, qui regardait la vie des Justes .comme une felie; et qui se fa«loit dans la faveur des MassiUon. tome i, 4

Bo I*' DIMAJ^CHE DE L'AVENT.

Grands , dans la vanité des titres et des dignités <, dans retendue des terres et des possessions, dans Tesùme et les Ioaang«s des hoBunes , des appais de bone qui dévoient périr avec lui; où sont maintenant ces maitres, ces dieux de chair et de sang, auxquels il avoit sacrifié sa vie , ses soins et ses peines ? qu'ils paroissent ici pour le soutenir et pour le défendre ; qu'ils viennent le mettre à couvert des maux qui vont fondre sur lui , ou plutôt se garantir eux-m6mes de la condamnation qui les menace : Ubi sunt dii eorum , in quihus habebant fidaçiam P... Surgant, et opituUntur vobis, et in necesritaie vospro* tegant (Deut, 3a; 37, 38). Les pécheurs ne seront pas plus indulgens à son infortune. Ils auront pour lui toute Thorreur qu'ils seront forcés d'avoir pour eux-mêmes : la société des malheurs qui devoit les uuir , ne sera qu'une haine éternelle qui les divisera ; qu'une dureté barbare, qui ne mettra dans leur cœur que des sentimens de cruauté et de fureur pour leurs frères ; et ils haïront dans les autres les mêmes crimes qui font tous leurs malheurs. Enfin , les hommes les plus éloignés de nous , les peuples les plus sauvages auxquels le nom de J. C. n'a pas été annoncé , arrivés alors , mais trop tard , à la connoissance de la vérité, s'élèveront contre vous, et vous reprocheront, que si les prodiges que Dieu a opérés en vain au milieu de vous, il les avoit opérés à leurs yeux ; que s'ils avoient été éclairés comme vous des lumières de l'Evangile , et soutenus des secours de la foi et des Sacremens, ils auroient fait pénitence dans la cendre et dans le'cilice; et mis à profit pour leur salut, des grâces dont vous avez abusé pour votre perte.

Telle sera la confusion de l'anie réprouvée. Maudite de Dieu, elle se verra en même temps 1^ rebut du ciel et de la terre , l'opprobre et l'anathème de toutes les créatures : celles mêmes qui sont inanimées , qu'il avoit forcées de servir à ses passions , et qui gémissoient, dit S. Paul, dans l'attente d'être délivrées de cette honteuse servitude, s'élèveront contre elle à leur manière. Le soleil, de la lumière duquel elle avoit abusé, s'obscurcira, comme pour ne plus luire à ses crimes ; les astres disparoitront , comme pour lui dire qu'ils ont été assez long-temps témoins de ses passions injustes; la terre s'écroulera sous ses pieds , conime pour jeter hors de son sein un monstre qu'elle ne ponvoit plus porter ; et TUnivers entier, dit le Sage , s'armera contre elle pour venger la gloire du Seigneur qu'elle a outragée : Etpugnahit cum illo orbis^terrarutn contra insensatos {Sap. 5; ai ). Hélas I ^ous aimons tant 9 être plaints dans nos malheurs ; la seule indifférence nous aigrit et nous blesse : ici , non-seulement tous les cœurs seront fermés à nos maux ; mais tous les spectateurs insulteront à notre honte, et le pécheur n'aura plus pour lui que sa confusion, son désespoir et ses crim^ Première circonstance de la confusion de l'ame crimillelle : la iinRitude des témoins.

Je prends la seconde, dans les soins qu'on avoit pris de se^léguiser aux yeux des hommes , tandis qu'on vivoit sur U terre. Car , M. F. I le monde est un grand théâtre 9 où chacun presque jout ua

JUGEMENT? UNIVERSEL. 5t

)i6T80image chipraiité : comme nous sommes pleins de pàisîdns , et que tontes les pàssions^ont toujours quelque chose de bas et de méprisable , toute notre attention est d*eh Cacher la bassesse, ^t de noua donner pouir ce qUe lions ne sommes pas ; Tiniquîtë est toujours trompeuse et dissimulée. Ainsi toute votre vie^ vous 8nr-tout<|ui m'écoutes, et qui regardiez la duplicité de votre caractère, comme la science du monde et de la Cour , toute votre vie n*avoit été qu'une suite de déguisemens et d'artifices ; vos amis même les pins sincèl*es et les plus familiers ne vous connoissoient qu'à demi ; vous échappiez à tout le mondes vous changièt àe Caractère, de sentiment, d'inclination selon les conjonctures et le caractère de ceux à qui vous vou • liez plaire : par là vous vous étiez fait uile réputation d'habilité et de sagesse; et on n'y verra qu'une ame vile, sans droiture, sans vérité , et dont la plus grande vertu avoit été de cacher son indi-^ gnité et sa bassesse.

Vous encolle , ame infidèle , qii^un^sexe plus jaloux de rtionhêur avoit rendu encojre plus attentive à dérober vos foiblesses à la connoissance des hommes , voiis étiez si habile pour vous épargner la honte d'une surprise ; vous prenieâi de si loin et si sûrement vos mesures pour tromper lés yeux d'un époux , la vigilance d'una mère ^ la bonne foi peut-être d^uu Confesseur : vous n'auriez pas survécu à un accident qui eût trahi là-déssus Vos précautions et vos artifices, ^oins inutiles I Vous ne cobvriesÈ, dit le t^rophète, v6» débordemens que d'une toile d'ai^aignée , que le Fils de l'Homme dissipera en ce grand jour , du seiil souffle de sa bouche. J^'assem-^ blerai ^ dit le Seigneur , autour de vous, devant les nations asséni* blëes , tous vos amans profanes : Cùn^egabo super te omnes atna^ fores tùos ( Etech. 16 ; 37). Us Verront cette suite étei^nellè dé fein<* tes, d'artifices, de bassesses; ce trafic honteux de protestations et de serknens , dokit Vous vous serViez pour fournir en même temps à des passions différentes, et pour endormir leur crédulité; ils les verront , et remontant jusqu'à la source des complaisanceé crimi* nelles que vous aviez pour eux, ils les trouveront, non |)âs dans , leur prétendu mérite , comme vous aviez voulu le leur persuader , mais daiis votre mauvais caractère^ dans un cœiir naturellement emporté, viiiusqui votiS piquiez de l'avoir d noble, si sincère, et incapable d'être touché que dil seul mérite : Congregabo super te omnes âmatores tuos,^, etvidebltnt ômnefn tikrpitudihefh tuam [Ezech. x6; 37 ). £t tout cela se passera aux yeuic de l'UniVers ; de vos amis , qfi*iine appareiice de régiilatité vous aVoit conserfés ; de vos proches y qui Tkt connoissoient pas lé déshotineur dont Vous lés couvriez ; de ce Confesseur , que vous aviez toujours trompé ; de cet épotix , qui avoit si fort compté sdi^ votre fidélité i £t videbunt omnetn tur* pitudinem tuam,

O mon Dieu I la terre aura* t- elle d'abimes assez profonds, oà na voulût alors se cacher l'ame infidèle ? Car dans le monde , les hoxamea ne volent jamais de nos vices que les dehors et les scan-

5a !•' DIMANCHE DE L'AVEWT.

daleSy et cette confiisiou nous est commune avec ceux qui.se tron^ T£nt tous les jours coupables des mêmes fautes ; mais devant le tribuiial de J. C. , on verra vos fbiblesses dans votre cœur mém^, c'està-dire , leur naissance , leurs progrès , leurs motifs les plus secrets ^ et mille circcyistances] honteuses et personnelles dont vous rougires plus que des crimes mêmes : ce sera là une confusion qui vous seva propre , et que vous ne partagerez &vec personne : £t videèuat om» ne m turpiiueUnem tuam*

Enfin la dernière circonstance qui rendra la honte du pécheut accablante , seront ses qualités personnelles.

Vous passiez pour ami fidèle , sincère j généreux : on verra que TOUS étiez lâche , perfide , intéressé , sans foi , sans honneur , sans probité , aans oenscîence , sans capactère. Vous voua étiex donné pour une ame forte , et au-dessus des foiblesses vulgaires ; et vous allez exposer les bassesses les pkis humiliantes , et des endroits dont l*ame la plus vile mourroit de honte. On vous regardoit dans le inonde comme un homme intègre ^ et d*une probité à Tépreuve dans l'administration de votre charge ; cette réputation vous avoit peut- ^tre attiré de nouveaux honneurs et la confiance publique : vous ahusiez cependant de la crédu)ité des hommes ; ces dehors pompeux d*équité cachoient une ame inique et rampante ; et des vues de fortune et d'intérêt avoient mille fois trahi en secret votre fidélité > et corrompu votre innocence. Vous paroissiez orné de sainteté el de justice ; vous étiez toujours revêtu de la ressemblance des Justes ^ on vous croyoit Tami de Dieu et Tobservateur fidèle de sa loi : et cependant votre cœur n'étoit pas droit devant le Seigneur ; vous couvriez sous le voile de la religion une conscience souillée, et des mystères d'ignotninie : vous marchiez sur les choses saintes pour arriver plus sûrement à vos fins. Ah I vous allez donc en ce jour de révélation détromper tout l'Univers ; ceux qui vous avoient vu sur la terre ^ surpris de votre nouvelle destinée , chercheront l'homme de bien dans le réprouvé : l'espérance de l'hypocrite sera alors confondue. Tous aviez joui injustement de l'estime des hommes : vous serez connu , et Dieu sera vengé. Enfin , mais oserai-je le dire ici , et révéler la honte de mes Friltes ? Vous étiez peut-être dispensateur des choses saintes, élevé en honneur dans le temple de Dieu ; le dépôt de la foi , de la doctrine^ de la piété, vous étoit confié ; vous paroissiez tous les jours d^ns le sijanctuaire, revêtu des marque» redoutables de ^y tre dignité , offrant des dons purs et des sacrifices sans tache ; on vous confiioit le secret des consciences ; vous souteniez le foible dans la foi ; vous parliez de la^ sagesse parmi les parfaits : et sous ce que la religion a de plu,s auguste et de plus saint , vbus cachiez peut-être ce que la terre a de plus exécrable ; vous étiez un imposteur , un homme de péché assis dans le temple de Dieu ; vous enseigniez les autres , et vous ne vous enseigniez pas vousmême; vous inspiriez de Thorreur pour les idoles , et vous ne complies vos jouss qo&par vos^^aerilëges. Ah ! le mystèi^ d'iniquité sera

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JUGEMENT UNITERSEL. Sï

donc réTélé, et Ton tous ponnoitra enfin pour ce que tous aTÎez toujours été, Tapât hème du ciel, et la honte de la terre : Et videba/tt omnem turpitudincm tuam.

Voilà , M. F. ^ toute la confftsion dont sera accablée l'ame crimi- BcUe. £t ce ne sera pas ici tme conAision passagère. Dans le monde , il n'y a de pénible à essuyer que la première honte d'une faute ; les bràts tosbcttt peu à peu ; de no^Telies aTentures prennent enfiù la place des notices, et le touTenir de nos dhutes s'éteint et s'éranouit a^ec l'éclat qpi les avoic publiées : teais au grand jour la honte denieurera éternellement sur l'ame criminelle; il n'y aura plus de nou- Teaux éténcmeAS iqul lussent perdre de Tiiè ses crimes et s^on dpprohttey rka us eSiàngera plus, tout sera fixe et étemel ; ce qu'elle aura para deraul lé tifibnnal de J« C< , elle le parOltra durant Téternitë toute entière ; le caractère même de ses^tourniens publiera sans cesse la nature de ses fautes , et sa honte recommencera tous les jours avec son. supplice* M. F. , les réflexions sont ici inutiles ; et s'il vous resfe eucoi^ quelque foi , c'est à tous à sonder votre conscience^ et à ))ren* dre éès ee BKMiient des mesures, pour soutenir la manifestation de ce jour terrible.

Maïs après tous aToir montré la confusion publique dont sera GOUTert le pécheur , que ne puis- je vomi exposer ici quelle sera la gloire et la consolation du véritable Juste , lorsqu'on étalera aux yeox de l'Univers ^ les secrets de sa conscience et tout le mystère de son cœur ; de ce cœur dont toute la beauté , cachée aux yeiix des homnies, n'étoit connue que de Dieu seul; de ce cœur, où il aroit toujours cru voir des taches et des souillures , et dont sou humilité lui 'avoit' dérobé ifoiite la sainteté et rinnocence; de ce cœur où Dieu seulaVoit toujours fait sa demeure , et qu'il avoit pris plaisir d'orner 'et d^érrrichir êt^i ddnset desesgracésT Que de nouvelles merveilles Tâofî&it aUii yeux dès spectateurs ce sanctuaire divin, jusqpes-là si impénétrable , XMt^dé le vèile en sera' ôté ! que de fervens désirs ! que de irîcCol^es ieb'fèles ! que de sacrifices héroïques l que de prières pures ! qti^ dëVehdirès'géâiîssemetLs! que de transports amoureux ! qtie de fbi*! que de grandc^ur ! que de magnanimité ! que d'élévation aà^ësiittS' de tous ces Vairis' objets qui forment tous les désirs , et toutes les espérances des hOitimés 1 On vef'rà alors que rien n'dtok pkii grand et plufe digne d*ad«iiptftion dans le mondé qu'un véintaÛ^ Juste , tpxt ces âmes qu'on regatdoit comme inutiles ; parce c^tr'elîes l'étoieùt à nos passions , et dont on méprisolt tant la vie obscure et retirée 7 on verra que ce qui se passoit dans le cœur d'une «ne €âèle, aveiît {rias d*éclat et de grandeur que tous ces grands événemèns qui se passent sur la terre , méritoit seul d'être écrit dans Iti livres étemels^ et offroit aux yeux de Dieu un spectacle phrs digne des Anges et des hommes, que les victoires et* les conquêtes €^ remplissent icirbas la vanité des histoires , auxquelles on élève des monumens pompeux pour en éterniser le souvenir , et qui ne ecroat pins regardées alors que conatoe des agitations puériles , ou

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