‹ Œuvres de Massillon, ci-devant prêtre de l'ortoire, évêque de Clermont l'un des quarante de l'Académie FrançoiseChapitre 123 sur 131 · S MARDI DE LA III* SEMAINE · texte numérisé non relu

S MARDI DE LA III* SEMAINE

d*aToir écbappé vous-mêmes au naufrage^ tous voyez périr roêùèrcB aansdottlear; vous auriez honte de leur tendre la main; vos nouTeilea HKj^rs n*ont pas éloigné de toos les aoûs que le monde et les plaisirs TOUS aToient donnes; tous conservez encore avec eux ces liavaons de soins, de tendresse, de confiance, que la piété ne condamne pas, mais qu'elle rend seulement plas sincères et plus chrétiennes; cependant tous les laissez perdre sans les averiir ; sons prétexte d'éviter l'indiicrétion et ce zèle importun qui rend la piété odieuse, TOUS manquez aux règles'de la charité et aux devoirs d'une amitié sainte* Il n*est jamais question de salut entre vos amis et vous; vous sfiectez même, par une fiiusse délicatesse, d'éviter ces sortes d'entretiens ; vous souffrez qu'ilf vous parlent de leurs plaisirs , de la folie de leurs amusemens et de la vanité de leurs espérances , et vous ▼ons observez pour ne pas leur parler du bonheur et des avantages d'une vie chrétienne, et des richesses de la miséricorde de Dieu sur les péchenrs qui veulent revenir à lui. Mais qu'est-ce qu'une liaison dont le Seigneur n'est pas le principe , dont là charité n'est pas le nœud , dont le salut n'est pas le fruit ?

Déjà , c'est une erreur de croire qu'il n'y ait pas ici une obligation de conscience: TËvangile vous prescrit aujourd'hui d'aller même chercher votre frère , et de lui donner en particulier des avis tendres et charitables; d'ailleurs, il vous est ordonné, à vous qui êtes con- Terds, comme autrefois à Pierre, de rappeler et de soutenir vos frères. Mais quand la Religion ne vous en feroit pas tth devoir , pouvez-vous Toir des hommes que l'espéra nce d'une mêm^ vocation "tous unit , et que les liens de l 'amil ié 4oi ven t vous rend teeneore plus chers ; ]pouv€Z-voiis les voir ennemis de J. C, esclaves du démoâ, destinés par le dérèglement de leur vie, à des malheurs étemels, anns oser leur dire quelquefois que vous les plaignez? Sans profiter de quelqnes-uns-de ces momens heureux où ils viennent vous confier leurs chagrins et leurs dégoûts, pour leur apprendre à chercher en Dieu seul une paix que le monde ne peut donner; pour placer è propos une seule parole de salut; pour leur dire avec ces témoignages ton* chans de tendresse dont le cœur a tant de peine à se défendre , c^ qu'autrefois Augustin, déjà converti, disoit à un de ses amis^qu'il ypuloît retirer de l'égarement : Est-ce que nous aurons des destinées si différentes dans l'avenir, tandis que nous n^avons ici-bas qu'un même cœur ? Les nœuds de notre amitié sont donc fragiles et péris* sables, puisque la charité, qui seule demeure éternellement, n'en est pas le lien commun ; la mort va donc nous séparer à jamais , car c'est dans le Seigneur tout seul que l'union des cœurs peut être immortelle; vous n'êtes donc qu'un ami temporel y et une haine éternelle succédera à cette amitié rapide et passagère qui nous unit sur la terre 1 Mais que sont les liaiyons les plus' tendres que la piété n'a pas formées ; et peut -on aimer un seul moment ce qu'on ne doit pas aimer, toujours?

Mais «squidooite, enaesond lie», ustntRTeUeibrMiUK i^stru^-

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