‹ Œuvres de Massillon, ci-devant prêtre de l'ortoire, évêque de Clermont l'un des quarante de l'Académie FrançoiseChapitre 124 sur 131 · MÉLANGE DES BONS ET DES 9WÉCHANS · texte numérisé non relu

MÉLANGE DES BONS ET DES 9WÉCHANS

tient des Justes , c'eftt qu'elle» «ont. soutenues de leurs exemples : seaotké mojen de salut que leur société fournil aux pécheurs. £t certes, mon cher Auditeur, si. tous Tivie«s au milieu d'un monde où Dieu ne fut ^pos connu j si t04jks les hommes tous ressembloient^ et que "vos y«uz ne renceatrassent de toutes parts que de$ exemples dedisr solttti^H, la \&ctH iuGonaoïs nç tous paroitroit jamais désirable; le crime «eroit toujours tranquille ^ parce que son opposition iiTec la piété jn*«n troublerok jamais les fausses douceurs^; tous ne seutiriet jameis f 'éleTter au-dedans de tous ces troubles secrets qui tous rer procheut votre propre foiUesse ; et tous croiriez la Tie chrétienne impossible, parce que tous la Terrie2 sans exemple. Mais dans quel*que situation que la Proyidence tous ak fait naître , tous trouTez des Justes de Totre âge et de Totre état, qui obserTent la loi du Sei* Ifneur.) et qui marchent devant lui daos la sainteté et dans rinuo^ cence; leur exemple seul est une Toix puissante qui tous parle sans cesse au fond du cœur, et qui tous rappelle malgré tous à la Térité et à la justice. Nous vous annonçons la piété du haut de ces chaires tbrétienues ; maisleur exemple tous la persuade : nous Vous montrons Ja Toie de loin; mais ils y marchent à tos yeux pour vous frayer le cheitainet vous animer ilessuiTre : nous tous prescrivons les règles; $Is vous ^t^niss'ent le modelé. Aussi combien de fois , mon cher Auditeur, touché des exemples d*un Juste de Totre rang et de Toirè" état, TOUS êtes-vous reproché à vous-même les penchans infortunée qui ne tous permettoient pSs de lui ressembler ? Combien de fois le souTCnir de son innocence vous a couvert de confusion, arraché des soupirs 4 votre foiblesse , et fait balancer quelque temps entre le devoir et la passion ? combien de fois sa présence seule a réveillé eii Vous des désirs de salut, et vous a fait promettre en secret à vous^ même , qu'un jour vous marcheriez sur ses traces ? Non , M. F. j nous ne voyons point de conversion dans le monde, qui n'ait trouvé ^a source et son motif dans les exemples des gens de bien : je ne parle pas même ici du mérite de leurs œuvres; Tunion de la fol, et la société d'un même esprit, établit entre eux et vous une espèce dé commerce saint, qui vous rend propres les fruits immortels deleuri vertus : le trésor qu'ils amassent , la mesure stirabondante qn'ili coml>lent *par des violences qui vont an -delà de leurs dettes, sont des biens qui vous appartiennent, et que vous pouvez offrir au Sei* gneur comme vos propres justices. Ce n*est pas^ue des satisfaction^ étrangères puissent suffire pour effacer des offenses qui vous Ibne propres; il faut que les mêmes membres qui ont servi à Tiniquîtéi ârervent à la justice, et que le péché se répare où il a été commis { Biais les œuvres des Juste^^offrent sans cesse au Seigneur, ou le prix de ytptre conversion , ou Theureux supplément de voti^ pénitencel Cependant le monde, toujours ingénieux à s'ôter à lui-même les ressources de salut que la bonté de Dieu lui ménage, ne semble at-^ lentif qu'à obscurcir l'éclat, ou diminuer le mérite des œuvres des ^en^ de bien: il attaque la sainteté» des motils, quand les dehors «ont à couvert de la maliguUé de ses aensurcs.. îiês coartisaoê du

roiSédëcîas accusoient les larmes et les tristes prédictions de Je» rémie sur la ruine prochaine de Jérusalem , d*nn secret désir de plaire au roi de Babylone qui assiégeoit cette ville infortunée. Il semble , ô mon Dieu, que vous ne soyez pas assez aimable pour être servi dans la seule vue de vous-même , et que vos promesses Contes seules ne soient pas capables de dédommager vos serviteurs des peines qn*ils endurent ; il faut que le monde cherche toujours dans les plus saintes démarches de leur piété, d'autres desseins que celui de vous honorer , et un autre intérêt que celui de vous plaire ! Mais que faites-vous , M. F., en diminuant par des soupçons téméraires le mérite des œuvres des Justes ? Vous diminuez les ressources heureuses de votre salut : vous vous ôtez à vous-mêmes les motifs les plus consolans de votre espérance : ce sont vos propres vertus que vous déshonorez, et vos censures insensées retombent sur vous-mêmes.

Enfin les Justes servent encore à votre salut par leurs gémîssemens et parleurs prières; et c'est dans ce dernier avantage, que vous allez connof tre combien la vertu est tespectable dans ceux qui la pratiquent.

La prière continuelle du Juste j dit un Apôtre, est iTun grand poids auprès du Seigneur (fac, 5; 16). Oui, M. F., si Dieu jette encore des regards Se miséricorde sur ia terre, s'il répand encore ses faveurs sur les Empires et sur les Royaumes, ce sont les prières et les gémissemens secrets des gens de bien, qui nous les attirent; ce sont ceux qui composent cette partie pure de l'Eglise, qui n'a point d'autre voix pour demander que celle du Christ, dont les clameurs ont toujours accès auprès du Père; c'est là cette colombe qui gémit sans cesse, et qui ne gémit jamais en vain; c'est par eux que toutes les grâces se repaient dans l'Eglise ; c'est à eux que les siècles doivent les princes religieux, les pasteurs fidèles,, la paix des Eglises, les victoires de la foi, ces hommes célèbres par leurs lumières que Dieu suscite dans les besoins de .son Eglise, pour s'opposer aux entreprises de l'erreur f au relâchement des mœurs , aux affoiblissemens de la discipline. Que dirai- je encore? c'est à eux que le monde doit les ressources inespérées dans les calamités publiques , la tranquiHité des peuples, le bonheur des siècles ; tout vient delà : car tout 9e fait pour les Elus. Nous en faisons honneur , nous qui ne jugeons que par les sens , à la sagesse des Souverains, à la puissance, on à l'hsibileté de ceux qui gouvernent : mais si nous voyons les événemens dans leurs causés , nous les trouverions dans les gémissemens sçcrets des gens de bien ; dans les prières quelquefois d'une ame simple et obscure, qui, cachée aux jeu% des hommes, décide bien plus auprès de Dieu des événemens publics , que les Césars. et ^urs ministres , qui paroissent à la tête des affaires , et qui semblent tenir entre leurs mains la destinée des peuples et des Empires.

' Comparez, disoit autrefois Tertullien aux Païens, les malheurs passés de l'Empire à la tranquillité dont il jouit aujourd'hui ; d'où vient ce changement ? n'esl ce pas depuis que Dieu a donné des

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