‹ Œuvres de Massillon, ci-devant prêtre de l'ortoire, évêque de Clermont l'un des quarante de l'Académie FrançoiseChapitre 14 sur 131 · SS IV DIMANCHE DE L'AVEÏT · texte numérisé non relu

SS IV DIMANCHE DE L'AVEÏT

montré la voie qui conduit à la vie^ et celle qui mène à la "perd l« tion% Dans laquelle des deux marchez-Vous? et de quel o^té^Tous itouveriez- vous , si vous paroissiez dansée moment devant le tri«hunal redoutable ? Oh meurt comme on a vécu : craignez que votre destinée d'aujourd'hui nei'Soit votre destinée étemelle. Sortez dès: à présent' des voies dea pécheurs ; commencez à vivre comme ies Justes , si vous voulez dans ce dernier jour être placés à la droite , et monter avec eux dans le séjour de la bienheureuse immortalité.

' Mhsi soit'il.

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SERMON

POUR LEr SECOND DIMANCHE DE rAVERT.

. Beatuf qai non faerit scandalûatoi in me.

' Heureux celui ^ui ne prendm point de moi on ffjrW iCr dmi9 et 4e eeen^ date. Btàïv. ii; 6, ' - -. .

Sire,

CVst donc nn bonh'epfrv ^t un bonheur rare , de'n^'ifttre poinl èciin-* daliséde J. C. Mais, qri*y'âvt>rt-il, et que pcrtivt>iC-il y avoir dana celui qui est" la sagesse même,' la splendeur du Père, et Fimagé snbstantielie de toutes les perfections; que pouvoit^il y avoir qui pAt* être pour les homnies'trti sujet de scandale ? sa croix , M.T* Cî.F,, oui ka» croix , qui fut autrefois le scandale du Juif, et qui est et sera ,* dfliis'tôtite la suite des siècles,^ le scandale de Ta plupart des Chrétiens. Mais , quaiid je Sis que la croix' du 'Sauveur est te scandale def ' la plupart des Chrètièiisv je h*entends pas seulement la croiif qu'il a portée, j'entends ^ur-'tout eelle qu'it nou^' oblige de porter à son exemple, sans laquelle il refuse de nous reconnoitre pour ses disci-< pies , et de partager avec nous la gloire, dans laquelle il n^est entré Ig^Hàôéme que par la croix. > ...".'

' TViîîà' ce qui nous révolte'; iêt ce qiié nous trouvons » redif-c dans notre" divin Sauveur': nous voudrions que, puisqu'il ftilloit qn'il'soûf- ' frtt , 'Ses sôuffifances eussent étfé pour <ic1is comme nn*titre d*èx««ptioii < et nous eussent mérité le privilège de nej)bint souffrir àvechii'. • Détrompons^nous ,'M. T» C. F* La seule chose xpi défende de éo«i«^

t*eftt de rendre nos soufifranceaf méritoires : mais souffrir, ou ne pas sonffrir, n*est point laissé à notre choix. La Providence a dispensé avec tant de sagesse les biens et les manx de cette vie , que chacun dans son é\u%, ({uelque heureuse qu'en paroisse la destinée, trouve des croix et des amertumes qui en balancent toujours les plaisirs. Il n'est point de parfait bonheur sur la terre, parce que ce n*est nas ici le temps des consolations , mais le temps des peines : Télévation a ses assujettissemens et ses inquiétudes ; Tobscurité , ses humiliations et ses mépris ; le monde , ses soucis et ses caprices; la retraite , ses tris^ tesses et ses ennuis; le mariage, ses antipathies et ses fureurs; Tamiiié, ses pertes ou ses perfidies; la piété elle-même, ses répugnances et ses dégoûts : enfin, par une destinée inévitable aux enfant d'Adam , chacun trouve ses propres voies semées de ronces et d'épines. La condition ia plus heureuse en apparence a ses amertumes secrètes qui en corrompent toute la félicité : le trône est le siège des chagrins , comme la dernière placé ; les palais superbes cachent des soucis cruels , eomme le toit du pauvre et du laboureur; et de peur que notre exil se nous devienne trOp ainiable, nous y sentons tou« jours, par mille endroits^ qu'il manque quelque chose à notre bonheur.

Cependant, destinés^a souffrir, nous ne pouvons aimer les souffrances; toojours frappés de quelque afôiction, nous ne saurions nous faire un mérite de nos peines;' jamais heureux, nos croix devenues nécessaires ne sanroîent du moins nous devenir utiles. Nous sommes ingénieux à nous priver nous-mêmes de tout le mérite de nos souffrances. Tantôt nous eheréhons dans U'foiblesse de notre propre cceur, l'excuse de nos^aensibilitës et de nos muriMfi^èS ; tantôt dans Texcès ou le caractère de nos affiictions; tantôt enfin, dans les obstacles qu'elles nous paroiasentimettre à notce salut .c'est-à-dire, tantôt nous nous plaignons que nous somnxes tn>p faibles pour soutenir tranquil;r lement nos pe^ies; tv^AltÀt que pps pçines ellesrn>.épies;Sont trc^ excessives ; tantôt qu'i^n'est^nas possibl,^ c^ns.cet état de penser au sji^ut.

£t Toilà les trois prétextes qu'on* oppose tous les jours dans le inonde à Fusage chrétien des afflictions : le prétexte de la propre foi blesse ; le prétexte de l'excès ou de la nature de nos afflictions ; lé prétexte des obstacles qu'elles semblent mettre à notre salut. Ce sont ces prétextes qu'il faut confondre , eh leur opposant les règles de la foi. AppHquez>vouS';'qui-que vous soyei , et apprenez que ce qui damniç la plupart des hommes , ne soiit pas les plaisirs seulement ; hélas I ils sont si rares sur la terrCet le- dégoût les suit de si près : cVst encore l'usage peu dirétien qu'ils font de leurs peines. Implo« roui, etc. Jpe, MùHa*

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