PREMIERE PARTIE
Ls langage le plus commun dds araes qâe le Seigneur afflige, est d'alléguer leur propre fqiblesse, pour justifier l'usage peu chrétien qu'elles font de leurs affîictions. On avoue et l'on se plAint , qu'oii
09 II* DIMANCHE DE IrrAVENT.
n*est pas né assez fort poar j conserver un cœur soumis et traoQaxUe; que rien n*est plus heureux que de pouvoir être insensible ; que ce caractère .nous sauve bien des peines et des chagrins inévitables dans la vie; mais que nbps ne nous faisons pas à nous-mêmes un cœur à notre gré ; que la religion ne rend pas durs .et philosophes > ceux qui sont nés avec des sentimens plus tendres.et plus humains; et que le Seigneur est trop juste pour nous faire un crime de nos malheurs mêmes.
^Maist pour confondre ici une illusion si commune et si iadigne de la piété , remarquez d'abord, M. F. , que. lorsque J. C. a ordonné il tous les Fidèles de. porter ^vei: sûumissioii 0t avec amour le» croix ,que sa bonté nous çi^énag^, il n*a paA ajouté qa^.cet ordre si juste , si consolant , si confo^m^e à ses exemples « aeregardecoit que les âmes dures et insensibles* Il n'a pas distingué entre ,sf{s Disciples , ceux que la nature , Torgueil , ou les réflexions avoient rendus plus fermes et plus Gonstans, i& ceux que la tendresse et rhumahité avoi^nl fait naître plus sensibles , poiir faire aux premiers un devoir d'une patience et d'une in«ensJ(bili^é qui ne leur, coûte presque riea » et eu dispenser les autres è 4^i ^U^ deviepi plus di^âfiiie^
Au eoBtraire.9 ses règles divines sont dés teriuMss; et plus nous eu paroi ssons éloignas par le C9^ffaetère de notre cefeur^ plus elles sont faites pour nous, et iiqus deyjeanceist Ujéees^aires. C'est parce que vous êtes foihley'et que W m^finAriBS eontradictiiMte Ironveut toujours TOttre «osur plus vif,' et pliiti ipéy^lté contre lé» soufirauces , que le ^l^eur doit vous faice.^iftfeet' par 4les ivibtelaiâons et diès amertumes ; oa^« ce ne sont pfis les farts qui ont bèicHA d'être éperouvés , ce.sont les foibles. ......
'En- effet , qu'est- cequ'ttre^fbîKle et' seirtilblte ? c'est s'aimer exccs- ^ siverhènt soi-mémé ; c'est' êc^héir presque tout 1 la liature , et rien à la foi; c'est se laisser c6ndiriî^éf)ar la ViVaéitïdçsèii penchans; et néV^fvreqi!repdur joutr de édn repos et dé st^î-ittéfiie , coilnne de la seuleiélicitédel^homme^ Or,. 4ans cet étiM^ji «ts^eecelbndisexe^sif d'amour du monde. et de vous-^éms ,.sl;le Seigneur ne ménageoit des afflictions à votre foiblesse*; s'il ne frap^ok- votre corps d'une ]a9guepr habituelle , qui vous rend le monde wipide , s*il ne tous prép^roit des pertes et des chagrins , qui vous ,fo9t une bienséauce de la régularité et de la retraite , s'il ne renv^er^pditoertaîa^ projets, qui , laissant votre fortune plus obscure , vous lignent des grande périls ;, s'il ne vous plaçojt en. certaines situatipns ou des dlevoirs jlristes et inévitables opcupei^it yqs plijis beauiX jours; en un mot, s'il ne mettoit , entre votre jfoiblesse et vous., W9Ji barrière qui vous retient et qui vous arrête : hélas I votre innocence auroit bientôt fait naufrage ; vous auriez bie^it^^t ^bjxsé jle \bl pan ;et de la prospérité, vous , qui ne trouvez pas même de sûreté au milieu des afflictions et des peines. Et puisque affligés et séparésdu m.onde et desplaisirs, vous ne pouvez revenir à Dieu , que seroit-ce si une situation plus heuf^usene laissoijt pl}is 4>ut^^ (rein à v9S4ésîf9^))q[U9 vous-mêmes?
DES AFFLICTIONS. 6i
La mèmefoiblesse, et le même poids d*amour-propre, qui nous rend si sensibles à la dpalenr^t à l'afifUction, nous rendroit encore plus sensibles an danger des plaisirs et des prospérités humaines.
Ainsi , ce n'est pas excuser nos découjagemens et nos murmures, d*ayoaer que nous somines foibles, et peu propres à porter les coups dont Dieu nous frappe. La foiblesse de no^r^ ce^ur ne vient que de 1^ foiblesse de notre foi : une ame chrétienne doit être une ame forte; à l'épreuve, dit T Apôtre, des persécutions, des opprobres, des in* firmités » de la iport même. £lle peut être oppHmée , continue TApôtrct mus ^^^ ^^ sauroit être abattue; on peut Lui ravir ses biens^ sa réputation, son repos, sa fortune, sa vie même, mais on ne peut lai ravir le trésor de la foi et de la graee , qu'elle porte caché au fond de son coeur , et qui la console abondamment de toutes ces pertes frivoles et passagères; on peut lui faire répandre des larmes de sensibilité et de tristesse (car la religion n'éteint pas les sentimens de la natnire) ; mais son cœur désavoue à l'instant sa foiblesse, et fait de ses larmes chamelles, des larmes de pénitence et de piété. Que dis-je ? pue ame chrétienne se réjouit même dans les tribulations : elle les regarde comme les marques de la bienveillance de Dieu sur elle , comme le gage précieux des promisses futures , comme les traits heureux de sa ressemblance avec J. C. , et qui , dès cette vie , lui donnent comme un droit assuré à sa gloire immortelle. Etre foîble, et révolté contre l'ordre de Dieu , dans les souffrances , c'est avoir perdu la foi et n'être plus chrétien.
J'avoue qu'il est des cœurs plus tendres et plus sensibles à la douleur, mais cette sensibilité ne leur est laissée que pour augmenter le mérite de leur souffrance , et non pour excuser leur révolte et leurs murmures. Ce n'est pas le sentiment , c'est l'usage déréglé de la douleur que l'Evangile condamne* Plus même nous naissons sensibles à nos peines , plus nous devons l'être aux consolations de la foi. La même sensibilité qui ouvre nos cœurs au chsTgrin qui accable, doit les ouvrir à la grâce qui soutient et qui console : les afflictions trou* vent bien plus de ressource dans un bon cœur, parce que la grâce j trouve plus d'accès; les douleurs immodérées sont plutôt les suites de l'emportement, que de la bonté du cœur ; et ne pouvoir se sou* mettre à Dieu, ni se consoler dans ses peines , ce n'est pas être tendrez et sensible, c'est être fiironche et désespéré. *
De plus, tons les préceptes de l'Evangile demandent de la force; et si vous n'eu avez pas assez pour soutenir avec soumission les croix dont il plait au Seigneur de vous afSiger , vous n'en avez pas assez non pi us pour l'observance des autres devoirs que la doctrine de J. C. vous prescrit. Il faut de la force pour pardonner une injure^ pour dire du bien de ceux qui nous calomnient ; pour cacher les défauts de ceux qui veulent même flétrir nos vertus. Il faut de la force pour fuir un monde qui nous plait ; pour s'arracher à des plaisirs où tous nos penchans nous entraînent; pour résister à des exemples que la foule autorise ^ et dont l'usoge a presque fait des lois. Il faut dé la
6a lî* DIMATCCHÈ DE L'AVENti
forcé pour user chrétiennement de la prospérité^ pour être hiintbXe dans releva tion , mortifié dans Tabondancef pauvre de cœur aa milieu des biens périssables , détaché de tout lorsqu*on possède tout , plein de désir pour le ciel au milieu de ioni les plaisirs et de toutes les félicités de la terre. Il faut de la force pour se taincre-soi>-mênie ; pour réprimer un désir qui s'élève ; pour étouffer tin sentiment qtzi plait ; pour ramener sans cesse à la règle, uii ccjeur qui s'en écarte sans cesse. Enfin , parcoureàs tous les préceptes de TEvangile, il n*eâ est pas un seul, qui ne suppose une ame forte et généreuse : partout, il faut se faire violence à soi-ménie \ par-tout, le toyaunie der Dieu est un champ qu*il faut défircher; Une vigne où il faut porter le poids du jour et de la chaleur; une carrière oÛ il faut Vaillamment et continuellement combattre ; en un ntot^ le Disciple de J. C ne sauroit jamais être foiblesans être vaincu ; et jusqu'aux moindres obligations de la foi, tout coûte, tout porte le caractère de la croix $ qui en est l'esprit dominant : si vous manquez un instant de fdrce , vous êtes perdu. Dire donc que Ton est fuible, c'est dire que l'Evan-» gile tout entier n'est pas fait pour nous; et qu'on ne peut être noa-* seulement ni soumis, ni patient, mais encore ni chaste^ ni hamble> ni désintéressé, ni mortifié, ni doux, ni charitable.
Mais , outre cela , M. P., quelque foibles que nous puissions être « nous devons avoir cette confiance en la bonté de notre Dieu , que nous ne sommes jamais éprouvés, affligés, tentés au-delà de nos forces ; que le Seigneur proportionne toujours les afflictions à notrek foiblesse; qu'il répand ses chàtimens , comme ses faveurs, aVecpoids^ et avec mesure*; qu'en nous frappant il ne veut pas nous perdre, mais nous purifier et nous sauver ; qu'il nous aide lui-même apporter le$ croix que lui-même nous impose; qu'il nous chàtie*en père , et non pas en juge ; que la même main qni nous frappe , nous soutient ; qae la même verge qui fait la plaie , y porte l'huile et le miel <(ui Tadoucit. Il connoit le caractère de lios coeurs , et jusqu'où va notre foiblesse; et comme il veut nous sanctifier^ en noUs affligeant, et non pas nous perdre, il sait jusqu'où il doit appesantir sa maih, pour ne rien diminuer d'un côté de notre ihérite , si les souffrances étoient trop légères; et pour ne pas aussi, de l'autre, nous le faire perdre tout-à-fait , si elles étoient trop au-dessus de nos forces.
Eh ! quel autre dessein pourroit-il avoir , en répandant des amer* tûmes sur notre vie ? Est -il un Dieu cruel , qui ne se plaise que dans rinfortnne de ses créatures ? Est il un tyran barbare, qui ne trouve sa grandeur et sa sûreté que dans les larmes et le sang des sujets qui l'adorent? Est-il un maître envieux et chagrin, et qui ne puisse goûter de félicité, tandis qu*il la partage avec ses esclaves? Faut-il que nous souffrions , que nous gémissions , que nous périssions, afin qu'il soit heureux ? C'est donc pour nous seuls qu*il nous punit et qu'il nous châtie : sa tendresse souffre , pour ainsi dire de nos maux ; mais, comme son amour est un amour juste et éclairé , il aime encore Inieux nous laisser souffrir , parce qu'il prévoit qu'en terminant
kios peines, il augmenteroit nos misères. C'est un médecin tendre, dit saint Augustin , qui a pitié 9 à la vérité, des cris et des souffrances de son malade ^ mais qui, malgré ses cris, coupe jusqu'au vif tout ce qu'il trouye de corrompu dans sa plaie i il n'est jamais plus doux et plus bienfaisant que lorsqu'il parolt plus sévère; et i)l faut bien que les afflictions nous soient utiles et nécessaires , puisqu'un Dieu si bon et sixïlément peut se résoudre a nous affliger.
Il est écrit que Joseph , élevé aux premières places de l'Egypte , ne pçmvoit presque s'empécber de répatidre des larmes , et sentoit renouveler toute sa tendresse pour ses frères , dans le temps liiéme qu'il affectoit de leur parler plus durement , et qu'il feignoit de ne pas les connoitre : Quasi ad aliehos duriùs ioqttebatnr ,., . apertii" que se parumper^ et flevit, ( Gén, 4a ; 7 , 24 )• C'est ainsi que J.. C, nous châtie. Il fait semblant, si j'ose parler ainsi , de ne pas reconnoître eh nous ses cohéritiers et ses frères : il nous.frappe et nous traite durement , comme dès étrangers , mais cette contrainte coûte à son amour; "il ne peut soutenir long- temps ce carnctère de sévérité , qui lui est comme étranger ; ses grâces viennent bientôt adoucir ses coups; il se montre bientôt tel qu'il est ; et son amour ne tarde pas de trahir ces apparences de rigueur et de colère : Quasi ad alie^ nos duriùs loquebatur , . . . avertiique separumper , eîfieviu Jugez si les coups qui partent d'une main si amie et si favorable , peuvent n'être pas proportionnés à notre foiblesse.
N'accusons donc de nos impatiences et de nos murmures , que la corruption , et non pas la foiblesse de notre cœur. Des filles foibles n'ont-elles pas autrefois défié toute la barbarie des tyrans ? Des en« fans , avant même que d'avoir appris à soutenir les travaux de la vie, n'ont-ils pas couru avec joie affrbnter les rigueurs de la plus affreuse mort? Des vieillards, succombant déjà sous le poids de leur propre corps , n'ont-ils pas senti renouveler leur jeunesse comme celle de l'aigle, au milieu des tourmens d'un long martyre? Vous êtes foible ? mais c'est cette foiblesse même qui est glorieuse à la foi, et à la religion de J. C. ; c'est pour cela même que le Seigneur vous a choisi y afin de faire connoitre en vous combien la grâce est plus foirte que la nature^. Si vous étiez né avec plus de force et de fermeté , vous ne feriez pas tant d'honneur à la puissance de la grâce; on attribueroit à l'bomme une patience, qui doit être un don de Dieu : ainsi plus vous êtes foible , plus vous devenez un instrument propre aux desseins et à la gloire du Seigneur. Il n'a jamais choisi que des personnes foibles , quand il a voulu appesantir sa main sur elles; afin ^ue l'homme ne s'attribuât rien à lui-même, et pour confondre, par l'exemple de leur fermeté^ la vaine constance des Sages et des Philosophes. Ses disciples n'étoient que de foibles agneaux, ' lorqu'il les envoya dans l'Univers , et qu'il les exposa au milieu des loups. Les Agnès , les Luce, les Cécile rendoient gloire à Dieu dans leur foiblesse à la force de sa grâce , et à la vérité de sa doctrine. Ce sont ce9 vases de terre que le Seigneur pread plaisir de briser >
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'"^res et si peu battues. Cette singularité de malheurs oiiK de notre foi une distinction qui nous console : il MJuit les siens 9 en matière d'afflictions, comine sûr , par des roies nouvelles et extraordinaires. Quelles '<»es et surprenantes dans la vie d'un Noè, d'un Loth, , (l'un Moïse ^ d'un Job? Suive» de siècle en siècle This- >ies , vous y trohverex toujours dans Ifes cohtradictions ' prouvés, je ne sais quoi d'incroyable et de singulier, ^ L évolté depuis la crédulité des àgei» suivans; Ainsi, moini' >ns ressemblent à celles des autres bomâies , plus vous deider comme les afflictions des élus de Dieu : elles sorit (lu caractère des Justes; elles entrent dans cette tt*adition .'los singulières, ^ui formelit leur btstoire depuis le Côm'-^ rit des siècles. Des batailles pendues , lors ménie que la Vîc-^ M s paroisnoit assurée; des villes imprenables tombëèë à la '^o seule de no$ ennemis; des Etats , et des Prt>viilces cottqtiisèi" •}s ; un Royaume le plus florissant de l'Europe^ frappé de tous "ux que Keu peut verser sur les peuples dans sa colère ; la " remplie de deuil , et toute la Bace royale presque éteinte : ' 1 , Si as, ce que le Seigneur, dans sa miséricorde, ré^erroit à ' ifi piété, et les malbetirs singuliers qu'il vous prépai*oit , pour itîer les prospérités d'un règne le plus glorieux dont il soit pntté ^ o nos histoires. Les événemens pompeux et singuliers qui ont * \igc toute votre vie , votiis ont rendu le plus grand Roi que la •'urchic et les autres Nations même aient jamais vu sur le tt*6iie; singularité des événemens malheureux dont Dieu vous afflige j né ' destinés ^ par la soumission et la constance chrétienne âvéc'la'<-^ lie nous vous les voyons soutenir, qu'à vous rendre uh^au^î nd Saint » que vous avez été un grand Roi. Il falloit que tout f^ ' :,nilier dans votre règne, les prospétités et les ilialheur»; ainqul^^ n ne manquât à votre gloire devant les hommes , et à 'Votre piété; vaut Dieu» C'est un grand exemple qae sa bonté prépatdit'à notre'r -Hc. ••.,.-•'!)
Et voilà, mon «ber Atiditeur, de qtioi vous instftilre. et iH>us ' nfondre en même-temps. Tous vous plaignez de l'excès de v'ds** li heurs et de vos peines : mais regardez au-dessus de vous, et yez si le sujet est excusable de se plain'drë et de muridurer , tan- * -s que le maître , encore moins épargné, est soumis et tfatiquiHe. ' us Dieu voua afflige : plus il vous 'aime, plus il est attentif âûr - >u5. Des malheurs plus ordinaii*es auroient pu vous pardifre tes * iites des causes purement naturelles ;'et quoique tous les évédemeàs •ient conduits par les ressorts secrets de àa Providence, vbus auriez • ut-être ealien de croire que le Seigneur n'avoit pas des vues par* ' .culières sur* vous, en ne vous ménageant que certaines' afflictions ui arrivent tous les jours au reste des hommes. Mais', dans la' si* ' -nation accablante et singulière oùil vous place, vous ne pouvez * iilus vous dissimuler à vous-même qu'il n'ait les yeux sur vous seul , n ^e vous ne soyez l'objet siogo^t de ses desseins de miséricorde. jUassillon». tons Sm 5
es, IV DIMANCHE BE L'AVEIfT.
Or, q^oi de plus coasolomt 4aas nos peines? Qieu me voit- il compte me», soapirf ; il pèse me^ ^ilSrictiops ; il regarde oouler mes larmes^ il les rappoçte k naà. sai^ct^fic^tipn éternejile. Depuis qu'il a appesanjti sa main aur- ijOQi d'ijin^ manièce lù «inguli^re , et qu'il senible i^e me laisser p}u^ icÂ-b^s^ 4e ressource, jç ci>mmence< à de* venir un ^.pçctji^cle plus daigne de ses soins et de ses. i^e^g^rds. Ab ! si jç jouiss^ois encp^e d'tine situation heureuse et ti^anqniUe, il n'anroit plus les y^iax çur moi r il m'oublier4»it ; et je serois cjo^fondu devant li^i ay'éc tgnj^d*^utres qui vivent heureux sur la Ijerre» Aimables souffran<^jB:, qui, en ni^ pmaint de tou3 le^ see<H»ft, humains , me rcfn^^ni; ifipn Di^n, et(>e|i. £q«|^ Tuniqui^ ressource djS mes peines! pjrégii^U^^s 9ffljct,ipn&, qui 9 en me. faisant oubjiei? des eréatures , Ibnt qUiC- je. dpyi^ïE»* l'Qjatj^li<5PMt«k|iel.d* sauvesMlr. et dfl4< pÀ^épioMpdfti de juon^^iggfiu^l s
H ^^mim^f^mv^^f^nA^f^^n secand lîeut^qpf.diBSimlAfmliéftCQmn^Ulie^. et p^^ss^gères, n'aurpieu^ réveillé n^tii^fs^ qu« p^iuf unrins*t^tr.l^pns,ai|rîQBs.bien^4t trouyjé^âao3.ti(HU ee^qiiisueu^ ebyiimuie^ mille rf8S.f()^F^es qui nqus auroiessb ffiU Qublie^ eet;^ l^jàrt i<tlbr<tuqe : (e$ plaisirs, les. copsolal|<His bumaiues ,. le^ é^mmifmft' mm* yfav^x , que la figure du oionde o£fre s^ns cesse i uosi^Muie;, avrpient bientôt qb^mq notre trî^te4se<« nous anapient bî^nlAt veudu le go&t du monde et^ dfl ses vains amufi^mensi; et npti^ ei90jF y ftpnjimrs d*iiitelligei^e av^C; tous les ob§etS: qui, le^ flattent ^ se sesjpoifebiestj^t lassé dft Siç^ soupirs, et 4^ sadpuleur. Mais le Seigneur,, en nous mena-g9a^T^% 4^ cbagrinSi, ou. 1a Religion- toutp seuJe^ peu^ d^euir notre rçi^fqurce, a-voulunpus interdire tout retpuv vees. U^ monde ; il a ToulUvU^tUie , entre notée foiblqise et nous , un^ bar<f»èfq, que ni les t^ps,9 ni l^ qvén(tmen%, ne pnsisent plus ébfa»lei>(' il a. pvévenu ti$^re;injQ0U9^nfie., ennouii rendfuit.néG!iBssaireS:daspné€^QtÎQftS, qui pe^Mtre nerUQ.u^ nurqient pas,tQujpai^. p«ru égalemeoft: u^les. Il lispitd^U9»le.ps^ivaptej<fi dft iipt;rQ cigeur , que n^ii» ûàMkéi ài fuùr les périls,, çt %nPMA sqpavTftr du- U»9i|dfï» u'iiToiti pds plus, Ipinique notre tristesse; que le même moment qui nous verroit consolés , nous.ver* i-9it.q)i^^g4ii:qu'enoubii^^t ivofl^Qh^glïins., Dou^^uriofts biiieaftl^ oubli^^qs.ré^olHtÎpuf ointes ; e);qMS des afQiiçtiioiis pasiAgfiveikxfenous a9jroiçq(^f aijb^ q#ç^d^&. J.ufttès, passagers» lia donc^ établi la durée de 4u^r^ pi&té suc c^Ue dç» n^ squlïcançes : ij a» mis d^9 j^eines axes et can^(ant^s,9 pour gi^r^ns de la qpusli^ace dpiUQlvci fei-; qtda peur qu,'<9n jaisM9t uptrp Hgm e,ntriQ.np» maiP9^ nou^neil% vendissions en- C9.i;e AU. mppd^., ila^ voulu* U mettra en, sûreté « en.Vtâlitacbanft pour tqnjp!iM^s:(U]î pip4 4e la orpij(. N;Qjh^. 9mt^h bieu.nou^wèmeS) qu'il Hf^ii fAUqi^;qu g^and^con^, ppuppAUS-. réveiller de' notre} létbargie; quf^le% agiotions légères dpu*^ le.Si^igUçur^s'étpit .>usques-ià servi pgU<r{np|9^ i^Mler, u*avK^ieu.t été. pour npns>qu<9d^»J 0909* .faibles et im{»ui9^f^^,;,et qu/à peine npu^ avoit>il frappés, que nous avionA ogbjié la lUAi^i qui .npUA ayoît- fait une plaie si s^lutaine^ JDlequoi me plaiudrois-ja.do^ie, 6 mpu.OJ^ui l'ei^pès qjuCi je, tirouy^e dans mes P^f • Mt aot AfPf A df y04l mifémM^. Ji^ ^» j^MAe^pasi que moinf
DES AFFLICTIONS. 6y
Vous épftiPgiléfc le malade, plas vous aTancez la guérison de seft maux; et qae la rigueur de vos coops fait toute l'utilité et toote la sûreté île uos peîaea. £a sera donc déiormai» ma plus douée consolation , Seigneur y dans l'itat affligeant où ¥Otre Proridence m'a placé , de penser que dà mon» tous ne m'épargnes pas ; que vont mesurez tos rigueurs et vps remèdes sur mes besoins, et non pas sur mes désirs; et que voua ares plus d'égard à la sûreté de mon saint, qu*â Tin* justice de mes plaintes : £i hooe mM sie cùnsùlatio , ut affligeru me tlolare , nonparcai ( Job, 6 ; lo )•
Je pourrôts ^ôus répondre encore : Entrez en jugement arec le Seigneur, vous qui vous plaignez de fexcès de vos peines ; mettez dans une balance , d'un côté vos crimes , de l'autre vos afflictions ; mature^ la rigueur de ses chàtiaiiens sur Ténormité de vos offenses ; coiuparea ce que vous aouffrez , av«o ce que tous mérite^ de souffrir; voyez si vos4>eiaes vom. ausst Ichu que vos plaisirs insensés Tont été: ai la vivacité et la durée de iK>ft douleurs, répond à celle de voa voluptés profanes; si l'état de coiurainte où vous vivez , égale la licence et l'égmrement de voa premières mœurs ; si la privation des créatures , quiC vous aouffrez , répave l'usage injuste que vous en avez iait autrefois. Reprochez hardiment an Seigneur son injustice, si vos peines. L'emrportent sur vos iniquités : vous jng«z de vos souffraneea pat voa pemshans , mais jugea«en par vt>s crimes. Quoi 1 il n'y a pas eu peut-èlre un seul monneilt dans votre vie mondaine, qui ne vou* aife reodii di|^e d*iia malhetfr éternel ; et vous murmurez ooatre la baaAé d'un IHeu , qui vem bien changer ees 'flamme^ éternelles , que vous aven tant de fois- méritées , en quelques' peines rapides cl passaijèrea, et auosqueUea-méflie lea conaolariims de la foi . vous offrent tant tie resaouroe* 1
Quelle ikf justice! quelle ingratitude! Ehf prenez garde, àmeinfidèfe, que le' Seigneur ne vous ejauce datis sa colère ; prenez garde qn*tl*ne purtisse-vos passions, en vous ménageant ici-bas tout ce qui les liavorise : qnëvous rie soyeip pas trouvé digne à ses yeux de ces affiictnms tenrporencs ; qu'il ne vous réserve pour le temps de sa justice et de ses vengeances; etqn'îl ne vous traite comme ces victimes inibrtatiées , qu*on n'orne de fleurs , qu*on ne ménage et qu'on n'engraisse arrectatit de' soins, que parce qu'on les destiné au sacriéce, et 'que le glaive qui va les égorger, et le bûcher qui doit les consumer, est déjà tout prêt sur Taurel. Il est terrible dans ses dons comme dans sa colère, et puisqu'il faut que le crime soit puni, ou par des supplfces' passagers ici bas, ou par dteis douleurs éterneHes après cette vî« , rien ne doit paroftre plus effrayant aux yeux de la foi, que d'être pécheur, et dte' vivre heureux sur la terre.
Grand Dieu ! que ce soit donc ici pour moi le tempa de vos vengeances! et puisque mes crimes ne sauroient être impunis, hâtez voil», Seigtienr , de satisfaire votre justice. Plus vous m'épargnerez îci-baa, pluft vous me paroltrez un Dieu terrible, qui ne veut point me quitter pour quelques affliction» paasagères , et dont la colère ne