POUR LA FÊTE DE LA CONCEPTION
DE LA TRÈS-MAINTE VlÉRGE,
Tadaoi 9 et j'idth^ wUJtnem liane màpMti*
J'irHi , etje^mfûicttté grande mérçûiUe, Exoo. 3( 3.
IRE
lut. prodige qui partit aux yeux de Mqîse sur le mont Sinai ayoit de quoi le surprendre. Un buisson que les flammes enveloppent de tontes parts et qu'elles ne consument pas ! qu'est-ce donc qui suspend ractivité du feu à son égard ? Pourquoi cet élément qui dévore pas son ardeur tdut ce qu'il rencontre , semblent -il respecter ce buisson miraculeux ? (^i n'eàt dit comme Moïse : J'irai, et je ▼«rrai oette grande merveille ; Fadum , et videbo vishfi^m Jkauc mmgnam.
Le prtfdige que TE^^ise* présente aujourd'hui à la piété àés tidèles est encore plus ét^mnfalkf. C'est ùné plire créature, tine fille d'Adam , une portion de la masse corrompue du genre humain , qur, malgré la sosrce souillée de laquelle elle tire son origine , malgré la dépravation du siècle au milieu dnqtiel elle habite, malgré l'air empesté qu'elle y respire^ conserve tonte la pureté dé son ame sainte, €t demeure incorruptible an tkiilieu dé la plus grande corrnption. 0 Diea, qui est semlliabie à vous ! Vdn» étésie Dieu qui opérez de» merveilles*
Les Justes même du premier ordre , malgré leurs craintes et leur vigilance , malgré les secours de la grâce qui les soutient , font plus d'une fois chaque jour la triste épreuve de leur foiblesse. Un seul instant de la vie où ils prétendroient être sans péché, ils mentiroient au Saint'E^yrit et contre eux-mêmes*: et Marie , depuis le premier moment auqael Diea a fépandu'dans son ame la justice et la sainteté, jusqu'au raomenr tmquel elle est entrée dans l'éternité bién^ heureuse; Marte « tetijonrs triomphé du péché, du mondé, et de tout ce (fu'ii a de séduisant : du ihonde , et de ses fausses maximes, par lesquelles il fait entrer tant d'ames daiis là Voie de perdition ; du nKmde^ et de toutes les COnti^dictionS qti'ilfUscite à la vertu , et par lesquelles tant de ces Justes que l'Évangile appelle temporels, sont malheueeosemeM renversés. Le feu du péehé l'environne dé
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tous les cAtës 9 mais il ne sauroit lui faire sentir son ardeur erim!* nelle. Quel prodige inouii quelle gloire! quel privilège tiiigaiier. accordéà Marie ! J'irai, et je verrai celte grande merveille : Fadam^ et videbo visionem hanc magnam.
Cependant, née avec un privilège si sublime, et qui mettoit entre elle et le pèche un intervalle presque infini, Marie ne crut pouvoir s*y soutenir que par la fidélité et par la vigilance» La même plénitude de grâce y qui la mettoit si fort au dessus de tous les périls, les lui rendit , ce semble , plus formidables. Ne portant point en elle ce fonds de foiblesse et de corruption , qui nous fait un danger de tout, et qui change en pièges nos vertus mêmes , les précautions les plus rigoureuses lui parurebt le seul asile et toute la sûreté de sod inifocence : la retraite, la prière, la fuite du monde, l'abnégation d'eliemème, furent les règles constantes de ses mœurs ; et quoique tant de faveurs reçues d|u Ciel lui donnassent urîe confiance si ferme, si bien £on* dée, que la grâce ne rabandonneroit pas, elle vécut comme si elle avoit toujours craint delà perdre. Quelle instruction et quel exemple ! Si Marie délivrée de ce fonds de corruption , qui nous rend les chi|tes si faciles et presque inévitables , fuit le monde, vit di^ns le recueillement et dans la prière, nous flattqns-nous de pouvoir conserver an milieu de ses plaisirs et de ses périls , une innocence qui trouve déjà au dedans de nous des ennemis si terribles à combattre ? C'est la réflexion la plus naturelle où nous conduit ce mystère.
Or, je trouve dans Marie, dont je veux aujourd'hui proposer la fidélité pour modèle aux âmes touchées de Dieu , et que la grâce a retirées du vice , j'y trouve, dis*je, une double fidélité à lag^ace reçue: une fidélité de précaution, et une fidélité de correapondance ^ une fidélité de précaution, qui lui fait craindre toujours les moindres périls ; une fidélité de correspondance , qui la rend attentive jusqu'à la fin , à faire de nouveaux progrès dans les voies de la grâce. Fidèle à conserver la grâce reçtie , fidèle à l'augmenter, et à la suivre jusqu'où la grâce elle-même vouloit la mener : adressons-nous à elle^ pour obtenir par son entremise cette double fidélité. J,ve, Maria. •