UV DIMANCHE DE L'AVENT
plus de peine à tous rendre : vous regarderiez comme des inseniétf ceux qtti mettroient en- balance des diffîcnltéa de pore spéculation qu'il n*en coûte rien de croire , avec une éternité malheureuse qui au fond peut devenir le partage des incrédules. La foi ne vous paroit donc difficile , que parce qu'elle règle les passions , et non parce qu'elle propose des mystères* C'est donc la sainteté de ses maximes qui vous révolte y plutôt que rincompréhensibilité de ses secrets: vous êtes donc corrompu , mais vous n'êtes pas incrédule.
Et en effet, malgré vos doutes prétendus sur la foi, vous sentez que rincrédulité déclarée est un parti affreux ; vous n'oseriez vous y fixer : c'est un sable mouvant sous lequel vous entrevoyez mille précipices qui vous font horreur, où vous ne trouvez point de consistance, et où vous n'oseriez marcher d'un pied ferme et assuré. Vous dites tous les jours vous-même, qu'on ne risque rien en se donnant à Dieu; qu'au fond , quand il ne seroit pas si certain qu'il y aurpit quelque cliose après cette vie , l'alternative est trop affreuse pour ne pas prendre des mesures; et que dans une incertitude même effective des vérités de la foi , le parti de l'homme de bien seroit toujours le plus sùi^ et le plus sage. Votre état est donc plutôt une irrésolution vague d'un cœur agité , et qui craint de rompre ses chaînes , qu'un doute réel et effectif sur la foi, et une crainte que vous ne perdies vos peines en lui sacrifiant vos plaisirs injustes : vos incertitudes sont donc plutôt des efforts que vous faites pour vous défendre contre un reste de foi qui vous éclaire encore en secret, qu'une marque que vous l'ayez perdue. Ne cherchez donc plus à vous convaincre; tra*vaillez plutôt à ne plus combattre la conviction intérieure qui vous éclaire et qui vous condamne. Revenez à votre cœur; réconciliez-» vous avec vous-même ; laissez parler une conscience qui plaide encore sans cesse au dedans de vous pour la foi , contre vos propre» dérèglemens ; en un mot , écoutez- vous vous-même , et vous seres fidèle.
Mais on convient , direz-vous , que s'il ne falloit que croire , il n'en coàteroit pas beaucoup. C'est ici un second prétexte des pécheurs qui diffèrent : C'est la grâce qui manque , et on l'attend ; la conversion n'est pas l'ouvrage de l'homme, et c'est à Dieu seul à changer le cœur« Or , je dis que ce prétexte si vulgaire, si souvent répété dans le monde , çst dans labouche presque de tous ceux qui vivent dans le crime : si nous considérons le pécheur quM'aliègne, il est injuste ; si nous avons égard à Dieu à qui il s'en prend , il est téméraire et ingrat ; si nous l'examinons en lui-même, il est insensé et insoutenable.
Premièrement, si nous considérons le pécheur qui rallègue, il est injuste; car vous vous plaignez que Dieu ne vous a pas encore touché, que vous ne sentez aucun goût pour la dévotion, et qu'il faut attendre que le goût vienne pour changer de vie. Mais plein de passions comme vous êtes, êtes -vous raisonnable d'attendre et d'exiger que Dieu vous fasse sentû un grand goût pour la piété ?