‹ Œuvres de Massillon, ci-devant prêtre de l'ortoire, évêque de Clermont l'un des quarante de l'Académie FrançoiseChapitre 31 sur 131 · DÉLAI DE LA CONVERSION · texte numérisé non relu

DÉLAI DE LA CONVERSION

Vous voulez que vôtre cœur, enoore plongé dans le désordre > sente les douceurs pures et les attraits chastes de là vertu ? Vous ressemblez à nn homme qui ne se nourriroit que de fiel et d'absinthe , et qui se plaindroit après cela qu'il trouve tout amer. Vous dites que G*est k Dieu à vous donner du goût pour son service» s'il veut que vous le servies, vous qui abrutissez tous les jours votre cœur par des excès indignes ; vous qui mettez tous les jours un nouveau chaos entre Dieu et vous, par de nouveaux dérèglemens; vous enfin, qui achevés d'éteindre tous les jours dans votre ame »4>ar de nouvelles débauches , .ces sentimens mêmes de vertu naturelle , ces Impressions heureuses d'innocence et de régularité nées avec nous , qui auroient pu servir è vous rappeler à la vertu et à la justice. O homme ! n'étcsvoas donc injuste » que lorsqu'il s*agit d'accuser la sagesse et la justice de votre Dieu ? ,

Mais je dis plus \ qnàild Dieii opérefoit AbM Votive cœur ce goût et ces sentimens de salut que vous attendez ; dissolu et corrotnpa comme vous êtes ^ Sentiriez -vous setdement l'opération de sa grâce? Quand il Vôus appelleroit^ l'entendriez-Vous , dissipé comme vous êtes par les plaisirs d'une vie toute hiôndaine? Quand il vous toU' cberoît, ce sentiment de gtace auroit-il quelque suite pour votre conversion , éteint qu*il seroit d'abord par la vivacité et l'emportement des passions profaiies? Et en effet , il opère encore dans voire cceur ce Dieu plein de longanimité et de patience; il répand encore au dedans de vous les richesses de sa bonté et de sa miséricorde. Ah! ce n'est pas sa grâce qui Vous lUanque; tuais vous la recevez dans tin ooear si plein de corruption et de misère, qu'elle n'y fait rien , pour ainsi dire , qu'elle n'y excite rien ^ c'est une étincelle de feu s qui tombe dans un abime de boue et de puanteur, et qui S'éteint dans le moment même qu'elle est tombée*

Kentrez donc en Vous-même, mon cher Auditeur, et comprenez toute l'injustice de vos prétextes. Vous vous plaignez que Dieu vous manquei, et que vous attendez sa grâce pour vous convertir : mais est-il Un pécheur dans la bouche de qui cette plainte soit plus injuste que dans la votre ? Rappelez ici tout le cours âe votre vie ; suivez depuis le premier âge jusqùes aujourd'hui. Le Seigneur vous avoit prévenu dès votre enfance Ae ses bénédictions : il avoit mis en vous un naturel heureux, une ame boâne, et toutes les inclinations les plus favorables à la vertu ; il vous avoit ipénagé, dans l'enceinte même d'une famille, des secours et des exemples domestiques de foi et de piété. Les miséricordes du Seigneur ont été encore plus loin : il vous a préservé de mille périls ^ il vous a fait survivre à des occasions , où le^ malheurs de la guerre ont vu périr à vos côtés vos amis , et peutêtre les complices de vos désordres; il n'a pas épargné, pour vous ramener à lui, les afftictions, les dégoûts et les disgrâces; il vous a enlevé les objets criminels de vos passions dans le temps que votre cœur y tenoit plus fortement^; il a conduit votre destinée avec tant de miséricorde 9 que vos passions ont toujours été traversées de mille

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ceux qui melWO^^^* «*» ^'' mi'il n'en coûte rien »le .1 an fond \ieal devenic le y,,i i ^ ■■ Jonc ilitlic;Ue , que parce qi.

qu'elle propose des Tnysit^rci cjni fous rénolte , p\utoi qi fous Êtes AoDc corconijiu ,

Eleneffel, malgré vos 1 l'incrédulité dècVarée tsi un c'est un sable moQ-wanï s.^' qui voua for\l liocveur, '"' où vous n' oseriez martli:r tous les joxira -vous-m^-iiif , qu'au ron,\ , qoaTïd il ne ^ «■hose après ceue fie. V I.rendre des mesnres , e> 'é* delà foi, 1^ '

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r ..KL AI D£ LA CONVERSION. 99

.4, passions à modérer; et Vous saurez si avoir la grâce ,

. 1 tir sans y mettre rien' du sien. Voycx s'il n*en coûta

à Augustin : quelà efforts pour s'arracher à sa beue,

la chaine de fer , (jui lioit sa volonté rebelle ! et cepen*

! cœur la grâce opéra-t-clle jamais avec plus d'abon-

rce quetian!|4esien? La conversion est donc tin sacrifice

baptême laborieux, tkh enfantement douloureux, une

-uppose des tx>mbats et des fatigues. La grâce les adou*

le ; mais elle ne fait pas qu'on n'ait plus à combattre :

fianger dë'vie, vous àttendeè une grâce de cette nature,

'are qu'il n'y en eut jamais; et que c'est être résolu de

l'attendre airfollement son salut et sa délivrance»

le prétexte du défaut de la grâce est injuste du c6té du i l'allègue, il n'est pas moins téméraire et ingrat par rap> u à quî il s*en prend* ^

is dites qiieDieu est le maître, et que, lorsqu'il voudra

îL saura bien vous trouver» C'est^^à-dire , que vous n'aves

^ser faire tout seul , et que, .sans que vous vous mettiez en

V oire salut , il saura bien , quand il voudra , changer votre

• st-à*dire , que vous n'avez qu'à passer agréablement la vie

.>laisirs et dans le crime , et. que, sans que vous vous en.mé'»

o y penser seulement, sans apporter à la conversion que

adez, d'autre disposition qu'une. vie entière de désordres,

••distances éternelles à sa grâce ^ il saura bien vous prendre

w»n moment sera venu; c'est-à«-dîre , que votre salut, cette

jtfaire, cette unique affaire que vous avez sur la terre, n'est

• vitt affaire; et que le Seigneur, qui ne vous a donné à conduire

:e-là, qui vous ordonne de la préférera toutes les autres, de

.^'er toutes pour vaquer à celle-là toute seule, vous en a pour-

solument déchargé, pour la prendre toute entière sur lui

ontrez-nous donc cette promesse dans quelque nouvel £van-

iv vous savez qu'on ne la trouve pas dans celui de J. C. Le pé-

dit un Prophète , n'a rien que d'insensé à répondre pour se

^r, et son cœur prend de mauvaise foi le parti de ses crimes

f* Dieu même : Stultusfatua loquetur , et cor ejusfaciet iniqui"

* , utperficiat simulationem ^ et loquatur ad Dominumfraudu-

r(^Is. 32; 6).

fin-, ce prétexte est ioaensë en lui-même. Car , vous dites que la - vous manque : je vous ai déjà répondu que vous vous tromque si vous /êtes de bonne foi^ vous'devez reconnoitre que la e ne vous a pas manqué; que vous avez ressenti plus d'une fois lapressiôns salutaires : qn^cUe auroit triomphé de vos passions ^ otre dureté et l'impénitence dé votre cœur n'y a voient toujours ^jo%é une résistance opiniâtre ; que Dieu , qui veut que tons les limes soient sauvés, qui n'a tiré du néant des créatures raisonnes « ga'afin qu'elles le louent , le bénissent , le glorifient; en un

loo III* DIMANCHE DE LAVENT,

mot f qui ne nous a faits que pour lui, vous a ouvert à vous, moffchey Auditeur, comme.à tant d*autres pécheurs, mille voies de couver-. 5ion, qui vous auroient ramené infailliblemeiit dans le droit chemin, si vous n'aviez pas fermé Toreille à sa voix lorsqu'il vous app^loit. La griace vous manque, dites-vous. Ëhbien, que prétendez -vous par-là ? Seroit-ce de donnera entendre que Dieu 9 qui est notre père, et dont nous sommes les enfans ; qui a pour nous une affection qui surpasse infiniment cellede la mère la plus tendre pour un fils unique; qu'un Dieu si bon nous laisse, faute de secours, dans rimpossibilité de faire le bien? Mais pensez-vous qu'un tel langage serdît un blasphème contre la sagesse de Dieu , et la justification de tous les crimes? Ignorez-vous donc, que quelque plaie qu'ait faite à notre liberté la chute d'Adam, elle nous l'a pourtant encore laissée; qu'il n'y auroit plus de loi et de devoirs imposés à l'homme , s'il n'avoit pas le pouvoir réel et véritable de les accomplir; que la religion , loin d'être un secours et une consolation , ne seroit plus qu'un désespoir et un piège ; que si , malgré tous les soins que Dieu a de notre salut , nous^ périssons , c'est toujours la faute de notre volonté, et non pas le défaut de $a grâce; que nous sommes tout seuls les auteurs de notre perte et ^e nos malheurs; qu'il n'a tenu qu'à nous de les éviter; et quemille pécheurs n'ayant pas plus de grâces et de secours que nous, ont rompu leurs chaînes , et rendu gloire à Dieu et à ses miséricordes par une vie toute nouvelle.

Mais quand ces vérités de la foi seroient moins sûres , él qu'il seroit vrai , mon cher Auditeur , que la grâce vous manque , il seroit donc vrai que Dieu vous a abandonné tout-à-fait ; que vous êtes marqué d'un caractère de réprobation; et que votre état ne sauroit être pire. Car n'avoir point.de grâce , c'est la plus terrible de toutes les situations, et le préjugé le plus certain d'une condamnation éternelle. Et cependant c'est cette pensée affreuse elle-même qui vous, rassure, qui justifie à vos yeux votre tranquillité dans le crime, qui vous fait différer votre conversion sans trouble, sans remords, qui sert même d'excuse à vos désordres ; c'est-à-dire, que vous êtes ravi de ne la point avoir cette grâce précieuse; que vous vous dites avec complaisance à vous-même: Dieu ne veut point encore de moi; je n'ai qu'à vivre, en attendant, tranquillement dans le crime; sa grâce ne viendra pas encore sitôt ; c'est-à-dire , que vous ne la souhaitez pas , et que vous seriez même fâché qu'elle vint rompre des chaînes que vous aimez encore. N'avoir pas la grâce, devroif être pour vous le motif le plus effrayant , le plus puissant pour sortir de votre état déplorable; et c'est h seul qui vous calme, et qui vous arrête*

D'ailleurs , plus vous différez , moins vous en aurez de grâce : car pli& vous différez , plus voSi crimes se multiplient, plus Dieu s'éloigne de vous , ses miséricordes s'épuisent , ses momens d'indulgence s'écoulent , votre mesure se remplit, le terme terrible de son indignation approche ; et s'il e»t jrrai que vous n'ayez pas assez de

DÉLAI DE LA CONf ERSIÔN. lai

grâce aujourd'hui pour Vous convertir , tous n'en aurez pas assez dans quelque temps., pour comprendre même que vous pyez besoin de conversion et de pénitence.

Ce n'est donc pas à la grâce qu'il faut vous en prendre, c'est à vous-même. Augustin, dans ses foibles .désirs de conversion, s'en prenoit-il au Seigneur du délai de sa pénitence ? Ah ! il n'/en cher* choit pas la. raison ailleurs que dans la fôiblesse et le dérèglement de son cœur. Je traîriois ,^ dit-il lui-niéme',' un pœur malade et déchiré de remords, li 'accusant que moi sepl de mes malheurs, et des délais que j'appprtois à i^ne vie nouvelle :«!fzç œgrotabam ^ etexcru'^ ciahàr , accus a'ns me metipsum ( Confess. L 8 ; ch, ii ^ /t. i ). Je me roulois daus^me^s pirôpres chaînes , sans faire aucun effort, comme si elles avoient dû se rompre d'elles-mêmes : Volvens ac versatis me in DÏhcalo meo , dçnec ûbrumperetur totum ( Ibid, ). Pour vous , Seigneur, vous ne cessiez de châtier mon cœur par des amertumes secrètes, y opérant sans cesse, par une sévérité miséricordieuse, de$ remords cuisàhs qui troubloient toute la doiicèur de ma vie : Et instabas tu in occuUis meis , Domine , severd misericordid flagella in» geminans timoris et pudoris [Ibid,), Cependant les amusemens da monde'que j'àvôis toujours aimé, et que j'aihiois encof-e, me retenoient : Retinebant me rkugos nugarUm antiquiie àmicœ meœiConfess^ L 8 ; ih,xi^ n. 2 ) ; et ih medisoicrit rôûtbàs : Vous allez' donc renoncer, à tons* 'les -pléisirr? Dimittis-ne nos- Ç Ibid,) 7 Dès ce moment ious allez donc dfire adieu pour toujours à tout ce qui a fait jus(Jii'îci toutTagrémcht dé v<yti«e'vîe?' jf momento istonàn erimus ttiiûm Ultrk in^eeter'rtiiih'' ( Ibid: } ? Qtibî !• désormiais il ne vous sera pîtfs perniis de Voiries* personnes qui ^ou* ont été tes plus chèrcà'r il (Wudra vous 'séparer de v6s *aniis de plaisir*, vous bannir de leurs a^seirtiblées , ^otii'iiheiNiiM l'es joies lés plus hhiocentes et toutes lès douceurs de îâsôBiéfô? '-<#Wowé«;o isïo'^mih 'tibi Hcebithoc et illud tdtrà'in cetemàhï IJbid, ) P/Mais ci'ô^éi:-^ouS pouvoir soût^enîf l'ennui d'une vie sfî'ttwe ; ai vide , si UnVé,' si différente de ceUe que vous avez j\isqnes ici mèhéé? P/iftw-wé- sine mis poieris ( IbifL ) ? ' * '

Yqila OÙ ce jvéç^^Ùr a., flçwi -touché ,..trouvoit les raisens.de se» délais pt d^e 5^,i;çsisUii9ÇS.,^<lans ^;q|:9>pte de renoncer .à ses passions;^ ft dç ne.{\ofiv(]^r^utcnir la démarche, d'iuine nouvelle vie^ et non dans le défaut de la gr^çe: et /voilà préci|Sément où vous en Mes , et ce que vous vous dites tous les jours en secret à vous-même. ,

Car. après tout^ iflîûpjpospps que la . gr$i(^e vous majique, qu'en concluez -vous ? Que lès crimes où vous vous plongez tous les jours , si la mort vous surprend dans cet état déplorable , ne vous damneront pas*? Vous n'ose'riè» le dire. Que votw n'avez qu'à vivre tranquille dans vos désordres, en attendant que Dieu vous touche, et qujei la graee* vous ' soit dowiée ? Mais il est extravagsfnt^ dl'attendre la.^ grâce* en s'en rendant tous les jours indigne. Que vous n'êtes p^s coupable devant Dien du <}<étai de votre conversion, puisqu'elle ne dépend pas de'vousi^ Mais tous les pécheUrTs qui diffèrent e( qui meu^

xoa Iir DIMASCHE I>E I/AVEISTTr

rent impéiiitens seroient donc justifiés, et l'enfer ne seroit plus que pour les Justes qui se convertissent. Qu^ Voi\j| ne, devez plus tous occuper de votre salut, et le laisser au h^ard sans-ygus en np^ettre en peine? Mais c*«st le parti du, désespoir et.de l'impiété. Que le i^oïnènt de votre cotiversion. est nîar'qué , et qu'un peu' plus ou un peu moins de dérègUemeht ne raya'ncera ou né le reculera pas d'un instant ? Mais vous n'avez donc qu'à vous percer le cœur d'un glaive , du vous aller précipiter au iniîiéu des oncles , sous préte^cte que le momenthe votre mort est màtqué , et que cétire témérité ne le hâtera et ne le retard^era pas d'un sefil instant. O homme ! s^écrieTÀpôtre , eu répondant à la folie et ,9 l'impiété de ce prétexte; est-ceninsi que . vous méprisez les ridiesses dé la bonté de votre t)ieu? Ignorez- TOUS que sa patience a ^oùlffrir de vos désordres', loin de Iesâuto« riser, doit vous rappeler àla'jpéhitence ? et cependant c'est sa Idngaliiniifé même qui vous rassure dans le crime ; et par' Vèndu'rcissenient de votre cœur, vous amassez un trésor abondant ije 'colère pour le jour terrible qui vous surprendra, et où il sera rendu à chacun selon ses œuvres.

La seule cp^séquçiiç^^en$é^ qu'il vous serogit donc permis de tirer, supposé quf^ la grâce vous majUque, c'est que vous devez prier plus qu'un au tf'e pour l'obtenir ; ne rien oublier pour Aéchir un Dieu irrité , et qui s'e&t retiré dé.yatre cœur^ vaincre paréos imporlunités sa résistance,; éloigner, en attendant, taiU ce q^ éloigne sa .grace.de votre coEturf lui prép^er If s ,ypiesf,écatJteir,tpU3.1çs- obstacles ,qMi yoi^s i/çint riendue jij^qu'^ei ioi^iilé; ,vous 'interdire lejs Qc;c^;sio|^3>Q^ votre iuAoçctnce trouve toujo]ai;s ^^^nouye^nx^éciu^eils^ ^t^qui ach^y^nt de fermer votre coeur ^u^ ^ainté? inspirations < ypilà u^e mao]^^ chréti^ne et sage d^ rew^j:f.^^te à Dieu «de^cg^e^seï'. qu'il est I9 seul mMire.dcs cœui;sl9- ejtoue tout don vien^t deJui. Maisde djire, f^om^e vQus ditc^s lou^ Ijçs JQ)irs ^ ^ns ri^a cb^^gjej^.è tos moQurs4ér sprdovtuées : Quani) Diei; voga^r^ çlemoiv <li5fi,aara ]^^(;|iane tf;Quy<er.; c'est dire : je nf veux poinUenéore 4e lui ^ je p^is jBjv^ore iiie.p^^ffîy de lui ; je vis heureux et tram^uille^ quan^d.il m,e,jÇorcera^.et que jjç ne pourrai plus l'éviter ,' alors je me rei^drai ; mais en attendit je jouira^i de ma'bonnle foftuHe , et du pnvilége' qiJ^W #'â!èci4rde* aé ^^ pars me convertir encore. Qtiëlle affreiise'^prépàrai^ifeif a éetVè grâce précipuse qui éhang'e le çœui*î Voilà poiirtà'At tôjit 'éfe, qui 'là fait at-^ tendre àyèc confiance à ràmié iYttpénîtenté. " * * '

Tels sont les prétextes que Je pécheur qui diffère sa conversj^on, lire du côté dé 'Dieu, Venons a ceux qu'A prenH datns'lui>mêmé«

... . • ' ' ''■• ■'< ■- ■!« ■•■ . ' 'î i it'f'

Il est étoniiafit , M. F. , qt^ U vie étant si oMtrtiB, le moment d&

1^ mort si incertain , tous les Instaas si précie^ic,' lescoaVersioiis si

rares, les exemples de ceux qui «o^t surpmSsil'nôqu^nS) l'avenir si

terrible, q^i puisse se fonner à soi-même mjçït de pjrét$;[te.s frivoles

DÉLAI HE L'A CONVERSION. ia3

pour différer de.cliaii^r de vie. Dans ton» les autres -dangers qui xneoacent ou notre vie, cm noire lioimeer, ou notre fortune, les précaatioas sont^prooiples et ^trésentes; il n'est qneie péril -quî^oît douteux et ëloi^é i ici le péril est certaîti et présent, et les précaurtioBs sont toujours incertaines et reculées. IlsewUeque'le saliit soit une cho^ ai'faâliiuîre^ ou que nôtre rie soit en tire nos mains , ou que le tempsL défaire péuiitence nous^it été promis , ou que mourir sans ravoir faite ne sèit pa^ un grand malheur ; si fort tous les pécheurs s*endorme!it tranquille meîit dàiis dette èspéranee* qu'ils se converti^ ront un jour, «ans^travàxllèr jamais àKibanger de vieî Et be qù*ily a de plu^ incompiéhensîble dai le délai deleurfiénitenoe, c'est qu'ils conviennent Itons tba^besmn qu'ils ont de se convertir, du mauvais état de lenr roua science; qu'Hattegavdent^onsoomme le 'dernier des malheurs de moàsir dans cet état funeste^ et cependant qu'ils diffèrent tous, d^ sortir sur des prétextes -^i puérils t que '1^ sérieux .même âelÂ42lùiire chrétienne soui&edeles réfoter et de les combattre.

li^âge ; lés passions , les suites d'ph changement de y le , qvi*oii craint de tie pouvoir soutenir : voilà les vains prétextes qu'on s'oppose à soi-même ,' pour différer la conversion que Dieu demande de

nous.' ■ "*^; ' .;'•;■/-. ' - - '!

^ Je dis premiereaieut l*âge» Ôn^v^ut laisser passer Jea, années Ae la Jeunesse, â laquelle un parti aussi. ^érieux que celui de la pi^ét^ qe.parolt pqs convenir : on attend une certaine saison de la vie où la pre* Tiiiere fleiir «c i«ftgè effacée, Ws'iiioéùVs flëv'^iiés 'plu'»'k^ifieu"ses, les bienlséàiié'eé j^Iit^'ëi^iitès , le iriàtiàe iotoM âttëritif siirilou^ , l'e^'prlt méme^lbs Mtt Jet ^s éa^âBlè'de ^ôWtètfit ceîte gr^ricïé entreprise, on s«prbtiiêt'â*^î-mérae qu'o'ii y frâVaîUérà, etguerîehnescràplus •capable •^rs'dfe'ricrtis en àétô'i/ra

'. Jkfaisil s^^pî^t nâti]|rçj dç ypi|i5,^eiT?4Pder.'d 'abord,, qui, vpiis a dit .que^voi^ aijriTreréz ^^ terme qjye. \;9us ypii? in^rqu,ez à.v9u?7n?.4pijB; que )a imori pé voua surprendra pas dans le cours.de cas années que vous des^^^iiieijéncôjcé au moiiJ^ et, aux passions^ et.qjie le Seigneur que.yous,ç^^eft^(i.que.v€^3 KBjçi du.jpur, u arriv/(gi.vpa*.dè* le juatin^eVlor^ue vovs y.pen^|5ff?;j/e.moin^? La. jeuncsse^esliTeHe.un garant j3Î^.?^F,cp^t'^nJampF.t? Ypy^,, sanjparlerici^çTec^ qui. arrive tous lef jpji^, ftu réside de^ liopimes,, s,i ^,wn» rej^fp^aft^ m^me .4ans le petit. p^ogabre de vos, amisJcL-dfi vps.proches-» ^911^ n'e^^lroiiverez ppiat à^ qui )a.}u^tice deDiei^ ai,t creusé un tpfop/^u d^^ Us.premièrês^aÂ^éfes4f$[lei:^r. course; 4^1 comme la fl^ur.de&.champ& aient séché du matin ^Uj Voir , etJie,yojLi$ aient laissé que le triste regr«t de voir éclpre une vie qui a été aussitôt éteinte. Insensé ! pn va peut-être au premier îbîit^'Vô&i^éaéinawdéty^^^ ànife : et ces pVôUïs decônversîoti que voùs^én^ci^fti k raveîîîr^''&è^uoïVousservirônt-iïsï et ces gi*àfcdes résôlùtiofis jûe v6us Vôïïs ptomcltez d'exéenter liîi jour , que chàngéi<oÂt-«llèk â ^ôtre wafliéur éternel , èi là mort les prévient, comme eîte lès pfévîem tous Ifes jours , et ne vtus laissé que le regret inulile de les avoir en vaiii fofnrées ?

10/i Iir DIMANCHE DE L^AVENT.

Maïs ]« Venx que la nort ne vous surprenne pas \ et je tous demande, sur quoi tous pronettes-TOUs ^neVkge changera Totre cœur, et vous disposiera pins qiké Tovis ne l'êtes aujourd'hui à «ne Tie non- Telle? L'âge changea-^! -«iMe cœar de Salomon? Ah! c'est alors que ées dissolutions montèi^éht au pins haut point ^ et que sa honteuse fragilité ne connut plus de bornes. L'âge prépara-t-il Saûl à sa con- Tersion ? Ah! c'est alors qu'il- ajouta à ses égarémens passés la superstition, riini>i^té, l'endurcissement et le désespoir. L'âge apporta-t-il quelque remède aux désordres de -Jésabol et de l'incestueuse Hérodias? C'est alotsqu'élles parurent plus ambitieuses, plusToluptueuses, plus atlenti^res à plaire que jamais; Peut-être en ayançant en âge; sortirez-^ vous de certaines raoeurstiéréglées, parce que le dégoût tout eeul qui lès fliutt, vous en aura retiré ;^ mais vous. ne vous convertirez pas pour cela': vous ne vivrez plus dans le désordre; mais vous ne TOUS ref^entirez pas, mais vous ne ferez pas. pénitence, mais votre cœur ne sera pas changé \ vous serez encore mondai^^ ambitieux , voluptueux,, sensuel; vous vivrez tr9nquille dans cet état, parce que vous n'âiirez'plus que touteslés dispositions de ces vices, sans vous "livrer à leurs excès. Lés années , Tes exemples , le long 'usagé du monde , n'auront servi qu'à vous endurcir la conscience; qu'à substituer une indolence et une sagesse mondaine aux passions, et à effacer cette iJetJsiHîlii:é''dé' religion que le premier âge laisse dans l'atne encore ' alors (Craliiliivc et timorée;' vous inour'rez impénitent. '

Et si vQu s croyez que oc soit ici un simple mouy€ii]^ef|L^,de «èle> et non une yepte fondée sur l'expériencis, examinez ce qui se passe tou,^ les jours à vos. y eux; voyez toutes les âmes qui ont vieilli dans 'le int>jnae,,çt q^e l'âge tontsei^l a retirées des plaisirs^ l'^monr du inonde ne meurt qu'avec elles; SQus des; dehors .di€fiéren4..ej( que 1^ bienséance seule a changés,, vous voyez le même goût pour )ç monde ^ lés'inêiiiés penchans, la'znéine i^îvâciiië pour les ^làisirï,"un Cœur jetiné eri^'Ore^ dans un corps changé 'et effacé. On rappelle' aVec coVà* plaisance leà* joies ^cs premières années; on ftritrevivre par Perrè^r derimaginsttibn' t^t ce que l^ge, et ils temps nous oiit ôté;*'on regarde aVecti^le une jeunesse florissante et les amùsemens ^tX \^. snivent;\ott eh^ prend tout ce qui peut encore coriipatir àyéc le.'sSrièux dè'soii'ëfâl ; 6"n'se fait des prétextés pour être encore dé certains plavisits'aVe^ bie«tôance,*et sans s^expôser à la risée publique. Enfin,, à mesure queie monde s'enfuit et nous échappe, on' ebtirtà|itèé \iA a v«ç pins 'def gtonàt que jamais ': le lon^Tisâgeqii*oif énr Ait,* "n'a serti -qu'à nous lerendreplusnécesbaire; et nous mettir'elibrs £Pétatdex)ionB en passer ; et J'âge n'a point fait encore de côtiTersnm. ' ^ ' '' ■

Mais qu^nd.ce malliçui:. ne sçjçoit. point à craindre j le Seigneur n'ést-il pas le Dieu de tous les temps et de tous les âges ?' Est-il un seul de'nos jours qiji ne lui appartienne, et qu'il nous ait laissé pour le monde et pour la vanité? N'est- il pas jaloux même des prémices de notre coei^r et de n^olre vie, figurées par ce* prémices dès fruits de la terre que la loi ordonnoit de lui offrir? pourquoi lui retrancha-

DÉLAI Ï>EI/A. CONVERSION. :ia5

riez-vous donc la plus belle partie de vos années pour la consacrer au déniou et à ses œuvres ? JLa vie est-elle trop longue «-pour être toui« entière employée à la gloire du Seigneur qui nous Ta donnée ,^t.qui nous en promet une immortelle? le premier âge est-il trop précieux pour être consacré à, mériter. la possession éternelle de TËtrejiPnver* rain ? Vous ne lui réservez dqnc que les rester ç.t le, rebut de vos pat.sions.et de votre vie? et c*fts% comme si Vous }ui disiez : Seigneur, tant que je serai propre x^ Vip^àe et aux plaisirs, ti^atten^ez p9s qup jerevienne àvous et queje vous cherche; tant quele monde voudra de moi, je ne saurois me résoudre à vouloir dé vbûS.; quand il commencera à m'oublier, à m'échapper, et que je ne pourrai plus en faire usage, alors je me tournerai vers vous, je vous dirai : Me voici; je vous prierai d'accepter un cc^ur que le monde rejettera, et qui sera itiême triste delà dure nécessité où il se trouvera de se doùnèr à vous ; mais jasqaês-Ià n'attendez de nioi qu'une indifférence entière et un oubli parfait ; au fond vous n'êtes bon à servir, que lorsqu'on n*est plus soi*niéTne bon à rien ; on est sûr du moins qu*on vous trouve toujours, foàs les temps vous sont les mêmes : mais le monde 9 après Tine certaine saison dé la Vîe, oh n'y est plus proprja, el^l faut se hâter d'éh' jouir avant qu'il nous échappe, et tandîi' qu'il est eri(rore temps. 'Aine indigne de conf^ser jamais les miséricordes d'un Dieu qfte vous traitez avec tant d'outrage ! et crbyez-vbus qu'alors il acceptera des Vonirn âges si ibi^cés et si honteux à sa gloire , lui qui ne veut qtfe des sacrifices, volbntàii'es; Iiii qui n'a pas besoin de Thomme, et qut loi fôit grâce Tèrs hiêmè 'qu'il accepté ses Vcéùx les pXàs purs y et ses hoinniàges les plljs sincères? ' * '^' ' ^

. L(Q lWPph^e:lsai&:ip«ii}i^t:Auti^0isenietfttarmesraGe^ roi«iit de vaines idoles : Ycms prenez-un dèdoe^sorèélibcinv lejDfD'di-^ soitriiU vpus* en reijpai^b^'l»;pl^ua beile^et la* mf^Uenré partie^tNCtas foumij^ à vos besoi<w».9 À vos pkisijrs, au;lu«é etâ riomem^ât^de^voa paUisf «t q^nd vouS'iuQisavet&plus'à quoi emilto^earbe qui ^ooa irctste* .vaut ^A£idt^Maev9iaeidQlei».eii vous (ui>0âf«ii?de«v]aBax et de^-rbofn» j|aiAg€». ridicules kMi.es r^Ufhn/f^s idolmnJSfipimn\{h^. 44; 19 ). £1 voilà ce que je puis vous dire ici à mon tour : Vous retranchez de.votr« vif5i^*rp|i^;belles.çJt.iç^,pljttSi Pojrissq^ntes anf^ées^-po^r satisfaire; yos «oAj.» ^cfivq^ passions. TOftlt^^ Çiq,'»^nd yj^siie^s%Y«*iPlttaffineiusag«

D|aisir4^^alp^s vous. en Ça^tcA^une idole, vous \r faites servir à la .ic«^ ligiouf vpijLsyous en formez i^ae^ertufaus^e^ ftup^f^elle^.inanim^a & lflû[|ueUe.vpus con^acrçz ài^egret les rest^ dk.yi^s pi^stsions et:de vtp» désocdrés. Êt4^re^^QèJ4if.\fi9lum.fa^ e&t-ce.^jr^c

là vouâ^ ^eg^rdef ^i^>?^|9>up.',I^eu jaloux qu jin^ ^^h^'l^gère da9s.les» oH^miàk l^ plus piu:^ ^^\^ et, offense |« pu. qpipai^.iAi^e vain^ idpl^ qui nê'^eMfir.oit pas riadig;»ité et U ^imulatioA des,l^pmmages,qju'pQ lui offre ? ^i de reliquo ejus idolumjaciam^

Oui f M« F. ,. ou ne 'xefuiejdl^. dan«N un^g^^avance, que. oe q«*Aa « •cmélea prenièires w^h^ d€ la-vie^ V9Hr;5^j^efl;.fi9i¥î l%C9rç«%pîioi^

lo'g IIP l)i]yrANCHB DE L'AVENT.

dît l^Ap6tre, vour moissonnerez dahis la corruption : vous le âltén tonsf lés jours vous-^mémés, qu'on meurt toujours comme on a vécu; que' les caractères ne diangent point; qu'on porte dans la Tieillessé téûslés défauts et tous les penchans du premier âge; et que rien n'est jilvti beureux qbé de se former de bonne heure des inclinations louahteîi, et dé s*accbutume)r, comme dit un Prophète y à porter le joug du Seigneur dè& une teiïdfe jeunesse iBônum est viro, cùm portaveritjugum ab adolescentid sud ( Thrèn, '3; 27 ).

Et en effet 9 M. IF. , quand nous n* aurions égard qu'au repos seul de notre vie ; quand nous n'aurions point d'autre intérêt que de nous préparer même, ici-bas des jours heureux et paisibles, quel bonheur de'prévenir d'avance, et d'étouffer dans leur naissance, en se tournant d'abord à la Vertu , tant de passions violentes qui déchirent ensuite le cœur, et qui font tout le malheur et toute Pamertume de noû'C.yie! Bohum estviro ^çùmporiayeritjugum ah ndoiescentiâ sud^ Quel bonheur de n'avoir mis en soi que dés idées douces et innocentes, de s'épargner la funeste eiepérience de tant de plaisirs crimii^els , qui corrompent le cœur pour toi^ours,.,qui souillent l'imagination,, qui nous laisseift mille iniages honteuses et importunes , lesquelles nous accompagnent jus^ues dans la vertu, survivent toujours à nos crimes, et en .deviennent souvent de nouveau^iw elle^-mémes ! Bonum est. viro, cum pqrtaveritjugum àb a^Qlescçntid J/^^/Qnel bonheur de s'iâtr^fait 49ns ses premières ^années dçs pl^i^iirs i^iioc^s pt tranqjaijljea^, 4'>»voir accoutumé le cœur à s'en contei^t^r; d^ n'avoir pas çof|tr;icfeé la triste nécessité de ne pouvoir plus- se' passer des plaisits yiole:|is et criminels ; et de ne s'être pas rendu insupportable , par un long usage ééé^fiaBftioi» vîve»«t tBHmltizéûftesv'ia mucKWr et la trtiiquîtlM de la: vertu evàeVkkxuKeKceVBomanwf nroi citm porîMûr/^)ti^)n vih éukfiescentid sué^ Que. éeS'pveioiiàvels. années paMéBs daiià ta i^Édeur et dahs l^faocreiièi du: vlD&,i attirent de graee» sur tout It tdstC'de^ la vieb^a'elkîS'neiidenti^e Seigneur attentif à tootes nos v(ti«tt t et ^*«lt^ nocMtrendènt noiT»«iiièmcU)ob}et bien^aimé des«s «oitis «t éë s«à«fiBiiBrplaisances pa tériiellies 1 Bemam er/ vira, çimportàifeniJitguinYil^'^SÊ^f-teéeentid^ttdi' ♦ • • ' -^n- ? .m..-..-»: *•

^ mk\% on eonVitdiit , âil!*è£t^btfs; qtf^l éit héit^etix dé s'êti^'»«flh^ & SHèfiéde bdn^eilietffe, et d'^f ol^ pu ih p^êiiifèi^^^^é tàxii rék'iii'coh^^f. fitcfesde 1^ «t'd^s plaisits. liais on A'^eri e\5fi«s là ï'ôh'ii ittîVità rdè^ ôrditi'àité vtekbrréht^dii HaàMëéiÀtà 'pktàtsài-à^i'&eik'kHié^

fiVe^&wà ét^ftUi'ètf ftë^ké^ i^étigagèrS^lufi^d^h^-aé hb«ireâàiê^i(n«v %ï dtt iVi t-ahgëfb^»ti¥d^bbn au âeVoir li'k \k ¥ë¥éii.9écohd f>'i^rmé i \Mi pstièùs'ët4ëir'éh^â^àié^'doné bù'^ë'pi^'^cbté^^^ttitr.'' ' .'•

Mais, premièrement , cette situation plus favorable que vous at-> tpftd«B»pdHi»'Wve«il^ k'BVèvL, «téèM-yiiû^ birtl**i;ùrq^*elle active? Qiiî v6<«s'ft^y€vé]é'lè^6cKlFa'(ft'^ht^â6rée d<fs pârssiofhs qui vous arrêtent ac-

.IVÉJiAl DE LA CaNVERSIOiy. 107

•tiiellement? Quijeui! a marqué un terme j et leur a dit^ conirac le Sieigneur j^ux ilôts d'une .mer agitée : Vous viendrez juacpi)e»ilà, et TOUS y verrez briser votre impétnosilé et lafttKear.de'Vos 'va^uss? Vsque hue venies (Job^ 'ZSy 'ii). Quand fiiiiront*eUes»'.leaaaYe£»4«n6u8? Pouvez -vous répondre qu'elles finifoot «uljour? quelles (fiosioiit dm .moins avant que vùafS»fini$siez .vousi^méme? Sericz-ivous' le pnemaer pécheur surpris, dftiks «es .-.pasaÎDiM déplorables ? Tons les bammiCK presque qui meurent à vos yeiix, ne meurent.-ils pas dans ce triste^état ? meûrt-on autrement dans lemondé? les ministres appelés au secoure de^iiioiirans itôuvéntils au lit de la mortlieàucoup de pécheurs, qui depiïislohg-t'éhips (:^ùittes dé leurs habitudes se préparoient a cc^der' nier moment ? Qu'y trouvons-nous, qucdés amès encore'liées dfe mille cbafnes, que la lAaort séiil^e va .dissoudre? que Ides consciences i^explicàbïés, si j'défe pjrrîêr ainsi, et encore enveloppées dans le chaos d'un-é vie toùtfe désordonnée? 'Qu'y ehÉénàoris-hbus , que dés .recels inutiles sur éetteterk^îble' surprise, et de vaines protestations qu'on athroit pris d'à'ujtres nfesùrès si Ton avoit pùl'a prévoir? Quels sont les «oins ordïna'irés qui occupent notre ministère dans ces ,dérniei> mo'mehs ? D'éélaitcîr des consciences, que nous ne devrions^lus^alor{^ que consoler ,5 d^àî<ièr à rappeler des crimes', que nous ne devrions plus alo,rs qu'èifibfter a 'oublier; dé'fojre expliquer au pécheur mou* tant ses désbrjlrés , nous qiii devrions alors le soutenir et ranimer par le sX9\^vehir d'e'ses vertus.: eh un môtj d'ouvrir les abimes <ï.ê ^pn cçeur^ notfs qui ne devrions plus ouvrir alors  l'amé prête £ se dégager, de son corp^ ,^ùé le sein d^Albrahâm et les trésors d'une gloire. i^mpr^ telfc, Vôïlà les tristes oiËces que' riôiis, vous rendrons peut-être un 3Ôîir : V6ÙS n6ùs appellerez à yôtrétoùV; <^t aiTliéu *(^^ bons âurjoiis d4 nons consoler 'à lors 'avec vous ,'én vôiis éntré'tenant des avantagés que |]ff^a(e« tu¥ièèlfé>miki tfUÈkté iilwt;"ili<^tfsti&seti(yM àçètfpës tqu'à *voiMs )ftiim )»a«»fatèl^1««it;ifîiaèls de m»Té "Vt^; '--

:ifàisqfiiaMd««m|»flhsi)(>k)»ri*ir^eÀt^a^ p1fi»v«<ISidifl^ét<ez,'y(«$ tcws jtt^ éfi^pt^^smAti^ta/éitiH da Ai lé ci'iiiie j ptoy voisefadlDèi foiimënt «dk nobv«aait répTi^ «n^votté cééUV'^ pfiî^'ciB lèvaiftdte «errriiL|il»iOtt>qué vo«8p<]V«<fz'an d^édan^y d^Vou^ , ^'tKl^të; •'étend, ai^*^ %o#r«nfp€ ion«e la^^kéltétlë'^àitre'ttAfè:' Jug^z-'êh

toriem <d'iÉKwA qtté* dei^1â)'élrté6 tïmi^iT^ e^ ô^;'pôVit if^ftMéalM^r^^ voiis<^rohtezieil<M(^eiiiie<jttibre 'â^nndtfekte) cb ù'^Qrfeh't'^èa^Re qp^iBa^jftclftdiis;d«tttétl«ei;y -«ft «ùmètfstfViéz encore pe^ê à^iAé;iÀë!^r leerime d«ta>iim«le)»iteiise; l«^létfèï^rein#iît die^yrésy^Ma^^ eèrnÉâ^^és Mà-étoéMM'étftope irffréè ï Vonis vt>u^ lèst^rbéMee 'ifniiii^ I6t ^ v^fM-wâinei tetf»if«>pimviél:flé^ tbitiK

cimrce emiove é&tdjét â< Hôn état. Iil^éii'sibl'ément lès chiàïëê se 'édài mttltiptîées; Itàéêùtéte est devenu ttÀ^§(ftt€jfeWiiAbfrQèï;%*tdlk^' cieivee n'a |Àaf «rîé ^el^blément hùMté VévA^eéél^'^piiUaé^lë cnriievo«iS'estd>eV«mnécessiak%| iliiVpliisiN$liekléd«TettioiHaii; ^àWi t'avez avalé comme de l'eau, qui coule sans se faire sentir y et' ^ntf )>iqtifer â^ancmi goja; ie ^^a^a ^patxm «Ae paswv f'Um vMi ft^ùcéz ,

io8 ïir DIMANCHE DE L'^AVÏWT.

plas le venin gagne ; plus un reste de force que la pudeur , que raison, qfi« -la grâce avoit mise en tous, s'affoiblit; plus ce qui ëtc encore sain dans votre ame, s*in£ecte et se souille. Quelle Folie doi de laisser vieillir et corrompre des plaies, 'sous prétexte qu'elles s ront plus aisées à guérir! et que faites-vous en différant , que rend: vos maux plus incurables , et èterà Tespérance de votre con-versior tontea les ressources qui pourrotent vous rester encore ?

Vous vous flattez peut-être sur ce qu'il n*est pas qe passions éter nelles, etque le temps et le dégoût en font revenir tôt ou tard« A ce! je vous réponds, premièrement, que vous pourrez bien à la Térit< vous lasser des objets qiii aujourd'hui vous captivent , mais que vo* passions ne finiront. pas ppur^cela. Vous pourrez bien vous formej de nouveaux liens *, mais vous ne vous formerez pas un nouveau cœur. Il n'est ppint de passions .éternelles , je rayoue^'mais la corruption et le désordre le sont presque, toujours : les passions que le dégoût tout seul fiiitt>, laissent toiiioursle cœur tout prêt pour une autre; et d'ordinaire c'est un nouveau feu qui chasse et éteûitle premier* Rappelez-vous vous-même ce qui vous est arrivé jusqu'ici; vous croyiez (ju'un tel engagement fini, vou^ seriez libre et en état de revenir à Dieu ; vouvmarquiez a ce moment heureux le terme dé yo$ désordres., et Iç commencement de votre;'pénitènce : cet engagement a fini, la mort , rinconstahçe , te dégopt, pu qùelqu'autre accident l'a rompu; et cependant vous ne vous étps pas cbnvemi \ de nouvelles occasions se sont présentées ;; vous vous êtes. formé de nouveaux liens; vous avez oiiblié vos premièries résolutions;^' et votre jdériiier, état est devenu pire que lé premier. Lès passions que la grâce n'éteipt pas , né font que rallumer le cœur pour des passion^ nouvelle^.

Je v.puj% |'^ponds„ secGn4<;ni!ent : Quand même to«s vos engagemeîis criminels seroient fifiî^ ^ .qjiand il n'.^ auroit plus d'objet -parti^uJiier^ix>GCttp&t votrecœur$ si le tempset le.dégi»àl tont. seul. vous op^m^nélà, vous n'en ser^^ pas plus avancé pour. TOtre conversion. yoJll^ tiet^dvez encore, à tout^ en-ne tenant plus, à rien : vous vons tfouyerez c^jusun certain éti^t vague d'indolence «t d'insensibilité, plus /élpign^j^u foy9ume,dciiPÂeUi»<qne la vivacité: même <k8 passions insensées ^Ypire cœur Jiitire.dfi iMnaipn particuliève ,*sera comme plein d!i|B|e,|]^lfUL9n univ«rsem , jà j:'ipsê parier ainsi, d'un grand vide qui roç/QOfierajtoBt entier. Il vp«s,aera même dlautant plus difiSieile de sortir ijo- <;ç^ état, q44e.ypi^.n'#fiif'ex rien de marqué, à qnorvojBS pPieudre;.yousv4>ustrpu|vereas9^ns force, san^goàt» M03 «acun.sen^ timc^t^onriesalut^ .etWd^fl$it.d'oibjet., en.v:oiu$laiMant]Miiaitran.

W?y ® i!<M|f j^ iCréature> ,, îiele w qp'iwgmopl^^ ]\ouf 4e§icigiiei»r^ C'est ui^palmç dont vous amrezplnljâe peine à vous tir^ qiie-ipi^JLa teinp^l;e Jiiénfi^ ^iç%r le9 mêmes y.çni» qui îormeat To- ^98^^fl^^f1^^^<'>^ F^r.jiin coup heureux peuvent ap^isjieter daas le pprt.; jnaiMeca^e, pins il «s|: gra^d^ plus il cond«it sj^remeat au Wufr^e., ^^ ..^ j .

^ Maiareofio, ojDLYondrmtbîeiLx^haçger) et prendre le paiii d'uoe

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