DELAI ITE LA CONVERSION
yfie plas raisonôable et pl^s chrétienne. 'On sent le vide du monde et des plaisirs ; on se prêté aux amusem^ns et à une certaine dissipa^ tioA sans goût et comme à regret ; on sonhaitcroit d*j renoncer et de trayaiiler sérieusement à son salut.: mais cette première démarche fait peur. C'est un coup d'éclat qui nous engage envers le public ^ et qa'on crs^nt de ne pouvoir soutenir : on est d'un rang où le plus petit changement sera remarqué^ et l'on craint de n'aller donner, comme tant d'autres, qu'une scène qui ne durera pas, fit qui ne nous laissera que le ridicule ie la.dévotion , sans nous en. laisser le mérite.
Tous craignez de ne pouvoir vous soutenir, mon cher Auditeur? Eh quoi ! en différant de vous convertir, vous vous promettez que I)i^ vous touchera un jour; et en vous convertissant aujourd'hui , TOUS n'osez vous promettre qu'il vous soutiendra ! Vous comptes sur ses miséricordes en l'outrageant , et vous n'osez y compter en le glorifiant ! Vous croyez ne rien risquer de son côté en continuant à l'offenser, et vous vous en défiez en commençant à le servir! O homme ! où est ici cette raison et cette équité de jugement dont vous vous piquez si fort? Et faut-il que sur Taffaire de votre salut seule- . ment , vous soyez un abime de contradiction , et un paradoxe incompréhensible ?■ '
D^aîlleurSy n'aûrions-nous pas raison de vous dire : Commencez toujours; essayez si cneifet vous ne pourrez pas vous soutenir dans le service de Dieu? La chose ne vaut-elle pas du moins la peipe d'être tentée ? Est-ce qu'un homme que la tempête a jeté au milieu de la mer, et qui seroit à Li merci des flots, et sur le point d'un triste naufrage , ne tente pas premièrement s*il pourra aborder au port à la nage , avant de se laisser submerger aux ondes ? ne fait-il point d^efforts?n'essaye-t-il rien? se dît-il à lui-même pour ne rien tenter : Peut-être je ne me soutiendrai pas; les forces peut-être me manqueront en chemin. Ah I il essaye ^ il fait des efforts, il combat contre le danger , il va jusqu'au dernier mQmeht de sa force, et ne succombe enfin , que lorsque gagné par la violence des flots il est forcé de céder au malheur de sa destinée. Vous périssez ,mon cher Auditeur ; les ondes vous gagnent ; le torrent vous entraine : et vous balancez si vous essaierez de vous sauver du danger ! et vous mettez à«5onder vos forces , les seuls momens qui vous restent pour pourvoir à votre sûreté ! et vous perdez à délibérer, un temps qui ne vous est laissé que pour vous dégager du péril qui presse , et où tant d'autres périssent à vos yeiix 1
Mais enfin , je veux que dans la suite les difficultés de la vertu las* sent votre foiblesse et que vous soyez obligé de reculer. Toujours auriez-vous du moins passé quelque temps sans offenser votre Dieu; toujours auriez-vous du moins fait quelques efforts pour l'apaiser ; toujours auriez-vous du moins consacré quelques jours à bénir son saint nom ; toujours ce seroit du moins autant de retranché de votre vie criminelle , et de ce trésor d'iniquité que vous amassez pour le jour terrible dés vengeances ; toujours vous seriez -vous acquis le
tio IIP DIMANCHE DE L'AVENT.
droit de représenter à Dieu votre foiblesse 9 et Ini dire : Seigneur*, TOUS Toyei^ mes désirs' et mon impuissance ; quen'ai-jeuncœur plus constant pour vous , 6 mon Dieu! plus ferme dsms Famour de la vé* rite , plus- insensible au monde , et moins -aisé à se laisser séduire! Fixez )' Seigneur , mes incertitudes et mes inconstances : 6tes au mondé 1- empire qu'il a sur mon -cœur ; reprenee^y vos ancienf droits ; et ne m -attirée plus à demi , de peur que je ne vous -échappe encore* * Les variations éternelles de ma TÎeme couvrent de hontes Seigneur, et font que je n -ose plus* lever le» yeux vers vous , et vyus promettre une fidélité constante. J'ai si souvent trahi là-dessus mes promesses, après vous avoir juré un amour éternel , ma foiblesse m*a si souvent fait oublier le bonheur de cet engagement , que je n'ai plus le cQa^ rage de vous répondre de moi-même. Mon cœur m'échappe à chaque instant; et mille fois au sortir même, de vos pieds , et les yeux encore baignés de larmes que la douleur de vous avoir déplu m*a« voit fait répandre, une occasion m'a séduit, et les mêmes infidélités que«je venois de détester ; m'ont retrouvé comme auparavant foible et infidèle : avec un cœur si léger et si incertain, que puis-je vous assurer, grand Dieu ! et qu'oserai-je me promettre à moi-même ? J'ai cru si souvent qu'enfin mes résolutions alloient être constantes : je me suis trouvé dans des momens de grâce et de cAiponctîon si vifs et si touchans , et qui sembloient me répondre que ma fidélité seroît éternelle; que je ne vois plus rien qui soit capable de me fixer , et qui puisse me faire espérer cette solidité de vertu , à laquelle jusqu'ici je n'ai pu atteindre. Laissez- vous toucher , Seigneur , au dan* ger de mon état : le caractère de mon cœur me décourage et m'épouvante ; je saif que l'inconstance dans vos voies est un préjugé de per- ' dltion , et que vous maudissez dani vos Livres saints , les âmes în-» certaines et légères. Mais , Seigneur , tandis que je serai encore sensible aux saintes inspirations de votre grâce, j'essaierai encore de rentrer dans vos voies^ et si j'ai à me perdre, j'aime encore mieux périr en faisant des efforts pour retourner à vous , 6 mon Dieu ! qui ne permettez pas que l'ame qui vous cherche sincèrement périsse , et qui êtes le seul Seigneur digne d'être servi ; qu'en cherchant une affreuse tranquillité dans une révolte fixe et déclarée, et en renonçant à Pespérance des biens éternels que vous préparez à ceux qui vous aiment. Jinsi soit-iL
DISPOSITIONS A LA COMMUNION. ime
^ ■' ' ■ . '■ "■■■"■ I lU.I J ^t. ■>■ Il ■ <■
SERMON