‹ Œuvres de Massillon, ci-devant prêtre de l'ortoire, évêque de Clermont l'un des quarante de l'Académie FrançoiseChapitre 36 sur 131 · QUATRIEME RÉFLEXION · texte numérisé non relu

QUATRIEME RÉFLEXION

TooTXS les fois que vous mangerez le corps et que vous boirez le tf«9g dtt Seigneur i tous annoncerez sa mort jusqu'à ge qu^il vienne.

ii6 IV* DIMANCHE DE L'AVENT.

Coinment cela? à la lettre on annonce sd mort, parce que ce mys-^ 1ère fiit un prélude dé sa passion; parce que Judas y forma comme la dernière résolation de le Hvrer ; |)arce qwe J« C; jeiâkftiMèée souffrir ce baptémo de sang^ dont il devoit être iMiptisé, en pvéYÛ»! Kacocymplissement ,, et d'avancé s'immola lui^mé^ie par la séparailou nrfstiqae de son oorpact dt soa sang;» parce que l^Eucliaristie est le sacrifice permanent d«l'£gliae « le fruit et la plénitude de celui de la croix ; parée qvt^eitfia I. €. j est adtime dans un étfit de mort; il a une bouche , &t ne parle pfas; de* yeux , et ne s'en sert pas ; des pieds V et ne marcliepas. Maia, M. F. f en ce sens-la lUnapie comme le Juste» annoucesa mort toutes lés fois qu'il mange son corps : c'est un mystère , et non pas un mérite ; c'est la nature du Sacrement , et non pas le privilège de celui qui le reçoit ; c'est une supie de$oa ins-r titutioa , et non pas une disposition pour en- approcher^ Or , led.es~ S4fîa de ^Ap6tre est ici de prévenir les alHlB , d'apprendre aux Fidèles à manger dignement le corps du Seigneur v de leur dév^opper dans les mystères qiie renferme èe Sicrement, îes.dlspositibns^qu'il demande. Il y a dénie cme manière d'annonoer lai mort' du Seigneur, qui doit toute se paeser dans nos cœurs ,. qui nous dûppae^ qui nous prépare, qui assortit la situation de notre ame à la nature de ce mystère, qui nous fait porter sur notre co^s la mortification de J. C. , qui nous immole efe nous crucifie avec lui. Reprenons toutes les raisons que nous avons touchées , et changeons la lettre en esprit.

On annonce la mort du Seigneur en premier lieu « parce que ce mystèrefut un prélude de saPassion. Dans ks premiers temps, l'Eu^ charistie étoit un prélude du martyre. Du moment que la fîirenr du tyran s'étoit déclarée, et que la persécution. eommençoit à s'élever , tous les Fidèles oouroient se munir de ee pain de vie : ils enfipor^ toient ce cher dépôt dans leurs maisons; la mort leur paroissoit moins terrible, lorsqu'ils avoient devant leurs yeux le gage précieux de leur immottalité; ils la désiroientméme; et léë consolations ineffables que la présence de J. C. caché sous des voiles mystiques, ré* pandoit déjà dans leur ame, les faisait soupirer après ce torir^nt de voltef^té dont il enivrera ses Elus , lorsqu'ils le verront face à face, £toient-ils traînés dans les prisons, ohai^gés de fers comme les scélérats, eux, dont le monde n*étoit pas digncf, ils caohoient avec soin dans leur sein la divine Eucharistie; ils s'en nonrrissoient dans l'attente du martyre; ils s'engraissoient dé oet^e viande céleste, comme des victimes pureè y afin que leur sacrifice fut plus agréitble au Seigneur. Des Tierges chastes, des Fidèles fervens, dfs Ministres saints participotent tou$ ensemble dans «les cachots au paiu debéné* diction : aussi quelle joie dans leurs chaînes ! quelle sérénité dans ces lieux sombres et affreux ! quels cantiques d'actions de grâce dans «es demeures lugubres, où les yeux ne retrotzvoient par-tout que de tristes images de la mort, et les préparatifs des plus cruels supplices! Combien de fois dîsoicnt-ils k J. C. présent au milieu d'eul dans ce Sacremcpt adorable : Ah I nous ne craindrons pa^ lesmaux^ Seigneur^

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