‹ Œuvres de Massillon, ci-devant prêtre de l'ortoire, évêque de Clermont l'un des quarante de l'Académie FrançoiseChapitre 42 sur 131 · DIVINITÉ DE JÉSUS-CHRIST · texte numérisé non relu

DIVINITÉ DE JÉSUS-CHRIST

la terre,. promis depuis tant de siècles, annoncé avec tant de pompe ^ désiré de tous les Justes, montré de loin à tout lUnivers comme son tuiiqpe ressource , dcToît donc le corrompre et le pervertir pour toujours? Cette Eglise si féconde, dont les Rois et les Césars à la tête de leurs Peuples dévoient être les enfans , ne devoit .'donc renfermer dans son enceinte qu'un petit nombre d'hommes odieux au ciel et à la terre, là honte de la nature et de la religion, obliges de cacher dans les ténèbres l'horreur de leurs blasphèmes? et toute la magnificence future de l'Evangile , devoit donc se borner à form^ la secte affreuse d'un impie Socin ?

O Dieu ! que la foi de votre Eglise paroi t sage et raisonnable, lorsqu'on l'oppose aux contradictions insensées de rincrédulitél et qu'il est consolant pour ceux qui croieut en j. C , et qui espèrent en lui » de voiries abîmes que se creuse l'orgueil , lorsqu'il entreprend de se iîrayerdes routes nouvelles, et dé japper fe fondement unique de la foi et de l'espérance des tChrétiens.

Toilà, M. F. 5 cqjfiïxj^^ la doctrine de J. C. , pçir rapport âvaw Père, établit la gloire de son éternelle origine* Aussi, lorsque If s Prophètes parlent du Dieu du ciel et de l|i terre , les exp^ef sipns.man* quent à la grandeur et à ]U magniâcence de leurs idées. PlejLns ^e l!ii9mensité^ de la touterpuissance et de la ipaje&té .de i'Etre-Suprém^, ils épuisent la fojlblesj^e du langage lium^in, pour répoivdre,à la sublimité de ces imag^s^ Ce Dieu « c'est iselui qui mesure ItsJt^asai de la mer. dans le creux de ,s^ main, qui.pè^ 4^ montagnes dans aa lialance, qui tient entre ses mains les ifoud;res et Les .tempête^; qitî dif » et tQ^t est fait; qui se JQue, en jsouten^i^t rXJniver#. De ^i«i|^es hommes dévoient parle»^ ainsi de la gloirie d^ Très-Ha^t : la diaproportion infinie qui se trouve entre l'imme^silté de l'Etre Su^^e, et la foiblesse de J'espf it humain , lloit Je frapper, l'éblouir, Je «eotifondre; et les termes les plus pompeux ne ^e s^nt jamais assea, p9iu: suffire à son admiration et à sa aurprise. ,

Mais lorsque i» G. ^adç de la gloire «lu Seigneur, ce ne sont pluir ees expnesstons .poviqpcasea des Prophètes :il l'appelle un Père saint, un Père juste, «n Père clément ; un Pasteur qui court après la brebis égsBsée, et qui jamet avecibonté sur ses«paulea : un ami qui se laisse TJKirore par les importunités de son ami ; un Père de famille èoHthé du tet43mt et de la -rési)}iscence de son fils : on vtoft bien que c^ést ici uwL en£int qui parle ijin langage domestique ; que la familiarité et la simplicité de ses expressions supposent en kii une sublimité de eofinoissance, qui lui rend l'idée de l'Etre Souverain familière, et /ait qu'il n*est point frappé et ébloui comme iious de sa maiesté et de «a gtoire^ et qu'enfin il ne parle que de qe qu'il voit à découvert^ et qu'il possède lui-même. On est bien nioijis fi^âppé deTéclat des titre^ qu'on a portés ^ pour ainsi dire, en naisj^ant : les.ejafans des Roi^ parlent aimplenient de^ sceptres et des couronnes ; et il n'est aussi que lé Fils éternel du Dieu vivant qui p.ui9se parler si familièrei|i^ de la gloire de Dieu même, .4

i6e LA CIRCONCÏSIOir.

Voilà, M. F. 9 puisqae noas entrons en société avec J. C. de tong ses avantages , le droit qu'il nous a acquis de regarder Dieu commenôtre Père^ d'oser nous dire ses enfans, de l'aimer plutôt que de le craindre. Cependant nous le serrons comme des esclaves et des mer-cenaires : nous craignons ses châtimens; nous sommes peu toucbé» de son amour et de ses promesses : sa loi si juste, si sainte, n'a rien d'aimable pour nous; c'est un joug qui nous pèse, qui nous fa\t murmurer, et que nous aurions bientôt secoué, si les transgressions en dévoient être impunies : on n'entend que de^ plaintes contre la sévérité de ses préceptes , que des contentions pour soutenir les adoacissemens que le monde y mêle sans cesse : en un mot , s'il n*étoit pas un Dieu vengeur, nous ne le connoitrions pas ; et il n'eat redevable qu'à sa justice et à ses cbàtimens , de nos respects et de nos hommages.

Mais la doctrine de J, C. , par rapport aux bommes qu'il est venu instruire , n'établit pas moins la vérité àt sa naissance divine* Car je Ile parle pas ici de la sagesse, de la sainteté, de la sublimité de celle doctrine : tout y est digne de la raison et de la phis saine pbilosaphie ; tout y est proportionné à la misère et à l'excellence de l'homme^ à ses besoins et à ses hautes destinées ; tout y inspire le mépris des choses périssables et l'amour des biens étemels ; tout y maintient le bon ordre et la tranquillité des Etats ; tout y est grand, parce que tout y est vrai : la gloire des actions est plus réelle et plus éclatante dans le cœur, que dans les actions mêmes. Le Sage de l'Evangile ne ae propose point d'autre récompense de sa vertu , que la vertu même, et préfère le témoignage de sa conscience aux applandissemens des hommes. Il est plus grand que le monde entier par Télévation de sa foi ; et il est au-dessous du dernier des hommes par la modestie de ses sentim|ns. Sa vertu lie éherche pas dàn& rorgueil le dédommagement de ses peines; c'est le premier eiiiiemi qu'elle attaque ; et dans cette divine philosophie , les actions le^ plus héroïques ne sont rien , dès qu'on les compte so^onême pour quelque chose : elle regarde la gloire consmenne erreur,, la prospérité comme une infortune, l'élévation comme un précipice , les afflictions comme des fayeurs, la terre comme un exil , tont ce qui passe comme un songe. Quel est oe nouveau langage ? quel homme avam: J. C. avoit parlé de la sorte ? et si ses disciples , pour avoir seolement annoncé cette doctrine céleste, furent pris pat tout un peuple pour y des Dieux descendus sur la terre, quel culte pourront-ils refuser à celui qui en est l'Auteur, et au nom de qui ils l'annoncent ?

Mais laissons-là ces réflexions générales, et venons aux devoirs plus précis d'amour et de dépendance que sa doctrine exige des hommes envers lui-même. Il nous ordonne de Taimer, comme il nous ordonne d'aimer son Père : il veut qu'on demeure en lui , c'est-à-dire, qu'on se fix^en lui , qu*on cherche son bonheur en lui, comme dans aon Père, qu'on rapporte toutes ses actions, toutes ses pensées, tous ses désirs, qu'on se rapporte -soi-même à sa gloire , comme à la gloire de aon Père : les pécbés mêmes ne 9opt remis qu'à ceux (|ui Taiment

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