POUR LE PREMIER DIMANCHE DU CARÊME
Ifon în solo pane TÎTit homo, sed in omni rerbo qood procedit de orè Dei.
L'homme ne v/r pas seulement de pain , mais de toute parole tfui sort de la ifouche de Dieu, Matth. 4 > 4*
JAiew. ne marque mieuxja puissance et la sublimité de la parole de TEvangile , que les images dont J. C. se sert pour nous en" prédire les efTels. Tantôt c*est un glaive sacré qiii va séparer le père'de Venfant, répoux de Tépouse, le frère de la sbçur, Thomme de lui-même; captiver tout esprit sous le joug de la foi , assujettir les Césars , triompher àe& sages et des savans , et élever l'étendard de la croix sur les débris des idoles et des empires ; et par-là nous est représentée sa force, à laquelle le monde entiei^ n'a pti résister.
Tantôt c'e§t un feu divin porté en un instant daris toute là tierre , qui va dissoudre les montagnes • dépeùpler'les villes , peupler les forêts , réduire eh cendre les temples profanes , embraser les hommes , et les faire courir à la mort comme des insensés aux yeux des nations : et sous ces traits paraboliques, nous est figurée la promptitude de ses opérations et la .rapidité de ses victoires.
Tantôt c'est un levaiajny^térieux^nqQirasM^le ^t réupUtou,te la luas/se , qui en lietou^es Us portions » .qui^ûuf imprime une. force et une vertu commone^s qUi cooiond 4es disi^iACtions de Juif et de Gentil , de Qrec e^ de Barbai?e., et leur, donhe.à tous le même nom et le même être-: et ici yous» comprenez quelle .cAt sa sainteté et s% yertu secrète, qui a.puriâé toutiTUnivers, et de tous les peuples n'en a l'ait qii'un peupk» . . , - . ». .
a66 r' DIMANCHE D£ CAREME.
Une autre fois c'est une semence qui , paroissânt d'abord se perdre sur la terre, croit ensuite et multiplie jusqu'au centuple. El voilà le principe de sa fécondité : non l'ourrier qui sème j mais Tauteur in* TÎsible qui donne l'accroissement.
Mais aujourd'hui J. C. la compare an pam qui sert de nourriture à l'homme , non in solo pane vivit homo ; et par-là il veut nous apprendre (j[uela parole de l'Evangile est une nourriture forte et solide , pernicieuse souvent à ceux qui la reçoivent dans un cœur malade et corrompu, et utile seulement aux âmes qui s*en nourrissent avec une sainte avidité , et qui portent ici un cœur préparé pour l'entendre.
Pour me renfermer donc dans cette idée, je ne dirai rien des merveilles que cette parole , annoncée par douze pauvres , opéra antrefois dans tout l'Univers. Je passerai sans siknce ia sainteté de sa doctrine, la sublimité de ses conseils, la Stigesse de ses maximes; et me bornant à l'instruction et à ce qui peut vous rendre utpe la parole de l'Evangile que nous vous annonçons , je vous apprendrai premièrement, quelles sont les dispositions qui doivent vous conduire en ce lieu saint pour l'entendre ; et secondement, dans quel esprit vous devez ensuite l'écouter : deux devoirs non-seulement négligés, mais inconnus à la plupart des Fidèles qui accourent enfouie aux pieds de nos chaires chrétiennes, et la source la plus commune du peu de fruit de notre ministère. Implorons , etc. ^ve. Maria»