SUR LA VÉRITÉ D'UN AVENIR
IbuDt hi in sopplicinm aeten>am« Jasti aatem in vltam aeternam.
Cêux'Ci iront dam ie tuppUce étemel, et les Juste» 4^ns la vie éternelle», lliTTB. aSt 46-
Voit A, M. F., à quoi se termineront enfin les désirs^ les espérances, les conseils et les entreprises des hommes : voilà où viendront enfin échouer les vaines réflexions des sages et des esprits forts, les doutes et les incertitudes éternelles- des incrédules, les vastes projets des conquérans, les monnmens de la gloire humaine, les seins de Tambition, les distinctions des talens, les inquiétudes de la fortu«e, la prospérité des Empires, cMoutes les révxilutions frivple». de U terre. Tel «cra le dénouement redoutable, q^i nou^ développer^ enfitt les mystères de la Providence sur les diverses destinées des eufaDS tVAdam, et qui justifiera sîi cpnduiic dans le .gouyeiaenieiit de
i84 LUNDI DE LA !'• SEMAINE.
rUnivcrè. Cette vie n*est donc qu*un instant rapide, et lecomment^e» ment d'un avenir éternel. Des tourmens qui ne finiront plus, ou les délices d'une félicité immortelle, partageront enfin le sort de tous les hommes ; et l'une de ces deux destinées doit être la*nôtre.
. Cependant l'image de ce grand spectacle, qui ayoit pu* autrefois effrayer la férocité des tyrans , ébranler laformeté des philosophes, troubler la mollesse et les voluptés des Césars, adoucir les peuples les plus barbares , former tant de martyrs , peupler les déserts , et soumettre tout l'Univers au joug de la croix ; cette. image si effrayante n'est presque plus destinée aujourd'hui qu'à alarmer la timidité du simple peuple : ces grands objets sont devenus des peintures vulgaires qu'on n'ose presque plus exposer à la fausse délicatesse des pnissans et des sages du monde; et tout le fruit que nous retirons d'ordinaire de ces. sortes de discours, c'est de faire demander au sortir delà, si tout se passera comme nous l'avons dit«
Car, M. F. , nous vivons dans des temps où la foi de plusieurs a fait naufrage; où une affreuse philosophie , comme un venin mortel, se répand en secret, et entreprend de justifier les abominations et les vices contre la foi des peines et des récompenses futures. Cette plaie a passé des palais des Grands jusques dans ie peuple; et par-^tout la piété des Justes est blessée par les discours de l'irréligion et les maximes du libertinage.
Et certes, M. F., je ne suis pas surpris que des hommes dissolus doutent d'un avenir, et tâchent de combattre ou d'affoiblir une vérité sî capable de troubler leurs voluptés crimioelles. Il est affreux d'attendre un malheur éternel. Le monde n*a point de plaisir à l'épreuve d'une pensée si funeste : aussi, le monde a de tout temps essayé de l'effacer du cœur et de l'esprit des hommes; il sent bien que la foi d'un avenir est un frein incommode aux passions humaines , et qu'il ne réussira jamais à faire des voluptueux tranquilles et déterminés, qu'il n'en ait fait auparavant des incrédules.
Otons donc , M. F. , à la corruption du cœur humain un appui si monstrueux et si fragile; prouvons aux âmes dissolues 9 qu'elles survivront à leurs désordres ; que tout ne meurt pas avec le corps ; que cette vie finira leurs crimes , mais non pas leurs malheurs ; et pour mieux confondre l'impiété, attaquons-la dans les vains prétexteir sur lesquels elle s'appuie.
Premièrement, qui sait, nous dit l'impie, si tout ne meurt pas avec nous? cette autre vie dont oh nous parle, est-elle bien sûre ? qui en est revenu pour nous dire ce qui s'y passe?
Secondement, est-il digne de la grandeur de Dieu, disent-ils encore, de s'abaisser à ce qui se pa^se parmi les homme^ ? que liii ihlportc que des vers de terre comme nous s'égorgent , se trômpeèt , sediéchirent , vivent darts les plaisirs ou dans la terapéranee? n'est -tîe pasun orgueil à rhommedecroirequ*un Dieu si c:^aadsJocoupe•de4tti^
VÉRITÉ D'UN AVENIR. :tS5
^nfid , quelle apparence , ajoutent^iU y que Dieu , ayant fait naitre I^homme tel qu'il est, il punisse comme, des. crimes, des penchans de plaisir que nous tronvon» en nous , et que la nature nous a donnés. Voilà toute la philosophie des âmes voluptueuses : l'incertitude d'un* arenir.; la grandeur de Dieu, qu'une vile créature ne peut offenser; la foiblesse née avec Thomme , et à qui il seroit injuste d'en faire un crime.
Prpuvons donc d,'£^bord, contre. rincertitude des impies, que la Térité d'un avenir est just;ifiée par les plus pures lumières de la rai* ^opj, en second lieu, conl;re l'idée indigne qu'ils se forment de la grandeur de Dieu , que cette vérité est justifiée par sa sagesse et par sa gloire.; enfin , contre le prétexte tiré de la foiblesse de l'homme , qu'elle est justifiée par le jugement même de sa propre conscience. La certitude d'un avenir , la nécessité d'un avenir , le seutiment secret d'un avenir: voilà tout mon discours*
. O Dieu ! ne regardez pas l'outrage qu,e les blasphèmes de l'impiété font à votre gloire; regardez seulement, et voyez de quoi la raison que vous n'éclairez plus est capable. RecohUoissez dans les égaremens monstrueux de l'esprit humain , toute la sévérité de votre justice , lorsqu'elle l'abaùdonne; afin que plus j'exposerai ici les blasphèmes Insensés de l'iinpiè, plus il devienne à vos yeux un objet di« gne de votre pitié et de*s richesses de votre miséricorde, jéve , Mariai
" . PREMIERE PARTIE
Il est triste sanSldo|^te d'avoir à justifier devant, des^ Fidèles, la vé^tè la plus ponsolapi^e 4e I9 foi; de vçnir prouver à des hommes à qui Ton a annoncé Jésus-Christ, que leur être n'est pas un assem* ' blage bizarre et le triste frniVdu'hasard; ^u'un Ouvrier sage et toutpuissant a présid'é à ndtre formation et à notre naissance; qu'un souffle d'immortalité anime notre boue ;' qu'une portion de iiûusmêmes flous survivra ; et qu'^^ii sortir de eettemaison terrestre, notre ame i<etott¥nefra dans 'le sein de Dieu d*où elle étoit sortie , etir^ hà« 'bttei^la ifégioti étexneUe'desvivans, où il seta rendu à chacun selon ses œuvres. • ' .
C'est par cette vîért^é que pàul commença d'annoncer la foi devant l'Aréopage {^Jct iji^^cf^ 3iJ. Nous sdjnfhës l'a'i^aicê'immo'rtêlle de Dieu , disoit-il à cettêassénîblêe dé Sages. , et il' a établi un jour pt)ur juger lITnivers. C'est pâr-là tiûe les hommes' apostoliques jetèrent les premîei"s fondemens delà doctrine du salut piarmi lesnations infidèles et corrompues.' Mais pour nous, 'M'.. F.', qiî arrivons à la un des siècles, après ^xit 7a plénitude des nations est' éiitrée dans l'E* glise ; que tout l'Univers à cru ; que tous les mystères ont été éclaiçcis , toutes les prophéties accomplies ; J. C. glorifié , la voie du ciel ouverte et ffiiycevijous qui pardissons.dbns les derniers teinps; où le jour .du Seigneur* (estrbron pins proche ^ que lorsque nos pères cr«»rent : Jiélas l qttel.(|eifuroit4étre notre ministère, sinon de disposer
^S8 Lundi de la v^ semaine.
des discours vagues, des doutes usés, des incertitudes éternelles, des suppositions chimériques, sur lesquelles on ne voudroit pas risquer le malheur ou le bonheur d'un seul de ses jours ^ et sur lesquelles on hasarde une éternité toute entière.
Voilà les raisons insurmontables que Timpîe oppose à la foi de tout rUnivers ; voilà cette évidence qui l'emporte dans son esprit , sur tout ce qu'il y a de plus évident et de mieux établi sur la terre. On ne sait ce qui se passe dans cet autre monde dont on nous parle ! O homme ! ouvrez ici les yeux. Un doute seul suffit pour vous rendre impie , et tontes les preuves de la religion ne peuvent sufQre pour vous rendre fidèle ! Vous doutez s'il y a un avenir, et vous vivez par avance comme s'il n'y en avoit point ! Vous n'avez pour fondement de votre opinion , que votre incertitude , et vous nous reprochez la foi comme une crédulité populaire !
Mais je vous prie, M. F., de quel côté est ici la crédulité? Estelle du côté de l'impie, ou du côté du Fidèle ? Le Fidèle croit un avenir sur l'autorité des divines Ecritures, c est-à-dire , le livre sans contredit qui mérite le plus de créance; sur la déposition des hommes apostoliques , c'est-à-dire, de ces hommes justes, simples, miraculeux , qui ont répandit leur sang pour rendre gloire à la vérité , et à la doctrine desquelles la conversion de l'Univers a rendu un témoignage qui s'élèvera jusqu'à la fin des siècles (Contre l'impie; sur . l'accomplissement des prophéties, c'est-à-dire, le seul caractère de vérité que l'imposture ne peut imiter; sur la tradition de tous les siècles, c'est-à-dire, sur des faits qui, depuis la naissance du Monde , ont paru certains à tout ce que l'Univers a eu de plus grands hommes, de Justes plus reconnu», de peuples plus sages et plus
"^ polis ; en un mot, sur des preuves du moins vraisemblables. L'impie ne croit point d'avenir sur un simple doute, sur un pur soupçon. Qui' le «ait , nous dit-il-, qui en est rçv^u ? Il n'a aucune raison solide , décisive pour combattre la vérité d'un avenir. Car qu'il la publie,, et nous nous y rendrons. Il se défie seulement qu'il n'y a rien
^ japrès cette vie, et là-dessus il le croit.
Or, je vous demande, qui est ici le crédule? Est-ce eelui qui a pour foTi4em.ent dé sa croyance, ce qu'il y adu moins de plus vraisemblable parmi les hommes, et de plus propre à faire impression sur la raison; ou celui qui s'est déterminé à croire qu'il n'y a rien « sur la foiblésse d'un simple doute? Cependant l'impie croit faire plus d'usage de sa raison que le Fidèle : il nous regarde comme des hommes foibles et crédules ; et il se considère lui-même comme un esprit supérieur, élevé au-dessus des préjugés vulgaires , et que la raison seule , et nôki l'opinion publique , détermine. O Dieu ! que vous êtes terrible, lorsque vous livrez le pécheur à son aveuglement ; et que vous savei bien tirer votte gloire des efforts mêmes que vos ennemis font pour la combattre !
Mais je vais encore plus loin. Quand même, dans le doule que