VÉRITÉ D'UN AVENIR
%t formé rimpîe sur Tayenir, les choses seroient égales^ et c}iie le» vaines incertitudes qai le rendent incrédule, balanceroient les yérites solides et évidentes qui nous promettent Timmortalité; je dis que , dans une égalité même de raisons , il devroit du moins désirer que le sentiment de la foi y, sur la nature de nos âmes , fût véritable ; un sentiment qui fait tant d'honneur a Thomme , qui lui apprend que son origine est céleste, et ses espérances éternelles : il devroit souhaiter que la doctrine de l'impiété fût fausse; une doctrine si triste i si humiliante pour l'homme ; qui le confond avec la béte ; qui ne le fait vivre que pour le corps; qui ne lui donne ni fin , ni destination^ ni espérance; qui borne sa destinée à un petit nombre de jours rapides « inquiets y douloureux qu'il passe sur la terre : toutes choses égales^ une raison née avec quelque élévation aimeroit encore mieux se tromper en se faisant honnetir , qu'en se déclarant pour uu parti si ignominieux à son être. Quelle ame a donc reçu l'impie des mains d'une nature peu favorable , pour aimer mieux croire dans une si grande inégalité deraispn ^ qu'il n'est fait que pour la terre, et se regarder avec complaisance , comme un vil assemblage de boue , et le compagnon du bœuf et du taureau? Que dis-je, M. F. , quel monstre dans TUnivers doit être l'impie, de ne se défier même du sentiment commun, que parce qu'il est trop glorieux à sa nature ; et de croire que la vanité toute seule des hommes l^a introduit sui^ terre , et leur a persuadé quUls étoient immortels ?
Mais tion « M. F. ; ces hommes de chair et de sang ont raison de reftiser l'honneur que la religion fait à leur naturç ; et de se pers^a» der que -leur ame est toute de boue, et que tout meurt avec le corps* Des hommes sensuels, impudiques, efféminés qui n'ont plus d'autre frein , qu'un instinct brutal ; plus d'autre règle , que l'emportement de leurs désirs; plus d'autre occupation, que de réveiller, par de nouveaux artifices , la cupidité déjà assouvie : des hommes de ce caractère ne doivent pas avoir beaucoup de peine à croire, qu'ils n'ont en eux aucun principe de vie spirituelle; que le corps ^t tout leur être : et comme ils imitent les mceurs des bétes , ils sont pardonnables de ^*en attribuer la nature. Mais qu'ils ne jugent pas de tous les hommes par eux-mêmes; il est encore sur la terre des âmes chastes, pudiques, tempérantes : qu'ils ne transportent pas dans la nature les penchans honteux de leur volonté ; qu'ils ne dégradent pas l'humanité toute entière , pour s'être indignement dégradés eux*mêmes : qu'ils cherchent leur» semblables parmi les hommes ; et se trouvant presque seuls dans l'Univers , ils verront qu'ils. sont plutôt les monstres^ que les ouvrages ordinaires de la nature*
D'ailleurs 9 non-seulement l'impie est' insensé, parce qnejdansunê égalité même de raison ^ son cœar et sa gloire devroient le décider en faveur de la foi y çaais encore son propre intérêt» Car, M. F.,^ ou l'a déjà dit ; que risque, l'impie en croyant ? quelle suite fâcheuse aura sa crédulité, s'il se trompe? Il vivra avec honneur, avec probité, avec innocence: il sera doux, affable rjutte^ lincère, religieux , ami MlassiUon* tome i. • 19.
izgo LUNDI DE LA I'* SEMAINE.
généreux, époux fidèle, maitre équitable; il modérera des passions qui auroient fait toiis les malheurs de sa vie : il s*abstien* dra des plaisirs et des excès, qui lui eussent préparé une vieillesse douloureuse , ou une fortune dérangée : il jouira de la réputation de la vertu , et de l'estime des peuples ; voilà ce qu'il Tis<;^ue. Quand tout finiroit avec cette vie, ce seroit là le seul secret de ia passer heureuse et tranquille ; voilà le seul inconvénient que fj trouve. S'il n'y a point de récompense éternelle, qu'aura- t*il perdu en l'attendant ? II a perdu quelques plaisirs sensuels et rapides^ qui l'a uroient bientôt, ou lassé par le dégovtt qui les suit, ou tyrannisé par les nouveaux désirs qu'ils allument : il a perdu l'affreuse satisfaction d'être, pour l'instant qu'il a paru sur la ten^e, cruel , dénaturé, voluptueux, sans foi, sans mœurs, sans conscience, méprisé peut-être, et déshonoré au milieu de son peuple. Je n^y vois pas de plus grand malheur; il retombe dans le néant, et son erreur n'a point d'antre suite.
Mais s'il y a un avenir ; mais s'il se trompe en refusant de croire, que ne risque-t-il pas ? La perte des biens éternels ; la possessioa de votre gloire, ô mon Dieu ! qui devoit le rendre à jamais heureux. Mais ce n'est là même que le commencement de ses malheurs : il va trouver des ardeurs dévorantes , un supplice sans fin et sans mesure, une éternité d'hqrreur etderage. Or, comparez ces deux destinée»; quel parti prendra ici l'impie? Risquera-t-il la courte durée de quelques jours ? risquera-t<il une éternité toute entité ? S'en tiendra-t-ii au présent qui doit finir demain, et où il ne sauroit même être heureux ? Craindra-t-il un avenir qui n'a plus d'autres>bornes que l'éternité, et qui ne doit finir qu'avec Dieu même ? Quel est l'homme sage, qui, dans une incertitude. même égale, osât ici balancer? et quel nom donnerons -nous à l'impie, qui n'ayant pour l|ii que de& doutes frivoles., et voyant du c6^ de la foi, l'autorité, les exeroplea, ta prescription , la raison » la. voix de tous les siècles , le monde entier , prend seul le parti affreux de ne point croire.; meurt tranquille, comme s'il ne devoit plus vivre;, laisse sa destinée éternelle entre Ie& mains du hasard , et va tenter mollement un si grand événement ? O Dieu ! est-ce donc là un homme conduit par une raison tranquille ou un furieux qui n'attend plus de ressource, que de son désespoir? L'incertitude de l'impie est donc insensée dans les raisons sur lesquelles elle s'appuie.
Mais, en dernier lieu, elfe est encore affreuse dans ses eonséquefices. £t ici souffrez que je lai'ssè les grandes raisons de doctrine : je ne veux parler qu'à la conscience de l'incrédule, et m*en tenir aux preuves de sentiment.
Or, si tout doit finir avec nous , si l'homme ne doit rien attendre après cette vie, et que ce soit ici notre patrie, notre origine, et la seule félicité que nous pouvons nous promettre, pourquoi n'y sommes* nous pas heureux? Si nous ne naissons que pour les plaisirs des sens , pourquoi ne peuvent-ils;,nous satisfaire > et laissent il» toujours
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nnfond d'ennui et de tristesse, dans notre cœur? SI rhoinnien*a rien au-dessus de la béte, que ne coule-t-il ses jours comme elle, sans soucia sans inquiétude, sans dégoût, sans tristesse dan» la félicité des sens et de la chair ? Si rfaomoie n'a point d'autre bon^. heur a espérer qu'un bonheur temporel , pourquoi ne le tronve-t^il nulle part sur la terre î^ d*où vient que les richesses Finqniètent ; que les honneurs le fatiguent; que le^ plaisirs le lassent ; queleSsciencesk le confondent , et irritent sa curiosité loin de la satisfaire: que la réputation le gène et rembarrasse;' que tout cela ensemble ne peut remplir rimmensité de son cœnr, et lui laissé encore quelque chose à désirer? Tons les autres êtres contens de leur destinée, paroissent heureux , à leur manière, dans la situation où TAulenr de la nature les a placés: les astres tranquilles dans le firmament, ne quittent pas leur séjour pour aller éclairer une autre terre : la terre réglée dans ses moùveibens ne s*élance pas en haut pour aller prendre leur place: les animaux rampent dans les campagnes, sans envier la destinée de Thommequi habite les villes et les palais soniptueux: les oiseaux se rijouisseof dsfns les airs, sans penser s'il y a des créatures plus heureuses qu'eux sur la terre : tout est heureux , pour ainsi dire, tout est à sa place dans la nature: Thomme seul est inquiet et mécontent; l'homme seul est en ^roie à ses désirs, se laisse déchirer par des craintes, trouve son supplice dans' ses espérances, devient triste et malheureux au milieu de ^es plaisirs : l'homme seul ne rencontre rien ici-bas où son cœur puisse se ûter. D'otf vient cela ? à homme ! Ne seroi't-ce point parce que vous êtes ici-bas' déplacé; que vous êtes fait pour le Ciel; que votre cœur est plus grand que le monde ; que la terre n'est pas votre patrie ; et que tout ce qui n'*e%c pas Dieu, il'e&t rien pour vous? Répottâéz, si vouspûuvèx^ ou plutôt interrogez votre cœur> et vous serez fidèle*
En second lieu , si tout meurt avec le corps, qui est-^e qui « pu: persuader à tous les bomiùes , de tous les siècles et de tous les pay» que leur eme étoît immortelle I d'où a pu venir au genre humaetir cette idée étrange d*imortalité ? un senlimment si éloigné de lenetuve de l'homme, puisqu'il ne seroit né que pour les fonctions des sens., auroit-il pu prévaloir sur la terre ? Car si l'homme comme 1^ béte , n'est fait qi^e pour le temps, rien ne doit être plus incon^préhensible pour lui <, que la seule idée d'immortalité. Des machines pétries de boue, qui ne devroient vivre, et n'avoir pour objet qu'une félicité sensuelle, auroient-elles jamais pu ou se donner, ou trouver en elles« mêmes, de si nobles sentiofiens « et des idées si sublimes ? Cependant \
cette idée si extraordinaire est devenue l'idée de tous les hommes : cette idée si opposée même aux sens, puisque l'homme , comme la béte, meurt tout entier à nos yeux, s'est établie sur toute la terre: ce sentiment, qui n'auroit pas dû même trouver un inventeur dans l'Univers, a trouvé une docilité universelle parmi tous les peuples, les plus sanvages, comme les plus cultivés; les plus polis comme les plus grossiers; les plus infidèles , comme les plus soumis à la foi;
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Car , remontez jusqu^à la naissance des siècles , parcourez toaten les nations, lisez rhistoire des royaumes et des empires, écoutez ceux qui reviennent des Iles les plus éloignées ; Timmortalité de l'ame a tonjours été, et est encore la croyance de tous les peuples de TUnivers» La connoissance d'un seul Dieu a pu s*effacer sur la terre ; sa gloire, sa puissance 9 soti immensité ont pu s'anéantir, pour ainsi dire, dans le cœur et dansTesprit des hommes ; des peuples entiers et sauyages peuvent Tivre encore sans culte, sans religion, sans Dieu dans ce jnande: mais ils attendent tous un aTcnir; mais le sentimeul de l'immortalité de Tame n'a pu s'effacer de leur coeur; mais ils se figurent tous une région que nos âmes habiteront après notre mort j et, en oubliant Dieu, ils n'ont pu ne pas se sentir eux-mêmes» .
Or , d*où vient que des hommes si différens d'humeur, de culte , de pays, de sentimens, d*intéréts,, de^gure même, et qui à peine paroissent entre eux de même espèce, conviennet^t tous pourtant en ce point , et veulent tous être immortels ? Ce n'iest pas ici une collusion ; car comment ferez-v.ous convenir ensemble l^rs hommes de tous les pays et de tous les siècles ? Ce n'est pas un préjugé de l'éducation; car les mœurs , les usages , le culte, qui d'ordinaire sont l.a suite des préjugés , ne sont pas les mêmes parmi tous les peuples : le. sentiment de l'immortalité leur est commun à tous. Ce n'est pas une secte ; car outre que c'est la religion universelle du monde ^ ce dogme n'a point eu de chef et de protecteur : les> hommes se le sont persuadés eux-mêmes, ou plutôt la nature le leur a appris' sans le i^ecours des maîtres; et seul depuis .le commençeo^ent des choses, il a passé des pères aux enfans, et s'est toujours maintenu ,$ur la terre. 0 vous! qui croyez être un amas de boue , sortez donc du monde, où vous vous trouvez seul de votre avis ; allez donc chercher dans une autre terre des hommes d'une autre espèce , et semblables à la béte: ou plutôt ayez horreur de vous-même, de vous trouver comme seul dans l'Univers , de vous révolter contre toute la nature, de désayouer votre propre cœur ; et reconnoissez dans un sentiment com- Buinàtous les hommes l'impression câmmune de l'Auteur qui les a formés I
Enfin , et je finis avec cette dernière raison : la société universelle des hommes, les lois qui nous unissent les uns aux autres , les devoirs les plus sacrés et les plus inviolables de la vie civile, tout cela n'est fondé' que sur la certitude d'un avenir. Ainsi, si tout meurt Hvec le corps, il faut que l'Univers. prenne d'autres lois,^ d^autres mœurs r d'autres usages , et que tout change de face sur la terre. Si tout meurt avec le corps, les maximes de l'équité, de l'amitié, de l'honneur, de la bonne foi , de la reconnoissance , ne sont donc plus que des erreurs populaires ; puisque nous ne devons rien à des hommes qui ne nous sont rien , auxquels aucun nœud comfnun de culte et d'espérance ne nous lie, qui vont demain retomber dan^ le néant, et qui ne sont déjà plus. Si tout meurt avec nous , les doux noms d'enfant, de x>ère, d'amis , d'époux» sont donc des nom» de théâtre
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et de Tains titres qui nous abusent; puisque Tamitié, celle même qui vient de la vertu , n'est plus un lien durable ; que nos pères qui nous ont précédés , ne sont plus ; que nos enfàns ne seront point nos successeurs; car le néant , tel que nous devons être un jour, n*a point de suite : que la société sacrée des noces n*est plus qu'une union bnitale, d'où par un assemblage bizarre et fortuit « sorteiU' des êtres qai nous ressemblent , mais qui n'ont de commun avec pous que le néant.
Quedirai-je encore Psi tout meurt avec nous, les annales domestiques et la suite de nos ancêtres n'est donc plus qu*une suite de chimères, puisque nous n'avons plas d'aïeux, et que nous n'au-* rons point de neveux ; les soins du nom et de la postérité sont donc frivoles; l'honneur qu'on rend à la mémoire des hommes illustres , une erreur puérile , puisqu'il est ridicule d'honorer ce qui n'est plus ; la religion des tombeaux , une illusion vulgaire ; les cendres de nos pères et de nos amis , une vile poussière quHl faut jeter au vent, et qui n'appartient à personne; les dernières intentions des mourans si sacrées parmi les peuples les plus barbares , le dernier son d'une ma-chine qui se dissout ; et pour tout dire, en un mot, si tout meurt avec nous j les lois sont donc une servitude insensée ; les rois et les souverains, des fantômes que la foiblesse des peuples a élevés; la justice , une usurpation sur la liberté des hommes ; la loi des mariages, un vain scrupule; la pudeur, un préjugé; l'honneur et la probité, des chimères; les incestes, les parricides, les perfidies noires, des jeux de la nature, et des noms que la politique des législateurs a inventés.
Voilà où se réduit l|i philosophie sublime des impies ; voilà cette force, cette raison, cette sagesse qu'ils nous vantent éternellement. Convenez de leurs maximes , et l'Univers entier retombe dans un affreux chaos ; et tout est confondu sur la terre ; et toutes les idées du vice et de la vertu sont renversées ; et les lois les plus inviolables de la société s'évanouissent; et la discipline des mœurs pérît; et le gouvernement des états et des empires n'a plus de règle ; et toute Tharmonie du corps politique s'écroule ; et le genre humain n'est plus qu'un assemblage d'insensés y de barbares, d'impudiques, de furieux , de fourbes, de dénaturés, qui n'ont plus d'autr loi que la force ; plus d'autre frein , que leurs passions et la crainte de l'auto* rite; plus d'autre lien, que l'irréligion et l'indépendance ; plus d'autre Dieu qu'eux-^mémes, Vgilà le monde des impies ; et si ce plan affreux de république vous plaît , formez , si vons le pouvez, une société de ces hommes monstrueux. Tout ce qui nous reste à vous dire ^c'est que vous êtes digne d'y occuper une place.
Qu'il est donc digne de l'homme , M. F. , d'attendre une destinée éternelle ; de régler ses mooars sur la loi ; et de vivre , comme devant un jour rendre compte de ses actions devant celui qui pèsera les esprits ^ et qui surprendra les sages dans leur sagesse ! L'incer* titude de rioipit est donc suspecte dans son principe » insensée dans
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ses raisons , affreuse dans ses conséquenees. Mais après tods aTOÎr montré que rien n'est 'plus opposé à la droite raison que le doute qu'il se forme sar Tavenir, achevons de le confondre dans ses prétextes ; et montrons que rien n*est plus opposé à Tidée d*un Dieu sage et au sentiment de la propre conscience.
SECONDE PARTIE
Il est sans doute étonnant, M. F. , que Timpie cherche dans la grandeur de Dieu même une protection à ses crimes; et que, ne trouvant rien au dedans de lui qui puisse justifier les horreurs de son ame, il préiende trouver dans la majesté redoutable de TEtre- Supréme, unç indulgence qu*il ne peut trouver dans la corruption même de son cœur. En effet, est-il digne de la grandeur de Dieu , ditrimpie,de s'amuser à ce qui se passe parmi les hommes; de compter leurs vices ou leurs vertus ; d'étudier jusqu^à leurs pensées, et à leurs désirs frivoles et infinis? Les hommes, des vers de terre ^ qui disparoissent sous la majesté de ses regards, valent-ils la peine qu'il les observe de si près? et n'est-ce pas penser trop humainement d'un Dieu qu'on nous fait si grand , que de lui donner une occupation qui ne seroit pas même digne de l'homme ?
Mais, avant de faire sentir toute l'extravagance de ce blasphème, remarquez, je vous prie, M. F., que c'est l'impie lui-même qui dégrade ici la grandeur de Dieu , et le rend semblable à l'homme. Car, Dieu a t-il besoin d'observer les hommes de près ^ pour être instruit de leurs actions et de leurs pensées ? lui faut -il des soins et des attentions pour voir ce qui se passe sur la terre ? n'est-ce pas en lui que nous sommes , que nops vivons , que nous agissons ? et pouvons'** nous éviter ses regards , ou peut-il lui-même les fernfier à nos crimes ? Quelle folie donc à l'impie de supposer que ce qui se passe sur la terre deviendroit un soin et une occupation pour la Divinité , si elle Touloi^ y prendre garde ! Son uniqpe occupation est de se connoitre, et de jouir d'elle-même.
Cette réflexion supposée, je réponds premièrement : S'il est de la grandeur de Dieu délaisser les biens et les maux sans châtiment et récompense, il est donc égal d'être juste, sincère, offimeux^ charitable, ou cruel, fourbe, perfide, dénaturé: Dieu n'aime donc pas davantage la vertu, la pudeur, la droiture, la religion, que l'impudicité, la mauvaise foi, l'impiété, le parjure; puisque le Juste et l'impie, le pur et l'impur^ auront le même sort, et qu'un anéantis'* sèment éternel va bientôt ks égaler et les €on£»Adxe pour toujours dans l'horreur du tombeau.
Qne dis-je , M. F. ? Dieu semble même se dédarer ic^i-bas ea faveur de l'impie contre Thomme de bten^ Il élève l'impie comme le cèdre du Liban; il le comble d'honneurs et de richesses ; il favorise SCS désirs ; il facilite se$ projets : car les impies sont presque toujours