‹ Œuvres de Massillon, ci-devant prêtre de l'ortoire, évêque de Clermont l'un des quarante de l'Académie FrançoiseChapitre 78 sur 131 · RESPECT DANS LES TEMPLES · texte numérisé non relu

RESPECT DANS LES TEMPLES

même prêtre , et one même victime. Or, dès que vous y paroissez avec un cœur corrompu et endurci , sans aucun sentiment de. foi , et aucun désir de résipiscence , vous désavouez le ministère du prêfre qui QfFre à votre place : vous désavouez les prières qu'il fait'monler vers le Seigneur , par lesquelles vous le conjurez, par la boucbe du prêtre, de jeter des regards propices sur ces offrandes saintes qui sopt sur Tautel , et de les accepter comme le prix et l'abolition de vos crimes : vous insultezàTamourde J. C. lui-même, qui renouvelle le grand sacrifice de votre rédemption ^ et qui vous offre à son Père, comme nue portion de cette Eglise pure et sans tache, qu'il a lavée dans son sang : vous insultez à la piété de l'Eglise , qui , vous croyant uni à sa foi et à sa charité , vous met dans la bouche , par les cantiques dont elle accompagne les saints mystères , des sentie mens de religion , de douleur et de pénitence : vous trompez enfin la foi et la piété des Justes qui sont là présens , et qui vous regardant comme ne formant avec eux qu'un même cœur , un même es-» prit , et un même sacrifice , s'unissent à vous, et offrent au Seigneur votre foi, vos désirs, vos prières, comme leur bien propre. Vous êtes donc là comme un anathème, séparé de tout le reste de vos frères; un imposteur^ qui désavouez en secret tout ce qui se passé en public , et qui venez insulter la religion , et ne prendre aucune part à la rédemption et au sacrifice de J, C. , dans le temps même qu'il en renouvelle la mémoire , et qu'il en offre le prix à son Père.

Que conclure delà, M. F. ? qu'il ifaul se bannir de nos Temples et des saints mystères ^ lorsqu'on est pécheur ? A Dieu ne plaise .... ah \ c'est alors qu'il faut venir chercher sa délivrance dans ce lieu saint : c'est alors qu'il faut y venir solliciter aux pieds des autels les miséricordes du Seigneur , toujours prêt à y exaucer les pécheurs : c'est alors qu'il faut se faire un secours de tout ce que la religion offre ici à la foi, pour exciter en nous quelques sentimens de piété et de repentir! Et où irions-nous, M. F., lorsque nous avons été assez malheureux que de tomber dans la disgrâce de Dieu ? et quelle autre ressource pourroit-il nous rester ? Ce n'est qu'ici où les pécheurs peuvent encore trouver un asile : ici coulent les eaux vivifiantes des Sacremens , qui seules ont la force de purifier leurs cons* ciences : ici sont élevés des tribunaux de miséricorde , aux pieds desquels on remet leurs péchés , et on les délivre de leurs chaînes : ici s'oJPfre pour eux le sacrifice de propitiation, seul capable d'apaiser la justice de Dieu ; que leurs crimes ont irritée : ici les vérités du salut portées dans leur cœur, leur inspirent la haine du péché ^ et l'amour de la justice : ici leur ignorance est éclairée, leurs erreurs dissipées , leur foiblesse soutenue , leurs bons désirs fortifiés : ici , en un mot , à tous leurs maux la religion offre des remèdes. Ce sont donc les pécheurs qui doivent fréquenter plus souvent ces Temples saints; et plus leurs plaies sont envieillies et désespérées, plus ils doivent s'empresser d'en venir chercher ici la guérison;- . *

Telle est la première dispositîpn d'innocence et de pureté que d«.*

ao*

3o8 MARDI DE LA I" SEMAINE.

ntande i«î de nous , comme des Bienheureux dans le ciel , la prësenc*

d*an Dieu saint : Sine macula enim sunt ante thronum Dei {^Apoc.

Maïs si le seul état de crime sans remords , sans aucun désir de changement, et avec une volonté actuelle d'y persévérer, est une manière d'^irrévérence, qui profane la sainteté de nos Temples et de nos mystères ; que sera-ce , grand Dieu ! de choisir ces lieux saints et l'heure des mystères terribles, pour venir y inspirer des passions honteuses ; pour s*y permettre des regards impurs; pour y former des désirs criminels; pour y chercher des occasions (jue la bienséance tonte seule empêche de chercher ailleurs ; pour y retrouver peut-être des objets qtie la vigilance de ceux qui nous éclairent, éloigne de tous les autres lieux? Que sera-ce défaire servir ce que la religion a de plus saint , de facilité au crime; de choisir votre présence, grand Dieu ! pour couvrir le secret d'une passion impure, et de faire de votre Temple saint , un rendez-vous d'iniquité , et un lieu plus dangereux que ces assemblées de péché , d'où la reltjg;ion bannit les Fidèles ! Quel crime de venir crucifier de nouveau J.C. , dans le lieu même où il s'offre tous les jours pour nous à son Père ! quel crime d'employer, pour faciliter notre perte, l'heure même où s'opèrent les mystères du salut et de la rédemption de tous les hommes! quelle fureur de venir choisir les yeux de son Juge , pour le rendre témoin de nos crimes, et faire de sa présence le sujet le plus affreux de notre condamnation ! ^uel abandon de Dieii , et quel cupaclère de réprobation ^ de changer les aûlet sacrés de notre aanciificatioB , •n des occasions de dérèglement et de liœnce !

Grand Dieu \ lorsqu'on vous outragea sur le Calvarre , où tous ëtiez encore un Dieu souffrant , les tombeaux s'ouvrirent autour de Jérusalem; les morts ressuscitèrent. Comme pour venir reprocher à leurs neveux l'horreur de leur sacrilège. Ah! ranimez donc les cendres de nos pères qui attendent dans ce Temple saint la bienheureuse immortalité! Faites sortir leurs cadavtes de ces tombeatnc pompeux que notre vanité leur a élevés , et qu'enflammés d'une sainte indi- / gnation contre des irrévérences' qui tous crucifient de nouveau^ et qui profanent l'asile sacré àe% dépouilles de leur mortalité, ils paroissent sur ces monumens; et puisque nos instructions et nos me- «laces sont inutiles, qu'ils viennent eux-mêmes reprocher à lenri successeurs letfr irréligion et leurs !(acriléges ? Mais si !a terreur de Votre présence , 6 mon Dieu ! n'est pas capaBle de les contenir dans le respect; quand les morts ressus^teroient, comme vous le disiez \rous-même^ ils n'en s'eroient ni plus religieux, ni phis fidèles.

Mais si la préseaced'an Dieu saint demande ici, cpmmedes Bienheureux àeuM le ciel, «oe disposition de,|Hireté et d'innocence, la présence d'un Di«a terrible et. plein 4e majesté «a âçmand^ use de frayeur et de recueilleiitent : secpfwie disposition marquée par le profond anéantissement des Bienheureux dans le Temple céleste: ^l<?«mderuM in goaspectHthroni in/acits saas ( Apoc, 7 ; 11).

Page 1