‹ Œuvres de Massillon, ci-devant prêtre de l'ortoire, évêque de Clermont l'un des quarante de l'Académie FrançoiseChapitre 81 sur 131 · SUR LA RECHUTE. %%S · texte numérisé non relu

SUR LA RECHUTE. %%S

me ptrok laisser moins d*espéra&ce de pardon ; c'est qa'niie'reelinta ai prompte et si soudaine , est une manque presque infaillible du peu de sincérité des démarchea qull Ti.ent de faire pour se réconcilier avec Dieu; c'est une preuve presque certaine 9 qull n'a donné à J. C. le baiser de paû^, que pour le trahir; en un mot, qu'il n'a reçu l^s Sacremens que pour les profaner. En effet , M. F. , se re* pentir , et retomber aussitôt ; Tenir se purifier j et se souiller en-core de nouveau ; est-ce être pénitent , ou plutôt n'est-ce pas être moqueur ! Or , il y a quelque chose de si insultant pour Dieu , qu'une vile créature s'humilie extérieurement devant lui » qu'elle lui de* mande grâce , qu'elle lui £ssse des protestations réitérées de fidélité 9 et qu'en même temps elle l'outrage dans son cœur, elle lui préfère les objets les plus indignes, elle le renonce pour son Seigneur et pour son maître, en un mot, elle démente tout haut ce qu'elle die tout bas : qu'après un tel outrage 9 le sein de la miséricorde divine doit lui être fermé pour toujours.

Mais f dîra»tH>n, est*ce que la rechute li'est jamais précédée d'une conversion sincère? Je sais, M: F. , que le Satrement de pénitence ne fixe pas rinstabilité du coeUr humain ^ qu'il ne déracine pas ce fonds de corruption que la seule immortalité absorbera, comme dit S. Paul ; et je nç prétends point dire ici .absolument qu'on i^it pirofané la péniteuce, dès qu'on redevient pécheur après avoir été pé« nitent. Mais ,.en premier lieu, lorqu'on est sorti véritablemenc jus* tifié du pied des aul^ls, et que ja grâce sanctifiante » qui buit le Sacrement, a créé dans, l'homme un cœur nouveau^ on ne 'passe pas dans un instant d'un éiat de justice a un état de péché. La grâce de la sanctificatiop laisse dans l'am^def penchatis et des impression! durables, comme l'habitude 4a. ifice. Oapentretomber,'jei*avone^ mais ce n'est qu'après une suinte de jours e| d'années; après que le temps a insensiblement affoibli; la, charité; a];Hrès que mille infidé'^ lités secrètes ont préparé l'ame à un^.çhiM qouvelley et. disposé l'Esprit de Qieu à l'abandonner. Or, voyez,, mon cher Audîtefir , si c'est là l'image de vos rechutes , et si la gracè du Sacrement cibn« duit votre innocence fort loin. / '

En second lieu , outre la grâce sanctifiante ^ vous recevez escore dans le Sacrement, àei grâces de conversion qui sont les suites de la première; des secours qui ont dû vous faciliter la pratique de vos devoirs ; vous donner de nouvelles forces contre le vice, etvmis^pute* nir dans les occasions : et cependant vous vpus retrouves le même au sortir du tribunaL On voit dans les mémea dreonstances lesmémea chutes : la présence d'un objet triomphoil; de votre Ipiblesse,. elle eu triomphe encore : une occasion injuste de gain séduisoit votre a^^rice , elle la séduit encore: une complaisance vofis reudoit infidèle à voire devoir, elle ions le rend encore.. On ue voit paa que voua ^viiiea ces eatretiens^ ces lieux 9 ces, assemblées, ^«^splaisi va qui seaj^pour-* tant de toutes, voac^nfessfous : ^ous n'en cultiv^a.pis moioaiika liaisons tQjjjgi«vP*^û**«f à vojïp «AfHW^ A "^nè^n'f^ ^^mn aUik

3aB MERCREDI DE XA V SEMAINE.

>«VfiiL jevqai eicdevanu la piûs itft^nflfite occnpàtidn de votre vie: TOUS n'en retraqehes rien 'à des dépense^ éoift des créàhciers, des domestiques et les pttuvreà ettX-isâmes M»Ufffeiit ; i^ïen à ùû somtoétl, où dansJ'inùUHléde vos penséeii et dtiAè lA iildlMsé de Voire Ht , tous laissez reposer Totre imagina tioft^ sut* desiAkagès tdiojoars dangereuses àyotreaiiie) ritnàQneiirieintiti(«i|uiVoti^dàttrtie. Otineyoit, ni précaution pour Tavenir, ni mesures p<^at* le ]^ttssé; les tAac^.rations, 'les veilles et tout rapp$reil de la péuitenéé, tous he les connoisset même pas; la prière i le recueil lettient, la retraite et tous ces secours •i nécessaires àp la piété ^ tous les iiégligez : en un mot , yous êtes encorele méme^ et le pénitent éii tous ressemble par&itement an pécheur^ Ab l'oe n'est éône pas 'le doigt dé Dieu qui àToit chassé le démon de votre emiir : si eela étôit , dit J« C. dans l'Evângile, le Toyauteo de Dieii seroit établi ail dedans de vous : Si in digito Dei -ejidQ dàsmoftUu i pr^écib pefvénitin poi teghithï Dei ( LUc, ii ; 20). Quand vous avez guéri une ame« ô lâbu Dieu.! il^itrôlt que votre main toate^puiss9ntes.*ençst,^éIée ; Tormira^les ejt ies inransformatiens de yotr^^ace» sopt. durables « et ne ressemblent point à ces prestiges dés imposteurs , qui échappent à la vue» au mopient même .qu'on les voit parohre. ,, . , .

La pénitence véritable. M: l^i, éfst tin nouvel étàf dé: ooftur tpil change m»» actklits , et éortfig^ nds pénchahS. C^est dh itdtfireàti goût qui AoiM E^ebd le péfché âiifei'i et lé doti céleste agt^blè; c*est un «oiivd amour qiti nouë fait àinlér eé qUe nou^ ai^ioh^ inéprisé, et méptiser ee' que notis atibttà 'àt^né : c'est utie donléiir efficace qui reneoDee^eii effet au péché; ti^e dt^ttleilr }ustë qui le punit ; une douleor- Sirmaturellé qtd> le défe^tb < dliiis l'idée qtrè Dléu îtti^ttiêhke eh a; etiût»,«nnedduletn* (jrttrdëtite^iril'à jaitiais pris à^àéis de îbesutei ponr révit^. Jtigeit ^tif éién^te péiilft?«i^e, tbnsqni teirombèt Sans cess^y si Vos péfHteneei iûitt^ëi\\ÀYAts^ et ^itous sottez dti tribunal ^ {JrG^netéâi^dtt pé«if<éitt;>' '

Je n.o$^ico.^s le mre ici , M^ F.., si )es Saints ne Tavoient dit avant moi : ils ont tous regarde la pénitence de, ces pécheurs qui retombent sans cesse, comme des dérisions publiques des Sacremens, comme des «tteittCkts iei^bl&bl^s^ bétii déë Bidèl^s ^tii Veilôient dânS nos ^mptsftîfodyf atil pieds i«i(tbyètè>és àafiitS, M qtti i'àt des théâtres tnfaià«tv«<i <$)^pb90ieiil'la Vétitàblé r^pfésetltàtion au)L railleries des sptMiCéapSi AtlsSi^ '<dë leur téihps , tttt Fîdêlë qui, après s'étré purifié'diinà leseiereitéèflsrtit^H^uk de là pétilterreè ](>1ibliqûé , Htôm^jjsoit «ne s«eoiide fbiSj il-ét6i« fîlùS ttdniis &d doitibi^dèS péilitehi pubfibs., Ge A'ést pas qi^étt a€!sé*péràt dé ibk èâTtlf * Mais ùuire quton «m^éftoit que k k<eàs»dé, 'déVèiftr trop (;b)hiûtiti , lie devint méprisable ) iib ! on ettp^ëïdirWMFidèie ^tii ,' ^pfê^ lè^ pfeurs et le»%i»v«ll« de4i? jreniieFe^rtiftn^ëV tétdfÉlBôit'efiebfe, h'avôît été qoHiiiftai^bM^iUi'v«M)Piiintoéâé</)Aétf^ '«t^^étifs^, t^êtbit èkposet ksaûgJdetJ.C'j, que^'l'éflMr ft'iift i^chfetii»'^ti?aV6ît^i$tï ett afbusèr: 41'ii^(St jpb^jiisqtieir àA3^4tfol!«s ^ lalibi; qtif ^fàUndricâssent

SUR LA RECHUTE. Sa7

eette terrible vérité. Celui dont la lèpre , après avoir été une fois guérie, repeussoitmeore, étoit obligé de veair reparottre devant le prêtre qui Tavoit guéri, et on le dédaroit immonde |>onr le reste de ses jours, e^est'-à^'dire, ana thème, séparé de l'autH et des àaerifioès^ et du oteametfce de ses frères : ImmumtUim €ondèmnabitut ( Lépît.

Mon Diëti ( et on iïsoit de cette ftétérité «près une seule reoh a te ! on se déficit d*unë pénitence qai àvoit pu être suivie d'une seconde infi^ délité : éh! jugez mes cbers Auditeurs, ce que les Saints auraient pensé des vôtrèi) et ce que l'Eglise en pense encore aujourd'hui ! jugez dés plaintes que vous faites quelquefois contre les ministres des Sacremens, qui vous retrouvant toujours infidèles, n'osent plus enfin vôtts déliei^ qu'après de longues épreiives, de peur de jeter le Saint aux chietis; Ah ! je sais qae nous tie devons point aggraver le joug; ^u'ôù e^t pâ« moins fnteudit de Dieu , lorsqu'on ejoule Uh seul iota à sa }6ipÂ^ un excès de i^lgiieiii*, que iérsqu'on l'en netranche par une lâcheté criminelle ; et qA'il ti6 faut pas fournir aux pécheurs , par une oètéi^tAtiôU de Sévérité, deîs pfétexteH de s'éloigner des chose» saintes. Hais faut-il ouvrir « TiAStaUt 4es trésors du MUelUàire à des profanes qui les otit mille A>is s6uillés ? fàUt^il eiSilfier saus préettu* tion ie saugde J. C. à dés perfides qui l'ont mille fois Uvré? faut*il ajouter ibi à dtes promesses si souvent violées? Ne detons-nous pa^ quelquefois , tomme £Hè , fisriUer le eiel sui* des adoi^nteurà de Baal qui boitent des deux Côtés, et qui en venant invoquer It Seigneur dans une Solennité , vont encore au âi^tir delà sjicrifier à l'idole ? Ne faut^ii pas , comme Elisée, savoir arrêter quelqu^ois l'huile do la grâce et la vertu des Sacremens , lorsqu'on ne nous présente que des vases pleins , je veux dire , des COef&rs toujours prévenus des mêmes passions ? Eh ! que ferions-nous , en vous accordant un pardon que Weu vous refuse , que multiplier ym cri«»e^, et -^fouscîiar^ ger d'une nouvelle mal édietiou ? Ah ! plèt au CidL, am^ infidèle qui m'éootttèz^ que vous eussie» trouvé tous les tribunaux i^més k vos rechutes honteuses , et que Vos dérèglemens n'eulsent poiiit rencontré un «dedans l'indulgence mèjue du sanctuaire : 4)n ne vous verroit plus dajus les «lêmes misÀres et dans les mèmê$ foiblesses depuis tant d'années que vous venez vous en accuser* Vous ne série» plus oouvette de eette l^reque vous avez presque portée dès l'eufance, si, comme la soeur de iSlOïse, vtms eussiez trouvé un législateur sage tif sévère» qui, sails égard au rang que "«^ous tenez dans votre peuple, sans acquiescier à la ^air e^au saug^ vous eût séparée du tabernacle saint et du camp du Seigneur, jusqu'à ce que votre humiliation et Votre douleut* vous eussent disposée à recevoir la guérisoh ,êt à Venir préàeOter tôs offràhdes atec'le reste âe$ Fidèles. Une seule confession taité à un pfétre sàiut et édàîré, vbus auroit renouvelée^ et Vous Voilà encore la méiUe^, tibfès tant de Sacremens et dé dânaarches inutiles de pénitence. '

MWitqp^^^^i la même? Ah 1 voua tve&^a^è i des désordre»

qui n*ont jamais été pardonnes, par ce cfne tous ne tous en êtes jamais repentie comme il faot ; vons y avez encore ajouté la circonstance afFrense d'un grand nombre de sacrilèges. Mais il eût donc nîenx Tain, me dires-vons, demeurer toujours endurcie dans mon habitude, et ne faire jamais d'cfibrt pour en sortir? Sans doute, il eût mieux valu demeurer pécbenr, <{ue yenir profaner le sang de J. C. Mais n'ayiez-Yous point d'autres moyens pour éviter le sacrî* lége ? ne pouviez- vous pas vous disposer par une sincère pénitence, k approcher dignement de l'autel ? est-ce une alternative inévitable, ou d'abuser des dioses saintes , on de s'en éloigner ? Ab ! ce ne sont pas les remèdes divins qu'il faut fuir , ce sont les passions qu'il faut vaincre ; ce n'est pas en devenant impie, qu'il fout éviter les profanations, c'est en usant avec piété des grâces de l'Eglise; ce n'est point en secouant le joug qu'il £iut devenir meilleur , c'est en observant la loi avec les dispositions avec lesquelles elle veut être observée; ce n'est point en disant avec l'impie : Puisque la loi est une occasion de chute , pourquoi me condamne-tron lorsque je ne l'observe pas ? mais c'est en disant avec une ame touchée: J'ai lavé mes piea^i comment les salirai-je encore ( Cani. 5 ; 3 ) ? Vous avez brisé mes liens , Seigneur; on ne me verra plus en resserrer les funestes nœuds: vous m'avez retiré des portes de l'enfer; je n'y descendrai plus , de peur que mon dernier état ne soit pire que lepremier. En effet, M. F., non-seulement la rechute est un vice que rien n'excuse, à cause de ringratitude, de la perfidie et du mépris qu'elle renferme ; c'est encore un vice dont le pécheur a tout à craindre, à cause de l'impcni-' ience et de l'état tranquille de crime oii elle le conduit tôt ou tard.

SECONDE PARTIE

RiEH n'est si vrai , M. F. , que les rechutes finissent enfin par un -jétsit fixe et tranquille de crime ; et vous n'en douterez plus si vous voulez faire avec moi trois réflexions , qui sont les preuves incontestables de cette grande vérité. La première, que les ressources de salut , qui opèrent d'ordinaire la conversion des autres pécheurs , deviennent inutiles è celui qui retombe. La seconde , que , supposé même qu'il pût«n faire usage , Dieu se lasse de les lui accorder. La troisième, que la bonté même de Dieu ne se lassant pas, la malignité particulière du péché de rechute, jointe au caractère du cœur humain, doit nécessairement conduire le pécheur à l'endurcissement. Renouvelez, je vous prie » votre attentipn.

En premier lieu, les voies ordinaires dont Dieu se sert pour conver< tir un pécheur, sont les nouvelles lumières dont il le favorise. Une ame est 'éclairée comme par un rayon soudain sorti.du sein de Dieu même , sur ses devoirs , sur ses infidélités , sur la vanité des choses ^d'ici-bas , sur la réalité des biens à venir ; alors le pécheur surpris aUndigne de la grossièreté dé ses erreurs passées, et suit la vérité qui se présente. Km à Totr^ égard, mon dier Auditeur, vous qui

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