‹ Œuvres de Massillon, ci-devant prêtre de l'ortoire, évêque de Clermont l'un des quarante de l'Académie FrançoiseChapitre 85 sur 131 · PREMIERE PARTIE · texte numérisé non relu

PREMIERE PARTIE

Lks préceptes que je voua prescris , disoit autrefois le Seigneur à son peuple, ne sont pas au-dessus de vot forces , ni- inaccessibles à la portée de* votre esprit : ce ne sont pas des^ secret s cachés dans le CieLy de sorte que vous puissiez. dire: Mais, qui dé nous pourra s'élever jusques.-là pour les découvrir et pour les comprendre? ni des connoissances qu'on ne trouve qu'au-delà des mers , de peur que voo$.niS me disiez: Comment pourrons*nous les traverser pour nous en instruire? Ce sont des devoirs qui sont à vôtre portée, et tout. proche devons; qui peuvent s'accon^plir dans votre bouché et dans vQtrf^pççur : de sorte que vous n'avez plus d'excuse à m'opjH>,ser , si vous vous dispensez de leur observance : Sedjuxtà te est 9€rmo ^ in ore tuo , et in corde tuo , utfacias illum ( Veut. .3o ; 1 4 )• JHofsitlon. TOtfs u '2%

à38 JEUDI DE LA F* SEMAINE.

Or , ce qne le Seigneur dit en général de tous les préceptes de sa loi sainte, qu'il n'en faut pas chercher la connoissanee hors ^e nous, et qu'ils s'accomplissent tous dans notre cœnr , et dans notre bouche ; nous pouvons le dire plus particulièrement du précepte de la prière , qui est comme le premier et le plus nécessaire de tons.

Cependant, ce qu'on oppose le plus ordinairement dans le monde à ce devoir, c'est qu'on ne sait que dire à Dieu quand on vient se présenter à la prière, et que l'oraison est nn secret où jusqu'ici on n'a pa rien comprendre. Je dis donc qne ce prétexte prend sa iource dans trois dispositions injustes': la première, c'est qu'on se trompe dans l'idée qu'an se forme de la prière ; la seconde , c'esl qu'on ne sent pas asseftses misères et ses besoins; la troisième, c'est qu'on n'aime poînt son Dieu.

Je dis^ premièrement, qu'on se trompe dans l'idée qu'on se forme de la prière. En effet, M. F., la prière n'est pas un effort de l'esprît, un arrangement d'idées, une pénétration profonde des mystères et des conseils de Dieu : c'est un simple mouvement du cœur; c'est un gémissement de l'ame "viveiiient touchée à la vue de ses misères» c'est un sentiment vif et secret de nos besoins et de notre foihlesse, et. une hiimble confiance, qui l'expose à son Seigneur, pour en ob« tenir ki délivrante et le remède. La prière ne suppose pas dans l'ame qui prie^ de grandes Ittmières, des conmoissances rares, un esprit pins élevé et ptttft CttUivé qne celni des antres hommes: elle suppose seulement plus de foi, plus de componction, plus de désir d'être délivré de ses tentations et de ses misères. La prière n'est pas nu secrfet ou une science qu'on apprenne des hommes*; un art et nne iHéthode inconnue, siur laquelle il soit besoin de consulter de^ maîtres habiles pour eil savoir les règles et les préceptes. Les moyens, le» maximes qii'qn â'voalu nous donner là«-dessu8 en nos jours, sont^oa des voies singulières qu*il ne faut jamais proposer pour modèle, oa >es spéculations vaines d'un esprit oiseux, ou un fanatisme qui mène à tout, et qui, loin d'édifier l'Église, a mérité ses censures, a fourni aux impies des dérisions contre elle , et au monde de nouveaux prétextes de mépris et de dégoût delà prière. La prière est un devoir Sur lequel nous naissons tous instruits : les règles de cette science Hi'viiie ne tont ^éerites que dans nos cœurs ^ et l'Esprit de Dku est le seul maifre qiii l'enseigne.

Une ame simple et innocente , qui est pénétrée de là grandeur de jbieu, frappée de là terreur de ses jugemetis; touchée de ses miséri* cordes infinies ; qui ne sait presque que s'anéantir en sa présence , Cf>nfesser dans la simplicité de son cœnr, ses bontés et ses merveilles , adorer les ordres de sa providence sur elle , accepter devant lui leS croix et les peines que fa sagesse de ses conseils lui impose; qni ne coniîoft pas de prièr,e plus sublime ,' que? de sentir devant IHcii toute Ja corruption dé son cœur ; gémir sur sa dureté et sur àon oppositioit à tout bien ; liii demander avec iule foi vive, qu'il l*a convertisse, <|[u'ii détruise en elle cet homme de péché, qui, malgré ses plik)

SGft LA PRIERE. ' BS5

H^rmeA re^laiioas , lui faU faire tous les jours tant de feux pas dans jes votes de Dieu { uneame de ce caractère est miflé fois plus instruite &ar la sei^ce de la prière ^^ que les- matures et lès doctt^nràèuï-tnétnes, lêt p^t d ! re a V ec le' • Prophète • î • Sttper orhnes ' dôcèntes me ' inteUexi (P^. .1 18; 99 )« Eite ^'^rle à son Di«u comme' un ami à son ami; elle s'afflige de î-ui avoir d^plu ; elle se reprocbe de n'avoir pas encore \m, force de renoncer à tout pour loi pt^ire : é\\^ ne s'élève pasdans là Sublimilt^ de ses pensées ; elle lameplh^Ier son cœur , elle s'abandonne à toute S9 teiidr^se devant l'objet qu'elle aime uniquement. Daiislo temp$ même que son esprit s'égare, sori cœur veille et parle pour elle; ses dégoéitft. mêmes deviennent -une 'prière, par les sentinieos qui s« arment alors dans $on cœur : etle s'attendrit ; elle soupire ; elle se déplaît ; elle est à chargea elle-même; elle sent la pesantleur de ces liens ; elle ^ rapirpe cpirifil!^ pppr ^'çn dégager et l^s rompre y elle «enou* yeUe |ni)le fois ses protestations de fidélité ; elle rougit et se confondj^ ^e prqm^ure toujotirs, et de se retrouver toujours infidèles voilà toul lie secret et jtou^e la science de ^a. prière* £tqu'j a-t^il là-^i jie soii à la portée .de toute p me fidèle 7 .. ' ^ . <<•.

. Qui avoit instruit à prier notre pauvre femme €«nanëennè ?' une étrangère y une fille- de Tyr et de Sidon , qui ignoroit les merveille^ de la loi , et l«s gracies des Prophètes ; qui if^avoitpas encore entendd (le la bouche du Sauveur , les' pareJes de la vie éternelle ; qui étoit encore assise dans ^es ténèbres de l'ignorance^t de la mort: elfe prie cependant ; elle ne s'adresse pas aux A])6tres , pour apprendre d'eui^ les règles de la prière : son amour, sa confiance, le désir d'hêtre èiau-^ cée, lui apprennent à prier; son cœur touché fait tout le mérite et toute la sublimité de sa prière.

Et certes, si, pour prier, il falloit s'élever à ce% ét^ts sublimes â*orai&bn , ou bleu élève quelques anies saintes ; s'il falloit être ravi comme Paul jùsques dans le ciel, pour 7 entendre ces §ecrets ineffables que Dieu ne découvre point à l'homme, et q.n'il n'est, pas permis à Thomme lui-même de révéler; où comme Moïse, sur la montagne sainte , être placé snl* une nuée de gloire, et voir Diçn face àfâce^c'eat-à-dirë, s'il falloit être arrivé à ce degré d'union intime avec leSeignenr, oùi'ame, comme si elle* étoit déjà 'dépouillée* de son ccn*ps , s-'élève jusque dans le sein* de Dieu' même; cohttemple a loisir ses perfection s- infinies; oublie, pour ainsi dire,' sésibémbres qui sont sur la terre; n'est plus trotrblée, ni inêhie divertie , par les fatiièmas des sens'; est fixée et comnie absorbée dans la contempla* 4ion des merveilles et des grandeurs de liieu ; et participant déjà à son éternité, ne compter oit un siècle entier passé dans cet état heureux , ^ue comme un instant court et rapide ; si , dis*]e , ppiir prier , il faHoitètre favoHsé de ces dons rares et excellens de l'Esprit-S^int , vous pourries nous dire, comme ces nouveaux Fidèles dont j^arle S«Pafil, que'Vdus ne les 'avez pai reçus, et que vous ignorez même quel est l'esprit qui les communique.

^^WMbi' l^'^^îère »*^t pas un' d^on>palàic^î^er réservé à' ^^értiincs

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340 JEUDI DE LA r« SEMAINE,

aines privilégiées; c'e&run deroir commaa imposé à tonC Çidèle: ce n'est pas seulement une Tçrtu de perfection, et réservée à certaines âmes plus pures et plas saintes ; c'eat une vertu indispensable , comme la charité ; nécessaire aux parfaits comme aux imparfaits ; à la portée des savans , comme dea ignorans ; ordonnée aux simples , comme aux plus éclairés : c'est la Ycrtu de tous les hommes ; c*est la science de tout Fidèle: c'est la perfection de toute créature. Tout ce qui a un cœur et qui peut aimar F Auteur de son être ; tout ce qui a une raison capable de connoitrc le néant de la créature et la grandeur de Dieu , doit savpir Tadorer, lui rendre grâces , recoiirir à lui ; Tapaiser , lorsque! est irrité; l'appeler lorsqu'il est éloigné; le remercier, lorsqu'il favorise; s'humilier, lorsqu'il frappe; lui exposer des besoins ou liû demander des grâces.

Au^i, lorsque les disciples demandent à J. C. qu'il leur apprenne à prier : Doce nos orare ( Lue, 1 1 ; i ) , il ne leur découvre pas la hauteur, la sublimité, la profondeur des mystères de Dieu : il leur apprend seulement que. pour prier, il faut regarder Dieu comme un Père tendre, bienfaisant , attentif; s'adresser à lui avec une familia*rite respectueuse, avec une confiance mêlée de crainte et d'amour ; lui parler le langage de notre foiblesse et de nos misères ; ne prendre des expressions que dans notre cœur ; ne vouloir pas nous élever jusqu'à lui , mais le rapprocher plutôt de nous ; lui exposer nos besoins; implorer son secours^ souhaiter que toos les hommes Ta* dorent et le bénissent ; qu'il vienne établir son règne dans tous les cœurs , que le ciel et la terre soient soumis à ses volontés saintes ; que les pécheurs rentrent dans les voies de la jus^ee; que les infidèles arrivent à la connoissance de la vérité; qu'il nousvremette nos. offenses; qu'il nous préserve de nos tentations; qu'il tende la main à notre foiblesse; qu'il nous délivre de nos misères. Tout est simple , mais tout est grand dans cette divine prière : elle rappelle l'homme à lui-même; et pour en suivre le modèle , il ne faut que sentir ses besoins y et en souhaiter la délivrance.

Et voilà pourquoi j'ai dit, que la seconde disposition injuste, d'où partoit le prétexte fondé sur ce qu'on ne sait pas prier , est qu'on ne sent pas assez les besoins infinis de soa ame. Car ,. je vous prie , M. F.^ faut- il apprendre à un malade , à demander sa guérison ; à un homme pressé delà faim, à solliciter la nourriture; à un infortuné, battu de la tempête et sur le point d'iin triste naufrage, à implorer du secours? Hélas! la nécessité, toute seule ne fournit-elle pas alors des expressions? ne trouve- t-on pas dans le sentiment tout seul des maux.qu'on endure , cette éloquence vive , ces.mouvemens persuasifs^ ces remontrances pressantes qui en sollicitent le remède ? un. cœur ^ui souffre a-t-il besoin de maitre pour sa.voir comment il faut se plaindre? Tout parle en lui; tout exprime sa douleur; tout annonce sa peine | tout sollicite son sbulagement ; son silence même est éla- «queut.

, ^ons-mène» qui tous plaignez que yousiiejsayeacomineAt tous

SUR LA PRIËftE. '"^' SU

y prt ndre pour prier , dans tos afflictions temporelks , dès qu^nne infirmité ^cbeuse menace votte yife, qu{un éyénemént îfiattendu met vos bien% et votre fortune en péril , qu'une mort ppochaine est sur le point de Vous enlever une personne , ou chère on nécessaire : aloirs vous levez les mains au ciel ; vous y faites monter des géihtssemefis et des prières ; vous vous adressez' au Dieu qui frappe et qui guérit ; TOUS savez prier alors ; vous n'allez pas chercher hors de vot^re cœur des leçons et des règles, pour apprendre à lili etpo»er votVe peine; ni consulter des maîtres habiles , pour savoir eé qu'il faut hn dire : vous n'avez besoin que de voire doulear ; voa maux iout seuls ont su vous instruire. . -, ^

• Ah! M. F., si nous sentions les inisères de iiotre ame« comme noussentOQs celles de notre corps ; si notre salùt éternel nous intéressoit autant qu'une fortune de boiië'; ou une santé fragile et pé* rîssable , nous serions habiles dan^ Tart divini dé là prière ; nous ne nous plaindrions pas que nous n'avons rien à, dire en là présence d'un Dieu à qui nôuS avons tant à demander; il ilé faudrait pas donner la gène à notre esprit , pour trouver de qu6i qou's,' è];itretenit avec fui; nos maux pariëHroiènt' tout seuls; notre cœpr's^échapperoit malgré nous-mêmes en de sàit^tès effusipnsVçoiïiiùë celiii de ht mère de Samuel devant l'Arche du Se'i^neui';' nous iié&eripps plus maîtres de noire douleur et de nos larfries'; et la pfii.f iûté' marque que nous' n'ayons point defolr^^l ^oe-ndQl^Bpusreonnoîssons pas nous-mêmes, c'est que nous ^-9S^y<oHS!quc^ dire au Seigneur .damr rîAtervalle d'une courte prière.. : - / .; . .. •.; ,. . i ,^.. : ty

Et certes , M. F. , se peut-il fàjre, qnedari^îià'ihlséiiible ebïiditî^rtV de cette <^ie humaine; environnés , coMrhe^iionS' sonliiffts ,' de tant de périls ; pétris nous-mêmes de tant dé'foiblesses , Itii^lé'^infc a toui^ momens' délire aédùits par IcfS objefi'de la vânîfë', èefVd^us par les illusions des ^tn$ , entrailles pW la'forêe dèë -eftlélâlH^s';'^ prbre à la tyvannie de nos penchans^ }k l'empire de notre èlA9i^«' a* l^ncchfis** tance de notre cœur, aux inégalités de notre raisîM^lniie^^prit;^ de notre imagination , aui: vairià tiens 'éternelles dé'^Otre'heteeiir; abattus par i0S'^disgra«es, 4B»fiéspar la prospérité' ^,'ailloll'iy pcr Ta'bondancè i aigris par la nécesalté ^ emporta par le» ^jOttènraes-Vébtanrlés par les évdneniéns, Nattés pa» tes bybanges ,'#étdlté8 pav les mé^ pris; toujours en balance entré fios- passions et nbs^ d'evàirs;' entre nous-mêmes et la loi de Died :sepe«tt*il £aire^àë;di(ifs*mie situa^ tion si déplorable, -nous soyons^n peine quekleiiiauâèi*iei^ Seigneur, que lui dive^ lorsque nous venons à pareitre en sia p^am^? Oméa Dieu ! pourquoi l'homme n'est-il donc moins misérable,? ..ou que ne connoî t*il. m iêux ses misères ?[ , .,. ,:.. : , *

Ahi «i'.iiiQiiis iiou^ disiezrtBion fâiet Aliditèuvi quedànsia prière voosne sajriez fof oùcommeacer: si vont noua âiaiez:q<ie vos* besoins sont ip^k V vos inisères et tro» pasti^ons as multipliées, que vous ii'aurWi<lin$i9 f«U).$l vousvouliea U^ éxpeaen tintes .«a Seigneur: si vous^npiis dîftie^> cpeplus yoos apprafondisses votre joœur , plus

3;,2 JEUDI. BEl/A P*, SEMAINE.

:vos plaWs s,e-d$yçtopp€ntj:plttS voiit^flécQavveaSiieiivou» (le'ci^nipr» tion et.d«tclé6Qr4çQ ; e^t.que 4^ae,<^éraQt 4e. pouvoir ract>iiter*aii Sei^ ^p£ui: ^e détail ip^ni Aie vas:iQibl^$se^ ^ tou» \m prétfiitez vcftre eceur t^ul. entier; v.Qus.JaUf^ai .parler vos maux pom* votts^méme ; ^oui faites d^.i^otr^ jQOiifasioa f de votr^ htimiliation ei de votre ailence % iout l'apt 46-yptr« prières et que paur avoir trop à lui dtre,^oii&iie lui dilî^ç j?i?n hs\ iirou* parll^s^vrejaogagf , vous pari çriei le langage ée h fpi). \e lavage, d'un roi.pénil^nt, quin^olânt pins à la vue de aes cb.tt^e^>^>pairL0rà son Dieu*d8(nK la prière, disoh : S^gneur , je ^e fi^i^,,liVâQ:%(Mi?epI^»$klce.}flq|mll>i|lniUabiottet ma confusion ont parlé pour moi : Obmutui, et humiliatus sum ( Ps^ 34J ; .'i). Et alors % dans cesiIence^de,honteetde co^pjpnction, la douleur de mes crimes s'est renouvelée : ^è^ dolor.meiis rençyatus est» Mon. coeur pénétré de mes .îngrâui.vdès et de vos misericO^iles » s*est senti enflammé d*un nouvel amour pour vbiis : Cancaluit cprmeum fftr4 fnc , et. in me^ ditatiohè meâ tgx'ardescetighis (I6îà. L), Et tout ce que faî pu vous

çiitus sùm ii^Ur^uâ meâ,: F<sràfu ï;;Ç?/?{i[aJ,, omms homo

viyensTThidf. 5 et 6 ). 1?o,3â U wlfifuiedç iopiponçtion .que forme der vantUieuXayçriraHe.pr^er6.,,j .,., . , • , , ., ,. , . .

^ ^ai«âe90ii9iMnirpfoinâtk;-^èiôus^n*avez plus fiéh à dî^^quiifnd uTOos voui^ri&riier î»'»t'qttoi ! wiofr eher Auditeur ,' Voè cti mes "passés du moins, lorsque vous veilez vousprésenier ée^Ètiit'Bi^^ ne véus jof!fren^^Sr;r^ÙDf^mdi:e de &çs «jiHjgeniens» ou à de.fivander à sa mi- ,^ricf>f 4ft^ âttfH ^ iQute votre vie^a été'p/eut-étre,un*fiblnie de désordre ^,'R9|is.p^q^ abusé d^toatv.de ia. grâce., 4e, voja- talcps, de yotrjç r^^Qfh^^lie vos biena , de .v«is. dignités « de iKHi^a-^efs !crjé!aCures ; you;» a<v;ez.pa€f^^ j\liis belle i>a:rM4$ de: vos jours dans It oubli de Dieu, .da^ r^ég^rej^f^ du monde. iE»( deis passions i; vous atez avili voire CQsur .{^ç ^s ^Htfohem^ns inj'u/^tefii ^ ^oitillérvoUe -eorps ? révolté vos seiis,r^d4r%]fé ^^f e imaginatioi», , ia£f^^ ^umiè^es, éteint même

çe;(|^(^ 4^. inclina lions naiuii^lef fatioienl mis d'hemief^; en votre ^v^i ct£G^5{0«i^v^^MÇ|iie vous fourniiî^b^-deivah^ j^i«ii;^-et il «evous ' ^MH^^Ç K^ ^#9iHI9t.il fAul'recouril^à lui poxirobfieAiD 1^ pefrdon de tai^t.dc^çtjji^^ ?i.§t vQufn'avezi rien à dire à un lOieù que iM>ns avex .si^iojig-tea^tojUcagé? O boœmel il faut dohc.«:oU que votre salut soit sdi]«,]?e6«oar«f%ft4>u^4qtte vous ayezid'ftutres i*e$$odreei pCM»r Tob* tenii;, qiie^,(;eU^ de Jfa cliémence et de-la midérkocdettli^ifiie.

' • Màls-Je -vtrii-plti^lôîn; 'itibn cher Auâil'eii'r. %i voils "menez une vie chrétienne ; si , revenu du monde ètà'eï |)Iârsirs', vous ê'i<^s enfin entré dbn« les irpies du'«alik^tTàus'él«s encote^plcâ hlj^M de vous .plaindnKque vous se t ronvee rien û dire.au StfigneuKdafiîs ^os ptiètti. •Quoi! la gtwce sitiguliève tpi'il ^u»vâ isthe d^ottvrir ^ft^jtu^i de vous désabsser da mondep éc- vodi ^-etirer^ du foà'à ât Vkïttme; ee tieufaii « inre- et /ejfbfé à tgpt -de pédienrii, ne 'IWriiie^41 aiTcttO

seo^lment de recoitnoissance dans votre cœur qaand voos.étes à ses pieds ? ee souvenir peut-il vous laisser ftroid et insensible ? la préfence de votre Qienfaiteur ne réveille^t-elle en vous rien de tendre; vous qui vous piquez de n'avoir jamais oublié un bienfait , et qui iTaites tant valoir la tendresse et l'excès de votre gratitude envers' leii créatures ?

D'ailleurs 9 si vous sentes ces pencbans infinis , qui , malgré votre changement de vie , s^oppo&ent «nc6re en vous à la loi de Dieu ; cette peine que vous avez encore àiaire le bien ; cette pente malheureuse que vous trouvez encore eu vous pour faire le mal ; ces désirs d'une vertu plus parfa.iter qi^i n'ont jamais 4^ suite ; ces résolutions qui vous retrouvent toujours infidèle; ces occasions où vous vous retrouves tpujours le même; ces devoirs auxquels votre cœur offre toujours la même répugnance ; en un mot, ai vous sentez ce fonds iné- 2>uisahle de foiblesse et de corruptîou , q,ui v.ousjreste encore après votre converaiiion 9 et qui alarme si fort votre vertu , non-^seulement vous aur,ez de quoi parier au Seigiieur dans la prière , mais toute votre vie sera une prière continuelle. Tons les périls qui menaceront votre foibjesse , tous les éyénemens qui ébranlerout vptre foi , tous les objets qui réveilleront les plaies anciennes de voire cœur , tous les mouvemei^s secrets qui vons avertiront que l'honime de péch'é vît toujours en vous, vous feront soupirer en secret vers celui de qui vous en attendez la délivrance. Vous prierez en tout lieu , comme dît l'Apôtre : tout vons rappellera à -Dieu; parce que tout vous fournira

des retours chrétiens sur vous-même.

D'ailleurs , moucher Auditeur, quiind vo» pjx>pres misères se pouir- ' Toient pas remplir le vide de vos prières» ocoup^^z-yous-j 4^.|B(E|U|b de l'Eglise; des dissentions d«a pasteurs; dfi l'esprit de schisme qc de révolte qui semble se fprmer ida'ns le.Sa/ictaair«; du .felâcliemei^ des Fidèles; de la dépravation des mœucs; du triste prp^rès de l'infcréduiité ; d« i'extinctioo d« la foi purmi Us hommes» Gémissez sur les scandaies ^ant tous êtes tous les jours témoin ; pJkHg^K-iv<n|s afi Seigneur y comine le Prophète y que tous l'ont abaflêdo^iaé ; que cha.con cherche ses {uropresintéDèts;. que le sel même d^ la terre s'est «fEsdi ;> et ^que -k ipàÀé^est.deveuim un gain. .DemwBdeit ^n Seigneur , pour la coasomn^tioii de »cs£itts «t peur 1 -aceiQHilplissemont de si^ dessein^ sur iSpi^Egl^^se^ des princjes i;eHgi eux,, des^ pasteurs fidèles , des docteurs^hitimlMes fi éclairés, des. gûidc^s instruits et désintéressés ) des solitaires. fervei^, d|es,vierjges pures ,et édifiantes;' la paix des Eglises; l'extirpation <Jes erréijirs ; Je retour de tan (de petiplei^ que l'esprit de l'hérésie a séduits , et qui ont substitué des doctrines nouvelles à la religiou dc leurs pèires.

Que dirai-je encore ? I)eraanaez-lui la conversion de vos proches, t\t vos amis, de vos, ennemis , de vos. protecteurs , de yos maîtres ; la conversion de c?s âmes à i]m vous avez été vous-même un suj<^t de cbute et de ^c^ndale; deçelles.qne vous, avez vous-même autrefois .éloignées de la piété, par yos dérisions et par vos censures v ^^

344 JEUDI DE LA r« SEMAINE.

celles qui ne doivent peut-çtre qVà Timpiélé de vos dîsconrs passes^ leur irréligion et leur libertinage; de ccfles dont vos exemples on, Tos sollicitations ont autrefois, oii perverti la vertu, du séduit la foiblesse. Est-ce que ces grands objets, si tristes, si intéressans, ne sauroient fournir un moment d'attention à votre esprit , ou quelque sensibilité à votre cœur? Tout ce qui vous environne, vous apprend à prier ; tous les objets , tous les événemens que tous voyez auteur devons, vous ménagent des occasions - nouvelles de tous élever à Dieu : le monde, la retraite*; la cour, la -ville; les Justes, les pécheurs , les événenens publics et domestiques ; le malhenr des uns , on la prospérité des autres; tout ce qui s*offre à vos yeux , tous fournit des sujets d'e gémissement , de prière , d'actions de grâces. Tout instruit votre foi; tout excite votre xèle; tout contriste votre piété ; tout rappelle votre reconnoissaiice : et au milieu de tant de stijets de prier, vous ne savez comment fournira un instant de prière? et entouré de tant d'occasions de vous élever à Dieu , vous n'avez plus rien à dire, quand vous venez paroitre en sa présepce! Ah î M. F. , que Dieu est loin du cœur qui a tant de peine 4 s'entretenir avec lui, et qu'on aime peu un maître et un ami , à qui on ne trouve jamais rien à dire !

Et voilà la dernière et la principale raison , qui* fait que nous aommes inhabiles à la prière. On ne sait point prier et parler a son Dieu, parce qu'on ne l'aime pas. Quand on aime, le cœur sait bientôt comment il faut s'y prendre pour entretenir et pour toucher ce qu'il aimé; il ne va pas chercher bien loin ce qu'il doit dire : hélas ! ilne.sanroit même dire tout ce qu'il sent. Rétablissons l'ordre dans notre cœur, M: F., substituons Dieu à la place du monde : alor# notre boeurne se trouvera plus étranger devant le Seigneur. C'est le dérèglement de nos affections tout seul, qui fait notre incapacité de prier : on ne sait pas demander des biens éternels que l'on n'aime pas; on ne sait pas méditer- les vérités que l'on ne goûte paa^ on n'a rien à dire à un Dieo que l'on neoonnoit presque pas; ou ignore comment solliciter des grâces que l'on ne souhaite pas^ on ne sait pas faire Instance pour obtenir la déliviunce des passions que l'on ne hait pas: en nn mot, la prière est le langage de l'aimour; et nons ne savons pas prier, parce que nont ne savons pas aimer.

Mais dépend-il de nous, me direz- vous/ â'ayoi!r le goût de la prière ? et comment prieur avec des dégoiits et dés é^garemens d'esprit , dont on n'est pas le maître , et qui la rendent insoutenable ? Second prétexte tiré des dégoûts et des difficnltés dé la prière. '

SECONDE PARTIE

U^ des. plus grands désordres du péché , est sa^s doute cet éloignement et ce dégoût naturel que nous avons de (a prière. L'homme innocent auroit fait toutes ses délices de s'entretenir avec son Dieu : ioiitesles créatures aaroientété comme un livre onrert, où il aarbit

St7R LA PRIERE. 3^5

sans eesse méclîté ses œuvres et ses merveilles : les impressions des sens sbiimises à sa raison, n'anroient jamais pa le distraire malgré Ini , de la douceur et de la familiarité de sa divine présence : toute sa vie eû^ été une contemplation continuelle de la vérité : et il n*eut été heureux dans son innocence, que parce que le Seigneur se serott sans cesse communiqué à lui et qu*il ne l'eût jamais perdu de vue.

Il faut donc que Thomme soit bien corrompu , et que le péché ait fait en nous d'étranges changemens, pour nous faire une peine de ce qui devroit être noU*e félicité. Il n'est que trop vrai cependant , que nous portons presque tous dans le fond de notre nature, ce dégoût et cet éloignement de la prière ; et que c'est le prétexte le plus universel qu'on oppose à l'accomplisseioent de ce devoir, si essentiel à la piété chrétienne. Les personnes mêmes, à. qui la pratique de la vertu devroit avoir rendu l'usage de la prière plus doux et plus fa^ milier , ae plaignent tous les jours des dégoûts et des égaremens étemels qu'elles éprouvent dans ce saint exercice ; de sorte que le regardant, ou comme, un devoir onéreux , ou comme une gène inutile, elles en abrègent les momens , et croient être quittes d'un joug et d'un assujettissement, quand elles voient finir ce temps d'eunui et de oontrainte.

Or, je dis que rien, n'est plus injuste que de s'éloigner de la prière, à cause des dégoûts et des égaremens d'esprit , qui nous la renden.t pénible et désagréable; parce que ces dégoûts et ces égaremens prennent leur source, premièrement, ou dans notre tiédeur et jnos infidélités; secondement, ou dans le peu d'usage que nous avons de la prière ; troisièmement enfin ^ ou dans la sagesse de Dieu même qvd nous éprouve, et qui veiit purifier notre cœur, en nous refusatft pour quelque temps les consolations sensibles de'la prière. ' -

Oui,' M«F. ,tla première souitee. et la pl9ftcpmmnne des..dégoùts et des. aridités de nos prières , c'e^t la tiédeur çH l'infidélité de ^otre vie. C'est en effet une injustice, de prétendre que nous puissions porter a la prièr$;un esprit sereiu et traqquiile ; une imagi^atîm calme «t libre de M'uS'JiC^ vains fan t^meik qui Tagltent; ub cœcir.tott-* cbé et disposé a. >gpûter . 1(|, prési^pee, .4e ^sun Di^eu ^ tandis que« toute notre vie, quoâqne d'ailleurs vertueuse, a^ 7^»^ deshi^mmes, sesa une dissipation éternelle; que nou4 vivrons; au, milieu des objets les l^uS propres à remuer. l'imagination, è faire en nous de ces impressions vives qui ne S'ef^çent plus : en un mot, quenops conserverons 44ans notre cœur .mille at^acbemens injustes, qui ne nous paroissent pas absolument criminels, mais qui nous troublent , nous partagent, nou^ occupent ,; et q.|ii affoiblissèfit f n 119^%,, pu même qui nous ôteilt toat-e-fait le goût de Dieu et des chos^s.étemelles.

Hélas ! M. F., si les âmes les plus retirées et les phis saintes; si des solitaires péniten»; si un Antoine ^au 'fond des déserts ; si nn Jerûttie,' exténué par des macérations oontinneUes et par des études laborieuses ; st nn Benoit , purifié par une longue retraite et par «ne

^j« r<mfe epîi»^*,. rroa^oi«it «Kîor» «iau» r« ksî «frvcaîr de leur» jiu«nr* ;>a!M»»«^, #i^?* imae*» ôr-tLcus^s, «foi »«u>i«ii ;asque dans le IrMKl 'i^ HT^rs W Xfuif^, frtvahieT \sk ëoacror et ia rranqaill ité dç leurs pri4trfin ; pr^f^Tirii-inf-fc^*! ^pi^* ^n* a*»* vî« ea^oilere , je le venx , in»%* t/yxue pt^iœ «ia^i'^acioos. «i~<icea:?-iaas (pxi nous eolr^jnent. ddiriii^^* fpi ftofu (ii444p«iit, de tenr^ru^ns qxû. baios Çroubteot, de «ii^cnnr* /jiii non» ebraDi^it, depîa «r» «çti. nous amollissent^ de «çralftf»»^ on rl>spéran«îes ^i «oas a^'t^st . kctxs boos trouverons f^nC #i*a0 ci>*rj> dai» la prière de noa^eam koflunes, purifiés^ de f<>nf^ ei?» xmA^/t^ fini ▼ienneat de so<iiIler««3Cre esprit, fibres de loas te* ^tt^dxetMiki qni Tiennent de partager et corrompre pent être ncftre cœarf ealm#^ de toafes ces agi'aîioiM qrà Tiecnent de faire nnr no^re ifme àen impressions si Tioîesres et si dangereuses ; et qa'onbliant poor os mora^nt le mfmde entier et toos cesTains objets ffne nrya^ Ten/>ns de laisser, et que noas portoes encore toiitf dans noîr^ v>«rf enir et dans notre enprrr, boos noos tmaTerons toat d'oii t&fipéier^ derant Dîen à la méditation des choses célestes, péné'frés de Famotir des biens étemels, pleins de componction pour ioille infidéfités qae nous aimons encore, et d'une tran/foillité d*est)rit et de e/'jenr, qne la retraite la plas profonde et le détacbement le plo's tif^onreux ne donnent pas quelquefois eux-mêmes. ÊLh ! M. F. , qnle Jïons ifrmmt* injustes, et qfte les plaintes qne nous faisons sans cesse Cfrttfre les âf:ro'm de la piéré, se tooracront nn joar en de terribles reproches contre noas-mémes.

, ' Et ponr approfondir encore cette Terîté, et entrer dans nn déîail qai rotv^ lai rende pins sensible, tous toos plaignez , premièrement , qne votre esprit, incapable d*nn instant d'aiteniion dans la prière, *J ^gare sans cesse et toos échappe malgré Tons-raénies. Mais comment von lez^rons l'y trouver attentif et recueilli , si tout ce qtie voifs lattes le distrait et le dissipe; si , dans ie détail de H conduite*, Vons ne voof ràppt^e^ jamais â vous-même; si vous ne voas acÊô^u^titnéSE point a ce reeoeillement intérieur^ à cette vie de fm, qot, an hiilieu ^néf» e dés di fsipations du monde , trouve des sonrces de refilions •aintes?'Poar trouver no esprit rectteiHi dans la prière, il faut Vy potier; il faut qne le commefcè même des péeheu^s, leè'squ'èn est nH't^é Ae"in\ré an mllren d'eàiE, que la vue deienr«i pasiniods, àe l^ftrs inqtiiétndes , delêtirs ^craintes , de lenrs espérances , de leurs joie4 , de leurs éfaagrhi^, deieor misère , fournissent à notre foi des T^4ie%toni et des retonvft vers 'Dieu, qui nous préparent au recueillement el: â ta tranquillité de la prière. Alorè , au sortir méine du monde rt de» éonversations mondaines , où Je devdiir tùiek seul vous atrrd eng^giis, vous n'ain*ez pas de peine à voto aller recueillir devant Dieu, et d'ouMier à ses pieds les vaîM» agitations dont ve«ls "venet d^éife' lémOio. AttêontCAite^ lés^vne» dé t» foi; que tous y aurtït conservée», L'airenglenaent «des moadei^s que tous y aurez déploré cnisccret, vous fera trouver de. nouvelliss douceurs aux pied» ci4 J. p, : vo«f TOUS 7 délasaereE avec consoUûon .4e renaiii des dit-

^ 5Ua LA PRIEBE. .347

Tft'rpaliôo^ et des înulUi^és mondaines ; vous y gémirez avec im nouveau ^oût snr la folle des hommes qui courent avec tant de fureur itprès la fiunée , après un bonheur qui les fuit et qu'ils ne trouvent jamais, parce que le monde y où ils le cherchent, ne sauroit le donner; voua y remercierez pi u^ vivement le Seigneur de vous avoir éclairés et discernés avec tant de bonté, ittalgté vos- crimes, de cette mulii- 'tudequi doit périr; vous y verrez, commedans un nouveau jour , le Jïooheor.des âmes qui le serveitt , et qui^ détrompées de l^a vanité., ne vivent plus que pour la vérité. ^. ;

Vous voua plaigneaii,. secqiidemejit^ goe vefre jcœur, insensible dans la prière,. n*y^ent rien de vif pour >sonJ)iea, et ne trouve en lui qu'un dégoût affreux qui la lui ren4 insupportable. Mais con^ ment voulez-vous que votre cœur, tout occupé desxhoses de la terre, pleiu d'attachemens injustes, de goût poivje mpnde, d'amour de vous-mêmes, de projels d'élévation, des désirs peut-être de plaire^ comment voulez-vous qu'un cœur prévenu de tant d'affections terrestres , trouve encore en Jui quelque sensibilité pour les clioses du ciel? Tout y est reu) pli, occupé par les créatures : ou voulez-vous que Dieu trouve sa place ? On ne sauroitgoûter en même temps Dieu et le monde. Aussi, dès que les Israélites, après avoir passé le Jour*«> dain, eurent goûté des fruits de la terre, la roanne« dit l'Ecriture^, cessa de tomber ; comme s'ils n'avoient pu participer en même temps -& cèU'e nourriture du ciel et à celle de la terre: Defecitque manna postquam comedertmt defritffhùs tcrrœ {^Jos» 5; ift ).

L'ajmour du pionde, dit S^ Augustin, comme une fièvre dange- .rcusc i répand stir le coeur une araertnroe universelle , qui nous rend insipides.e.t dégoûtons les biens invisibles, et éternels* Ainsi , vous ne portez ^jamais à. la prièr^qu'ijin dçgoût insurmontable: ah ! c'est une marque que votre cœur est malade; qu'une iièvre secrète, çt ipcorinnepeift-être à yo.us-rèêraes ,Jle fait languir,, le mine et le dégoûte^ qu'un jaijnox^t étranger l'occupe. !Remonte2p a la source de vos dégoûts .pour Dieu, et pour tqut ce. qui a. rapport à .ïyi; et voyez si votas ne 1.1 trouverez. pas dans. les altacheuiens injustes 4e votre cœur ; voyez hï vous ne tenez pas. encore trop à vous-mêmes, aux soins de la parure, ,a .4 ap^our de votre persopne., a des amUies rrivolea, a des animosîtés danfijereuses, àaes envies secrètes , à des désirs d'élévation , A tout .c/e... qui VOUS environne: voiia>Ja source du m^l; appliquez-» y le. reipèdf ; prenez .chaque Jour quelque chose suy vous-mqines ; .travaillez, sérieusement à punfiçr votre cœtfç,: vous goûterez alors les douceurs et les cousolations de la prière; alors le iàionde n'occupant f|I,us vos affections, vous trbuverçz Dîeû plus ain^able : on ain?^ bientôt vivement ce qu'on aime uniquemen^« . .^ .. ,

Et certes, rendez gloire ici à la vérité £ n'es tril -pas vrai que les jours où: vous avez vécu avec plus d'attenliba aur.vvousT mêmes; les jours dû; vauf avezfditau,iSeigiiieur quelqttesrsâcari&eesde vos goûts v de Totre pacessé , de votre: inim«ur^ de vos. averaioïka*, n'est-il .pas ^tai q;iie ces JQutiS*Jà .irpusA»eZ:prié.avec.,plufi depaifx, plus de ton^

sblfttidn , plus de joie ? On retrouve avec bien plus de plaisir te* yeux d*un maître à qui l*on Tient de donner des marques éclatantes de fidélité; au lieu qu'on souffre devant lui, quand on sent qit*il a mille justes reproches à nous faire ; on s'y déplaît, on y cst'contraint et gêné ; on se cache devant lui, comme le prctnier pécheur ^ on ne lui parie phis avec celte effusion de cœur , et cette confiance qu'inspire une conscience pure^ et qui n^a rien à se reprocher; et l'on compte les momens ott Ton est obligé de' soutenir la contrainte et l'ennui de sa divine présence. <

Aussi, lorsque J. C. nous ordonne de prier , il comhxencé par nous ordonner de veiller: Figilate\ et orate {Matth. a6; k'i )• H ▼«»' nous faire entendre par-là que la vigilance est là seule préparation à la prière; que, pour aimer à prier, il faut veiller ; et que les goûts et les consolations ne sont accordés , dans la prière, qu'au recueillenient et aux sacrifices de la vigilance : FigUaiCy et orate. Je sais que, si vous ne priez pas , vous ne sauriez veiller sur vous , et vivre saintement ; mais je sais aussi que si vous ne vivez pas avec cette vigilance qui fait vivre saintement , vous ne sauriez jamais prier avecgoiit et avec consolation. La prière nous obtient la grâce de la vigilance, ' il est vrai ; mais il est encore plus vrai que la vigilance seule peut nous attirer le don et l'usage de la prière': Fïgilate / et oràte.

Et delà, M. F., ,il est aisé de conclure que, quand la vie du monde, même la plqs innocente, c'est-à-dire , quand les plaisirs , lès jeux éternels, les dissipations, les amusemens des théâtres, que vous appelez innocens , n'auroient point d'autre inconvénient que de vous rendre inhabiles à la prière ; quand cette vie du monde , que vous justifiez tiant, n'auroit rien de plus criminel, que de tous dégoûter de la prière, de dessécher votre cœut , dé dissiper votre imagination, d'affoiblir votre foi, et de laisser le trouble et l'agitation dans votre esprit ; qua^id nous ne jugerions de la sûreté de cet état, que parce que vous nous dites tous les jonr's vous-mêmes, que vous ne savez comment vous y prendre pour prier, et que la prière est pour vous d'un dégoût et d'un ei^nui que vous iie pouvez soutenir ; j^dis que, pour cela seul , la vie du mon<}e' ta plus innoçlente ,' est une vie de péché et de réprobation; une vie pour laquelJLe i^n'j a point de salut : car le salut n'est promis qu'à là prière;- le salut n'est possible que par le secours de la prière; le ^alut n'est accordé qu'^à la persévérance de' la prière: donc, toute vie qui met on obstacle essentiel à la prière, ne doit rien prétendre au salut. Or, qu'une vie de dissipation , de jeu , de plaisir , de spectacle , mette un obstacle essentiel à la prière ; qu'elle mette dans notre cœur ^ dans'Hotre imagination, dans nos sens, un dégoût invincible pour la prière, une dissipation incompatible avec l'esprit de prière ; vous le saVez^, vous vous en plaignez tous les jours; vous vous servez même dé ce prétexte pour ne pat prier; et delà conclue^ qu'il n'y a pc»nt de salut pour la vie dv monde même la plus innoceniej puisquia partout où la prière est ig^ossible , le salut l'^t aussi. Première raison' d^» d»-

goûts et des égaremens de nos prières, la tiédeus et Tinfidélité de notre vie.

La seconde , c'est le peu d'asage que nous a^ons delà prière. Nous prions a^ec dégoût , parce que nous prions rarement. Car, premièjsemènt , c'est l'usage de la prière tout seul , qui calmera peu à peu Totre esprit ; qui ea bannira insensiblement les images du monde et de la vanité ; qui dissipera tous ces nuages qui forment l^s dégoût» et les égaremens de vos prières. Secondement , il faut demander longtemps avant que d'obtenir; presser, solliciter, importuner: les dou* eenrs et les consolation» de la prière sont le fruit et la récompense de la prière même. Troisièmement, il est nécessaire qu'il y ait de la familiarité 9 afin que le plaisir s'y trouve. Si vous priez rarement, le Seigneur sera toujours pour vous un Dieu étranger et inconnu , pour ainsi dire, devant qui vous serez dans une espèce de gène et de contrainte; avec qui vous n'aurez jamais ces effusions de cœur , cette douce confiance , cette saint.e liberté que la familiarité toute seule donne , et qui fart tout le plaisir de ce divin commerce. Dijeu veut être connu pour être aimé. Le monde perd à être approfondi ; il n'a de riant que la surface et le premier coup d'œil. Entrez plus avants c^ n'est plus que vide, vanité^ chagrin, agitation et misère. Mai» le Seigneur , il faut le connoître et le goûter à loisir, dit le Prophète, pour sentir ^out ce qu'il a d'aimable: Gustate^ et videte quoniatn suavis est Dominas ( Ps. 33; 9). Plus vous le connoissez, plus vous Taimez ; plus vous vous unissez à lui , plus vous sentez qu'il n'y a de véritable bonheur sur la terre, que celui de le connoître et de l'aimer : Gustate , et videte quoniam suaiHS est Dominus» "

C'est donc l'usage de la prière tout seul , qui peut nous rendre la prière aimable. Aussi, nous voyons que la plupart des personnes qui se plaignent des dégoûts et des égaremens de leurs prières, prient^ rarement ; croieht avoir satisfait à ce devoir essentiel , quand elle» ont donné rapidement au Seigneur quelques momens de dissipation et de contrainte ; l'abandonnent au premier instant de dégoût ; ne font aucun effort pour y assujettir leur esprit ; et loin de regarder l'opposition invincible qu'elles ont a la prière , comme une raison qui la leur rend plus nécessaire , elles la regardent comme une excuse légitime qui les en dispense.

Mais comment , direz- vous, trouver le temps dans le monde, de faire un usage si long et si fréquent de la prière ? Vous ne trouvez p.is le teinps de pHer , mon cher' Auditeur? IMTais pourquoi le temps yous est- il donné , que pour demander à Dieu qu'il oublie vos crimes, qu'il vous regarde avec des yeux de miséricorde, et qu'il vous mette un jour au nombre de ses Saints ? Vous n'avez pas le temps de prier? Mais vous n'avez donc pas le temps d'être chrétien ? car un homme qui ne prie pas , 6st un homme qui li'a point de'Dieu , jpoint de culte , point d'espérance. Vous n'avez pas le temps de prier?* Mais là prière est le' commenceUieût de tout bien; et, si vous nè'priez pas , vous &*aTe^ gas eAc%e. fait uq^ sevile iseuvre pour la. vie éuraejle.. Ah I

35o JEUDI DE LA V^ SEMAINE.

M. F., manquons- nous de temps ponr solliciter les grâces ûè fâ/ terre, pour importuner le maître, pour obséder ceux qui sont en place , .pour donner aux plaisirs ou à la paresse ? Qae de momen» inutiles! que de jours ennuyeux et à ekarge, par la tristesse toute seule que l'oisiveté traîne après elle ! que de temps pendu à' de vaines' bienséances, à des entretiens oiseux, à des jenx interminables, à des assujettissemens stériles* à courir après des chimères qui s'éloignent t4»ujours plus de nous ! Grand Dieu ! «t Ton manque de teiftips pour -vous demander le Ciel, |)6nr apaiser votre colère, et attirer vos mi* scricordes éternelles ! Qu^on fait peu de cas de son salut , ô mon Dieo!* quand on n'a pas le temps de demander à votre miséricorde qu'elle nous sauve! et qu'on est à plaindre. de trouver tant de momeos pour le monde , et de n'en pas trouver un seul pour l'éternité ! Seconde raison des dégoûts et des égaremens de nos prières ; le pea d'usage de la prière même.

Il est vrai , M. F. , qtke cette raison n'est pas si gén^érale, qu'on ne voie souvent les âmes les plus fidèles à la prière , éprouver cons-> tamment «es dégoûts et ces égaremens dont je parle ; mais jedîs qu'alors ces dégoâts viennent de la sagesse de Dieu qui veut les ptirifier ,' 'et qui ne les conduit par cette voie ; que pour accomplir ses desseins éternels de miséricorde sur elles. Dernière raison : qu'ainsi, loin de se rebuter de ce que la prière leur offre de triste et de désagréable, dles doivent y persévérer avec plus de fidélité , que si le Seigneur y répandoît sur elles des consolations sensibles et al^ondantes.

Premièrement, parce que vous devez regarder ces dégoûts commtf la juste peine de. vos infidélités passées^ N'est-il pas raisonnable 4|ue Dieu vous fasse expier les voluptés criminelles de votre viemonn daine ^ par les dégoûts et les aroermmes de la piété ! La foiblesse du temp^stment ne vous permet peut-être pas de punir par des macéra* tions corporelles , l'égarement ()e vos premières mœurs ; n'est- il pas juste que Dieu y supplée par les peines et le$ iafflictions intérieures de l'esprit ? Vondriez-vous qu'il vous fît pasjser en un instant des plaisirs du monde à ceui^ ^e la grâce; âe$ viandes ^e l'Egypte ^ au lait et au nîiel de la terre de promesse, sans vous avoir fait éprou* ver auparavant les aridités et les fatigues d^ désert ; et, en un mot, qu'il ne châtiât, si j'ose parler ainsi , lès délices du crime, que par celles'de la vertu ^

Secondement, vous vous él.es si long -temps refusé à Dieu, malgré les plus vives inspirations de sa grâce , qui vous rappeloient a la vérité et à la lumière; vous l'ayez si long-temps laissé heurter à la porte de votre cœur, avant que dej'en rendre le inaitre ; vous avez tant disputé, combattu , balancé , différé, avant que de vous donner à lui ; n'est-iï pas juste qu'il vous laisse solliciter quelque temps , 'avant â4 se donner à vous avec toutes JesconsoIaLion^s de sa grâce ?X.es délais et les retardement çlu^^igneur sont la juste peinç des' vôtres.

•'Mais quand cetxiîiisons seroi^ni moitis solides, cfHesatea- Vous ^i

SUR LA PKI ERE. JSt

Diffi Tie Tedt point vous rendre par-là cet exil et leloigneiDent où t)ous vivons de lui, plus haïssables ; et vous faire soupirer plus ar«« tleninient après celte patrie éternelle, où la vérité , vue à découvert ^ nous parottra toujours aimable, parce que nous I9 verrons toujours telle <|u'elle est ? Que savez-vous s'il ne veut point par-là vous ii>s>v pirer plus de componction de vos crimes passés , en vous faisant i»entir , à tous les momeos, l'opposition et ie dégoût qu'ils ont laissés dans votre cœur pour la vérité et pour la justice ?. Que savez>voas enfin si « pur ces dégoûrs , Dieu ne veut pas achever de purifier tout ceqfi*il peut 7 avoir encore de. trop humain dans votre piété ? s'il na veut pas- établir votre- vertu sur la vérité qiti «st toujours la même 1 et non passor le goàt qui change sans cesse; sur les. régies qui sont éternelles, et non pas sur les consolations qui sont passagères; sut la foi qui sacrifie oonstammcnt ie^ choses visibles aux invisibles, et non pas sur la «eksibiUté qui laisse au monde presque le même empire que la grâce a sur notre cœur. Une piété toute de goût ne va pas loin , si Ja vérité neisi soutient et ne l'alTermit. Il est dange« reax de €aire dépendre «A fidélité des dispositions» sensibles d'un vœnr , qui ii*e$t jamais un iàstant te méase, et satqui tous les ob-> jets Ibot des impressions nonverUes. Les devoir» qpi ne plaisent que lorsqu'ils consolent , ne plaisent pas long^temps^^ et la vertu, qui n'est que dans le goût, ne sauroit ae soutenir , parce qu'elle ne tient qu'à BOUS- mêmes*

Car, après tout , si vous ne cherchez que Dieu tout seul dans voi prières, qu'il vous cotiduise par des dégoûts ou })ar des consola*tîans , pourvu que la voie par où il vous mène vous «conduise à lui, Qouaip^ elle est la plus Stûre pour vous, elle doit vous paroître pré* férable à toutes les autres. Si vous ne priez que pour attirer plus de secours du Ciel sur vos besoins et sur vos foibles^es; la foi vous apprenant que Xà prière , ficcompa,gnée m^êmé de ces déjgoûts et de ces aridités ;, obtient les mêmes grâces , produit les meniez effets, et qu'elle est ^ussi agréable à pie|i que celle où se trouvent des consolâtiyn^ plus sensibles j que dis*je ? qu'elle .peut devenir même plus agréable au Seigiieur , par l'acceptation des peines que vous y souffrez ; la foi vous l'apprenant , vous devez être aussi fidèle à là {)rîè'ré que si elle vous offrbit des attraits sensibles. Autrement , ce ne seroit pas Dieu que vous chercheriez, mais vous-même; ce ne seroient pas les biens éternels , mais des consolations vaines et passagères ; ce ne seroient pas les remèdes de la foi , mais les appuis de votre amour-propre.

Ainsi , qui que vous soyez qui m*écoulez ici , imitez la femme Cananéenne, soyez fidèle à la prière; et, dans l'accomplissement de ce devoir, vous trouverez le secours et la facilité de tous les autres. Si vous êtes pécheur , priez : ce n'est que par-là que le Publicain et la pécheresse de l'Evangile obtinrent des sentimens de componction , et la grâce d'une par^ite pénitence ; et la prière est la seule source et la seule voie de la justice. Si vous êtes juste, priez encore : la pcr-i

sévcrance dans la foi et dans la piété i^'est promise qu'à la prière; et ce n'est que par -là que Job » que David, que Tobie ont perséTéré jusqu'à la fin. Si vous vivez au milieu des pécheurs, et que le devoir ne vous permette pas de vous dérober au spectacle de leurs dérèglemens et de leurs exemples , priez. Plus les périls sont grands , plus la prière devient nécessaire ; et les trois enfans au milieu des flammes, et Jonas dans le sein d'un monstre, ne trouvèrent leur sûreté que dans la prière. Si les engagemens de votre naissance ou de votre état vous attachent à la cour des rois, priez. Esiher dans la cour d'Assuérus, Daniel dans celle de Darius , les Prophètes dahs les palais des rois d'Israël , ne durent qu'à la prière , la vie et le salut. Si vous vivez dans ia retraite , priez. La solitude elle - même devient nn écneil , si l'entretien continuel avec le Seigneur ne nous défend contre nous-mêmes; et Judith, dans le secret de sa maison, et la veuve Anne dans le temple, et les Antoine au fond des déserts, ne trouvèrent que dans la prière le fruit et la sûreté de leur retraite. Si vous êtes établi dans l'Eglise pour instruire les peuples, priez» Vos prières toutes seules feront toute la force et tout le succès de votre ministère ; et les Apôtres ne convertirent l'Univers , que parce qu'ils ne a*étoient réservé pour leur partage que -la prière et la prédication de l'Evangile : Nos verd orationi, et ministerio verbi instantes erimiu ( jici, 6 ; 4 ). Enfin, qui que vous soyez , encore une fois, dans la prospérité ou dans l'indigence, dans la joie ou dans l'affliction » dans le trouble ou dan» la paix , dans la ferveur ou dans le découragement , dans le désir ou dans les voies de la justice ; avancé dans la vertu ou encore dans les premières démarches delà pénitence, priez. La prière est la sûreté de tous les états, la consolation de toutes les peines , le devoir de toutes les conditions , l'ame de la piété , le sontien de la foi , le grand fondement de la religion, et toute la religion elle-même. O mon I^ieu I répandez donc sur nous cet esprit de grâce et de prière, qui devoit être le caractère le plus marqué de votre Eglise , et le partage d'un peuple nouveau ; et purifiez nos cœi:^s et nos lèvres , afin que nous puissions vous offrir des louanges pures, des soupirs fervens, et des voeux dignes des biens éternels que vous avez promis si souvent à ceux qui vous les auront demandés comme U faut. MnsvsaU^L

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SCJà LA P&IËRB. ^^

rfil iiiiflumi un ll'Uir IIIM U' F IW I < ■ liMiliMl I my

SECONP SERMON

pova LE lEtrDi

m u pREiyuÊEË sEiiAmE de cahémë. ;

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Sta tA PRIÈRE (t>

JOivitKkln *îfe demander que. cfi qu'il faut dans ia Prière } et lé ^ '■ demander €omme il faut.

>il£MI£R£ PARTIE*

Xj4 nécessitjé et fes avantage» de la prière reviennent ai souvent .dans let livres saints , et rnomnie lui-même porte i:ette vérité si Tivefttent empreinte dans le ifond de son être et dans la folblesse de ses pencbisins , qu'il paroit presque inutile d*en venir ici instruire les Fidèles. £n effet , M. p. , s'il y a au-dessus d^ nous un Etre-Supréme, 9utettt de cet Univers ^ue ^ou» habitons ; qui le soutient par la force de sa parole^ et qui veut être connu et adpré de ses créatures ; le premier deV4»ir de rhomme est de lever les yeux au ciel ^ de recon^ npitrele Seigneur à qui il appartient » de lui faire hommage de tout ce qu4l est , 4e lui rapporter ce qu'il en a reçu , et d'établir. avec lui on saint commerce d'fimour^ d'adoratluQ , de servitude et d'action die igraces. Qii*est- ce donc qu'on horume qui > . reconnoissant cet Ëtrc'- Supréme» ne le nrie pas? .C'est un in/ortuné qui n'a point de Dieu; qui vit tout seul dans l'Univers; qui ne tient à aucun être hors de luî.^ qui , retombant aur son propre cœur ^ n'y trouve que lui-même , c'est-à-dire, aes peines^ sesdégpùts, ses inquiétude^, ses terreurs avec quoi il puisse s'entretenir : c'est un iaifortuné qt;ti n*atteiid rien au>delà du tombeau^ qui borne ici-bas tou^ ses désirs et toutes ses espérances \ qi^i ae regarde comme une vapeur que le hasard a for-

*i**i"**<»*****IN»A*i*^ * ^ <^«

(i) Voici encore un Sevoion sur la Prière : il D*a point d'exorde, parce que nout ti*«aa?Onl pqhit tronté dans le inaauscrU do P. MastHt'on; aiusi » nOVs no ns son mes coûfemét de mettre la Dit tsloo ào eommeseemvtit. -Le Sermon qoi précède fera tort à <!eltii*cl; on ne laiaeera pat uéaai&oûis 4*y troovflr l^ien des traits dignes de TéloT «IMeoce jle rAntfur.

MassiUon, tomk i. ^3

§54 JEUDI DE LA t'^ SEMAINE,

jn^ , prête à s^ëvanouir et à se perdre pour toujours dans les espaceii 4mmenses du néant ; qui ne se croit formé qUe pour lest jours rapides qu'il paroit sTir la terre ; qui vit dans l'UnÎTers comme un homme que le hasard auroit jeté tout seul dans une ile reculée et inaccessible , où il seroit sans maître , sans soùyertin , sans soins , sans discipline , sans attendre de ressource , sans se promettre une'^meîlleure destinée ^ sans fatiguer le ciel par des vcçu^ inutiles , sans porter ses vœux et «es souhaits au-delà du vaste àbime qui l'environneroity et sans chercher d'autre adoucissement à Tinfortone de sa condition qu'une molle indolence. Tel est Thomme qui ne s'entretient jamais avec le Seigneur qui l'a fait.

£n second lieu , si nous nepouvons pas de nous-mêmes former un seul désir digne des regards^e Dieu ; si des penchahs violens et continuels précipitent sans cessenotre cœurve^sles plaisirs illicites; si toutes nos voies sont semées d'écuéils et investies d'ennemis invisibles^ si les richesses nous corrompent , la prospérité nous élève^ l'affliction nous abat, les affaires nous dissipent , le repos nous amoHit, tes sciences nous enflent , l'ignorance nous égare , les commerce nous séduisent, la solitude nous nuit , la santé réveille les passioRS, la maladie nourrit , ou la tiédeur ^ ou les murmures; en un mot , si depuis notre chute , toiit ce qui nous environne est {^ur nous ^ ou piège ou erreur, ou tentation : dans une situation si périlleuse» eh ! quel espoir de salut pourroit-il encore rester à l'homme, s'il n'appeloit son Dieu à son secours ; si, du fond de notre misère, nous ne faisions sans cesse motater des gémissemens vers le ciel , afin que le Seigneur vienne lui-même mettre un frein à nos passions indomptées, fixer nos inconstances, éclairer nos erreurs , soutenir nos foiblesses « réveiller nos langueurs , écarter les périls , adoucir les tentations , abrégerles heures du combat , et nous relever de nos chutes ? Oui , M. F. , U prière est la source de toutes les grâces , et le remède de tous nos |»esoins. Si l'aiguillon de Satan révolte la chair contre l'esprit; c'est là que l'infirmité se fortifie. Si la figure du monde nous amuse et nous éblouit ; c*est là que la foi se perfectionne. Si les occasions nous entraînent malgré nos plus' vives résolutions ; c'est là que la fidélité est donnée. Si les sollicitudes du siècle, ou ralentissent notre ferveur, ou dissipent nos sens; c'^est là que la piété se renouvelle, et qu'on retrouve le recueillement. Si l'inconstance du cœur tonte seule nous fait éprouver ces momens dangereux de dégoût dans le service du Seigneur ; c'est là que le goût du don céleste se réveille et qu'on sent combien le Seigneur est doux. Si les maximes des insensés et les erreurs du monde^ ont affoibli dans notre esprit les vérités du salut ; c'est là que les lumières croissent et que tous ces vains fantômes que l'esprit de ténèbres avoit élevés au milieu de nous , sont dissipés. Si nous ne pouvons pas être avec nous mêmes; si la retraite nous paroit affreuse; si les jeux, les assemblées, les plaisirs» sont devenus des amusemens inévitables à l'ennui qui nous persécute ; ah I c'est là que nous apprendrons à nous passer du mpudci) à A9 pouvoir ^ous souO^ijr» et à trouver ayecDieu

SUR t A PlVtERËi 355

l£u) nos plas clières délices. Si les croix, les larmes, Us amertume» d'une vie chrétienne, alarment notre foiblesse, et nous empêchent dé nous convertir au ^>eigneur > c*est là que Tinnocence s'offre à nous avec tons ses charmes, que le sem de la gloii*e s'ouvre, quei les tribulatiousS passagères. ne paroissent plus rien au prix des bien» a venir qui doivent, les couronner. Si nous gémissons. sous le poids de nos chaînes; c^est là qu'une main invisible nous fortifie peu à ])euè Si nous sommes au fond de. l'abîme et de la dissolution, et si nos iniquités, comme une pierre fatale, semblent en avoir fermé rentrée et nous èter tout espoir de secours ; c'est là qu'un rayon de lumière commence a percer dans Thorreur de ces ténèbres, et qu'une voix céleste se fait entendre jusque dans le séjour de la mort. Si nous nous trouvons dans ces nouvelles agitations de la pénitence^ eu la grâce et la cupidité disputent encore notre coeur ; où Ton est ébranlé 4 mais non pas encore vaincu; touché, mais non pas converti ; ah î c'est là que la victoire ^achève, que les irrésolutions se fixent i et que le Seigneur demeure le maître. Si la perfidie ou Tinjustice nous ont dépouillés de nos biens et de nos dignités > et renversé no» plus belles espérances; c'est là que dans le secret de la retraite où \iae affreuse disgraotnous a jetés, on trouve un ami plu» solide que celui qu'on a perdch un maître plus piiissant que celui qu'on aervoit , des récompenses plus sûres que celles qu'on attendoit. Si la calom-^ nie nou» a noircis; c!est là qu'on se console avec celui qui nçus^con* noît tous , des jugemens injustes des hommes. Si là maladie zious af^* flige; c'est là que le Seigneur vei'se de l'huile sur nos pligies.' Si nous avons perdii un père, un époux, un protecteur; c'est là qu'il commence à nous tenir lieu de tout. Les hommes, qui ne peuvent remplacer nos pertes^ ne peuvent aussi consoler notre douleur:. ce «ont des consolateurs împufssans qui nous fatiguent, loin de. nou» soulager; qui nous exhortent à la patience, mais qui ne peuvent la porter jusques dans notre cœur ; et si vous ne priez pas , toutes vos afflictions sont sans ressource. En un mot, mettez-vous dans quelle situation il vous plaira, la prière l'adoucit, si elle est triste'; bu la facilite ,' si elle est pénible; ou l'affermit si elle est chancelante; où la préserve, si elle est exposée. Mais quand nos intérêts tout seuls ne nous feroient pas de la prière l'exercice le plus doux et, le plus consolant de la foi; quand même dans l'exiloù nous vivons, éloignés de notre Dieu, assujettis à tant dé inisères, esclaves de tant de néces*sités, livrés àiant défoiblesses, nous ^jourrions trouver hors de lui quelqueplaîsir véritable et quelque adoucissement à nos n}aux;nefauto il pas l'adoref , puisque nous sommes son ouvrage , et que c'est lui qui nous a tirés du seia de nos mères, et qui n'a ceSsé depuis d'ajouter de nouveaux bienfaits à celui-là? Avons-nous des devoirs plus essen« tiels que de lut rendre sans cesse des actions de gi:aces, puisqu'il est le rémunérateur de nos peines, le Juge éternel de tios actions ? Ne faut-il pas, intéresser sa miséricorde à notre salut, apaiser sa justice sur nos crimes passés, et le prier de ne s'en point souvenir dans ia

«olère?

^ Entiii, M'. F., ïc Chtétien est un homme de prière; son origine,' ia situât ton, sdhat'nré y sei espérances, sa demeure , Wat ravertit qfu'ii i^ùt pîriér; rEgli^éf elle-ihéihé , où la gtacé de rEvangtle nous a îhcbrpbt*ês, ici-&às èitàngèt'è^ fi'ést qu'une triste éblombc captivé dans BaEyldné; toujours gémissante et plaintive, elle ne reconnolt ses éùfà^ '^liè paf \éi soupirs qu'ils poussent sans cesse irers la patrie ; et lie Cbtêti'éïi qùi l'^e ptie pà& , se Retranche )ùi-nième de rassemblée des SaiHt^ , et est pii-é qu'un infidèle.

Mais 9 plus la prière est nécessaire et utile , plus il importe de prier comme il faut< Letf avantages de ce devoir si essentiel à la vie chrétienne, sont attachés à la manière dont on Taccoluptit; et vous ne priez pas , si vous priez mal. La foi est donc , dit saint Augustin , la première ^ndiùon et comme la source de la prièl^e chrétienne : Fidesy

Jfons ortuionisi Or ^ la foi , lorsqu'elle prie , commence par nous faire haïr tout ce qui déplaH en nous au Dieu que nous voulons apaiser; elle ne déiaande que ]e& d<»ns qui peuvent noils rendre agréables à ses yeux^ elle s'en remet pour les faveurs temporelles, et les autres dons qui ne doivent poirit deilieurer ^ aux desseins étemels que le «Seigneur a iormés sur nos destinées \ également prête a le bénir, soit qu'il nou»eh favorise v soit qu'il nous les refuse; cfe»t*'â-dire, qu'elle

^t sineèile^ désintéressée ^'soumiàe^

Ch* , réhUârqiïèz , je vônis prie, avec moi teà t^cfi^ cbndidons dans la pVièrè de iioire sainte ïfànanéénnè. Premièrement, elle coinmence à' ^oï^it de là cçntreé , et du inîUéd d'uii peuplé t^i étoit mandit : Egréssà afihibiis iUis ( Matih, i5 ; 24 ) ; elle élôi'giie sôh coeur dëlout éè qui peut éloigner d'elle les regard k dé son Lîbërateiir $ elle labse là lei idôïés qùé ses pères lui àvdiéiit a'^pris à'adoî>er, et ne compte {)]us sbr leur fôible protection; sa fillë même inôuriante, cruellement iôùrinèhtde, et à qui inéiné ses soinà et sa présence eussent été si jfiéCeisairés , ne l'arrêté pas : elle n'attend pas , Coiùme la femîne de iSàmàrîe , qùé le Fils de David vienne la cherclier au milieu de son peiiplè et de ses désordres ; elle renonce d'abord aux dieux de Canaan, et aux égàrèmens dé&e^ premières toiés, et court récolinoitre )è désiiré des nations , le'destriictéur dé l'empire de Satian', et celui en quila malédiction prononcée contre là posiférité Ae Cham, devoit être levée : Egrèssà àfihihus ilUs» Or , usoiis-nous de ces précautions, %. F. , lorsque iioiis venons nous présenter à J. C. , daiifs la prière ? Hôrtons-héus du milieu de nos idoles et de notre peuple ? Il nous ordonne dè'sécotier l'iniquité qiii est dans nos mains, avant que d'oser lès lever vers lui : Si iniqûitatem quœ est in manu tud , abstuleris à te,,, tune îevare poteris faciem tUam absque macula (^Job, ii ; i4 , i 5 ). Puisque nous aUons demander , il ne faut rien exposer aux jreux de notre Bienfaiteur, qiii puisse arrêter ses grâces^ puisque nous devons adorer , nous ne devons rien conserver dans notre cœur« qui démente nos hommages ; pidsque iious allons nous humilier de nos fautes , il né faut pas apporter encore l'affection criminelle devant notre Juge. Il faut du moinsr haïr nos plaies , si nous ne pou-

sua LÀ PRIERE. 35ç

Tons pa9 encore couper jusqu'à^ vif pour les guérir : il faut du moîn> géinir sur notre misère , si nous ne pouvons pas encore obtenir âe notre foiblesse cet effort généreux qui doit nous en délivrer. Tpute prière doit donc partir d'un comnienceQient imparfait de pénitence « et être une démarche de conversion,; toute prière doit donc, pu changer le cœ.^r , q,u être née d'un désir de changement : autrement vôu^ ne priez pu9; voqs venez insulter la sainteté de TE tre -Suprême. Éjt cependant , M. F. , nous portons tou^ les jourç jusques so.us la ma* jesté des regards ^e pieu, des liens honteux , des désirs de crimes, des hain«9 criielles » de^ pr.QJets chimériques jàe fortune ^ nous le prions de nous rejqo^ttr.e nos offensées , et nous ne nous en repenton)^ pas, pu pejut-être en m^éditon^-i^pp^ de nouvelles ; nous le conjurons de nous délivrer de la tentation ^ et nous aimpns d'y ^vçcomber; nous souhaitons que son non^^^pit ^^nAtiifié, et np^s sommes pans Ije dessein .d,e rputf a^r encope ^ pç^s lu^ demafiijon^ que spn royaume' nous soit donx^é, et nou$ vpujpns ççiçppe.être ^n nombre de ces fornicateurs , de ces injustes , 4fi çe^ adjilt.ères ,qui ne le posséderont pas: en un^p.t, nous dé^iroi^^s que $^ yoJtpnté s'accpo^lisse ^ et nous refuson» de lui o^n Spnt-c» Ikf 9 mon Di.eu, des supplions qui ,demandent des |^aces ? jde^ .co^p9bJi.e$ qui a.tteudpo.t Je^r pfirdpn ? de» indi|[en9 quj vpu3 représentent ie^f^ mhfiT^^ ? -0» .4e? prpfa.ney ,qui vous insultent? Et qiae voyez-ypiçi^xl^n^ jc/e^ prières ^ qui ne ^ollicite vos foudres, loin d'attirer yos faveurs ? J),eyapt yptre majesté mêoie , on s'entretient avec se» jpa^^ions , au Jileu de les fairç taire, du ;g^pins en votre présence;. et l'pn aoi^t ôfil^ pfièr»e, Je .coçi^r pl^? écJi^^iÇfé, l'esprit plus occupé d'u^i dessei^p, d'une, entreprise, d'wçp^^sion» quelquefois qu'on n'y est entré. La seule chose dont \on :e^t yide! P mon Dieu ! c'est de yos vérités et de votre grâce.

Mais ce n'e^st p^s asse^ jàe ne rien porter ^on^ ^^9 yeu^ Afi pMîP dans la prière, qui puisse élpigner les gr^QÇ? ,que,iE^pujs jv/enon^.. demander , il ^aut que ja foi règle et purifie .np;i .demau<^^ ; sçcpncl^ condition de la prière chrétienne marquée dans ja condujt^ .<^ notre ^tainte femme de l'JËvangile : 3ei^jeu^, jF^il? ûfi David , fiy^ pitié 4e .moi : Miserere met ^ jborniin^ y 0i David {âfg^tfi* i5 ; ap ). Et ic^i, M. F. , souffriez que je f^A^e deu^ ^.éflexion^. jLfr premièr^e, c'est qja'cJle^e dit p^s, neipa^^iue $. jCh^yspRliâ^ipe : .O.uftri&sfpz p^ fille ; fîiai^ , fiyez pitié de m# : ^e^ {M^ppce^ besoins 3'offr,ent ^ elU 1^ premiers 4an5 $a prière; elle sent ^^n ^w^ ^Qu^,lfi>ty.r^n^ie d'uja 44mon invisitble dont la délivrance ^ui pfirpUplp^ in^port^am^ q|ieç€^(e

du corps de sa .fille: ainsi, el|e demande. d'M^i'^^^^Pyft^^i^'^^ 9^^ et s|i justice , persuadée que^pnt le re^te Ijii $era4^né,çou^m.e,pa^ surcroît. Yoilà la règle , mon cher Au4Mei|r; niai^ 1^ ^yç^-y^^sf dans ]ea.c^lAnfii4<^ qui yous al^ig^on^t , «pmm^pez-v/>n^ à ^nvpqp^ la mis^icQrfie ^n Seignewr a^ur les misères ca^^é/Qs 4e ycitre a^e, ou ^ï»r. les inaaX;tQ9a|)!ori$lsjq|ii yçus^^iccal^ent |iu^^i9r*:? defli^d.*^von$ pr«mièi^€%fn<e9t9 la (Qh^riité.qiii d^nnffJMCieitQujonc» ^a-v^pt q^e 4«

vous ;€t votre conversion vous intéresse-t-elle plus vivement que vn» 7n ailleurs ? Lorsqu'un reyers de ïortune , ou plutôt un ordre secret de la Providence, vous eut fait déchoir de cet état de prospérité, où votre naissance et les biens de vos ancêtres vous avoient placé, quelle fut la première voix que votre cœur affligé fit monter vers le Seigneur? délivrez-moi, lui disiez-vqus , de ceux qui me persécu^ tent ; de sa grâce, de votre salut , de vos ennemis domestiques , il n*en étoit point question. Lorsque cet époux , cet ami , ce maître , à la vie duquel votre fortune étoit attachée , furent sur le point devons être enlevés, et que tout secours humain devenu inutile, il fallut lever les yeux au ciel, et mettre dans le Seigneur toute votre espérance; que lui ofiTrites-vous d'abord ? les calamités , près de fondre sur vous, à prévenir? ou les crimes qui vous les avoient attirées, à expier? Lorsque sa main se fut appesantie sur votre propre personne , et que des maux longs et cruels eurent éteint peu à peu votre jeunesse et votre santé , quels remèdes demandiez-vous au souverain Médecin? et tandis que les infirmités de votre chair vous trouvoient si sensible, connoissiez-^vons seulement celles de votre ame? Que vous auriez peu de supplians , 6 mon Dieu ! si vous n'aviez à distribuer que des dons célestes et des trésors spirituels. Mais je me trompe, M. F ; ce n'est pas le Seigneur que vous invoquez , puisque vous désirez quelqu'autre chose que lui-même; vous invoquez la santé , la prospérité^ la gloire, puisque vous ne vous adressez à lui que pour obtenir quelqu'un de ces dons ; vous le cherchez èomme ces Juifs charnels , à cause des pains terrestres qu'il multiplie ; et votre prière n*est qu'une demande injuste d'un bien périssable 9 que vous faites à l'A-uteur de lous les biens.

La seconde réflexion , c'est que la véritable prière nous rappelle «ans cesse à nous-mêmes , et sous prétexte de nous élever , ne permet: pas qu'on s'oublie : Fils de David , ayez pitié de moi. Car, prier, c'est coiinoitre sa misère ; c'est avouer à son Dieu son injustice ; c'est soupirer après la grâce d'une parfaite délivrance. Prier, c'est vouloir anéantir en nous tout ce qui déplait à l'Etre-Suprême ; c'est s'animer à lui être désormais plus fidèle , c'est se confondre à la vue de ses bienfaits et de notre ingratitude. Prier, c'est opposer nos mœurs à la loi sainte , les redresser sans cesse sur cette règle , en retrancher sans pitié tout ce qui s'y trouve contrafre; c'est avancer dans la pratique des vertus chrétiennes. En un mot, la prière est la perfection de nos mœurs. Eh! M. F., l'homme corrompu comme il est, pétri d'orgueil , de sensualité, d'ignorance , et sujet à tant de foi blesses , quelque progrès qu'il ait fait dans la vertn, peut-it se permettre de vœux devant son Dieu, que pour lui-même f peut-il se proposer d'autre sujet de sa prière que lui-même , et les besoins infinis de son ame ? peut-il lui rester assez de loisir , pour entrer dans de vaines spéculations où il se perd ? La prière est*elle donc un effort de l'esprit ; ou le langage du coÉUr ? et ador^-t-on jamais sou Dieu d'une l»Amère plus digne dâjui , ijite lovs^e, protternée 90us la majesté

SUR LA PRIERE. ÎSg

et ses regards, la TÎle créature reconjaoit qu'elle n'est que cendre et poussière en sa présence? Le pécheur ne doit tenir à son Dieu que ce langage : Fils de David , ayez piûé de moi* Dans ce sentiment , est renfermée toute la sublimité de sa prière ; c'est ainsi qu'il adore son Seigneur , qu'il l'aime , qu'il espère en lui >. qu'il reconnoit ses bienfaits , et qu'il confesse son impuissance*

En troisième lieu , la foi de notrf Cananéenne lui inspire dans sa prière une résignation parfaite à la volonté de son Libérateur ; elle se contente de lui dire : Ma fille est cruellement tourmentée par le démon : Filia mea malè à dœmotdo vexatur ( Matth. i.^; 2a ). Elle n'ajoute pas , dit S. Cbrjsostôme : Délivrez-la ^Seigneur ; elle n*im-' pose aucune loi à sa miséricorde. On ne l'entend pas crier , comme cet officier de l'Evangile ; Venez, Seigneur , et guérissez mon serviteur; comme cet aveugle de Jéricho : Seigneur, faites que je voie; comme cette mère des enfans de Zébédée : Dites que mes deux enfans soient assis, l'un à votre droite et l'autre à votre gauche : contente d'avoir découvert le sujet de sa douleur, elle s'en remet dû reste à la sagesse et à la clémence du Fils de David , et laisse à la seule disposition de sa volonté, les suites de sa destinée: Filia mea mate a dœmonio vexatun Ainsi Dieu veut qu'on le prie. M' F. : il est plus éclairé sur nos besoins que nous-mêmes; car d'ordinaire noui^ ne savons ce que nous lui demandons : souvent nous exigeons de lui des faveurs, que sa justice nous accorde comme dés peines , parctr qu'il s'indigne que nous ne comptions sa volonté pour rien daùs^ nos prières ; que nous respections si peu les ordres étemels dé sW providence sur nous , et que nous voulions faire à sa sagesse ui^e loi de la bizarrerie de nos désirs. Cependant, mou cher Auditeur, c'est ici le défaut le plus universel dé nos prières; l'accomplissement de' sa volonté sainte n*est presque jamais la règle de nos vœux et de nos demandes. Lorsqull vous a frapp%dans vos biens, ou dans votre personne, lui avez- vous dit : Seigneur, si cet état â'afâictioa me rend plus agréable à vos yeux , et me met dans une heureuse impuissance de vous déplaire, laissez-moi des maiix si précieux i* Est-ce ainsi que voas l'avez prié? Ah ! vous n'avez pas eu assez de! larmes et de soupirs pour lui demander le retour de la santé 6tu de la fortune. Mais , qu'est-il arrivé ? Il vous a exaucé ,. et les suites ne vous ont que trop fait connoître qu'il vous avoit puni en vous exauçant, et qu'il avoit été un' Dieu cruel en "Vous devenant propice :' vous avez fait servir aux plaisirs et aux égaremt;xxs ilç^ passions «. cette santé qu'il vous a rendue ; et les biens bu vous £te$ rentré , n'oiit été entre vos mains que les tristes instromens de v6s crimes. Lorsque sa main se fut étendue sur cet enfant qu'une tendresse déréglée' i^ous rendioit si cher, et que vous regardiez comme l'unique successeur de vos grands biens , et le seul appui de Vos espérances; vous contentâtes-vous de lui dire, comme la sainte mère de notre Evangile : Seigneur, mon enfant est cruellement tourmenté; son sott est «ntre vos mains : vous voyez mon afffîction ; vous prévoyez la des*

86q jeudt de la r*"- semaine.

titiée yn^ûjfBÎ stucnn égard à nés désirs , s'îIa cm s'adcordmft pat arco Tos cdtiseifo ëtlsrhélft : Fdiia mea maté à dmmonie pexatur P Ah t Toas he saviez deMiandcr au $«î^oeiu* qti« àa fié, «t ;la prolougadoQ de ses jours \ ii U lui rendit cette t^ie; it les proiodgea cet joujrs; et mille ebt»gvifi|^ aasers dont ses m^^ars lieenci^uses ont depai« coiitriste votre tendresse, et sa révolte pe«t*ètr«d«nBtuiPée contre Toas* inéme, et l'oubli du respect et de I^ piété paternelle vous ont appris que vous ne méritiez pas alors d*étre refusé; qUe votre prière n'étoit pas assez soumise et assez pure, pour n'être pas exaucée; et queltf bienfait dont il consoloit Texcès de votre douleur, en étoit le plus terrible châtiment. Comme nous ignorons , M. F. , si le Seigneur veut nous sanctifier par la voie dés afflictions ou de la prospérité, de la santé ou de la maladie, de là réputation ou des opprobres , nous devons, dans nos prières, le conjurer d'accomplir ses desseins éternels sur nous , dé nous mener par ié sentier qu'if nous a préparé dès le commencement des siècles; et né lui demander les faveurs temporelles , qu*autant que sa sagesse les. trouvera favorables à holr^ aalut. Pour les biens de la /grâce, la conversion du cœur, la déli-' vrance des passions, la fidélité dans les occasions , la persévérance dans la v«rtu ; ah ! demandons-les , sans conditions et sans réservé : la volonté au Seigneur, dit T Apôtre, est toujours que nous soyons saints, et nous ne pouvons solliciter avec trop d*inslance, ce que nous ne saurions jamais trop tôt obtenir. Mais c*est ici où chacun s^abuse ; et où pour justifier des prières intéressées et chamelles , on confond les intérêts du salut avec ceux de l'amour-propre. On s*imagine dans dos maladies habituelles , que si le Seigneur nous renâôit la.saiité, nous serions moins tièdes dans son service, plus en état d*entrer dans de bonnes œuvres , plus propres à nous appliquer à Vaffaire de Téternité; et là-dessus^ on ne cesse de lui demander }a' délivrance d§ ses maux. On se persuade 4ans la diisgrace, que si î*on joujssbijt encore d'une Tortune riante, on soulageroit les malheureux, on favorîsèroit les gens de bien, on soutiendroit les intérêts des peuples , on mettroit à couvert lafoibLesse et rinnocehce, de rinjustiçe et de Toppression ; etJà-»>de'ssus, on se jpermet mille désir& pour le retour.de la fortune et de la prospérité. On croix , dans la décadence de$ affaires, qu'une situation plus tranquille nous laisserôit plus de loisfr dé travailler iad salut ; et , là-dessus , oh ne cesse de dire au Seigneur : N'abandonnez pas^ ô monp.leu ! ceux qui veulent vous servir et vous glori^er dans vos dons. Illusions , M. F. ;' rétat ou la ^Providence nous place, est toujours le plus propre à notre salut.; plus même cet é^at nous déplaît, plus là grâce y trouve de moyens de sanctification : demander au Seigneur qu*il nous en* tire , soûs prétexte de le servir ailleurs plus fidèlement, c*est vouloir excuser 9 ses yeux Tusagé peu chrétien que nous en faisons. Hîais , ce seroit pei^ de ne demander que ce qu'il faut dans la prière ; nous d<^yon$)^le dejavauder pomme H faut^ etc'estsurqupirexemplede^otre' sainte jpan^iiêepue va . encore nous .;n$tr.uire.

SUE LA PRIERE. 36i

tSECONDE PARTIE.

Ov ne prié pas quand ce n'est pas le cœur tfui prie , dit S. Augustin; et Dieu n'écoute que le cœur. Or, le langage du cœur est toujours fervent et embrasé; le ccfetrr ne connoft point la tiédeur et !â nonchaUince : presaièfe in^lruction renfermée dans riiis<oir^de notre Evaugtlie. La «ainte femme, persuadée qu'elle parloit au Mallr^ des cœurs ( que la nuttltitude des paroles ne coav«npit qu'aux «dorajteur$ des dteuR de Ty r el dte Sidaa , et qu*uo aeul sentiment d'une loi vive plaisoit )»iu« au Dieu véritable que le 4iscoiurs le plus abondM, ne laisae presque parler que sa tepdr«flse et $a douleur. Elle cric , à 1a vérit<é , clamavù ; mais le cri invisible 4e «on cœur eat encore plus puissant-: elLepl«ur«; Wiais s^s larni^s pesont.qn'june foible expr4es#i<»B 4e sa peine : elle toocbe les assistaos par le si^eC" tade de sa défiolation ; maia sott cœur offre au^ y>ettJE àe J. C. , un cœur mille ^s plus touehaot : sa ferveur &it tout 1^ n^énte de &4 prière. En^effet , H. F. » lorsque nous paroiasons devant noire Dieu» tièdes» laoguts««i»a» ÎJM^lenttfa; que nons eiLp^sons nos besoina comme des besoins /étrangers; qu'il semble que l'a£faife que noua tmiions, «'«est pas la n^re; qne nous laissons îparl^ notre lan-* gue sans y jowidre les mouvemens religieux;: d'wn ooçiir touché, que faiftonsHpous ? Jxç^^ choisissons tes yeux de Dieiit {lour le rendre téoioiin «les tégaremena d'un esprit oisenic , t% 4«s tiédeurs d*un cœur infidèle ( nous venoAS nous «mettre en aa pirésence pour Ini 4ir<6 que aotts ne l'aimons pas ; noua nous prtosterno^s à aes pieds p^HUir ne penaer poiiat à Ini^ et ne nous e^Ureteni^r 4^'aii^ec I43A créatiafias » en an «aot ^ non» l'irritooa dans le lie«# de propjtiation « et chao|;aoo^ en ôriflses, l'ex^oice "le plus ntileet le plu« consolant de )a ici* Or^ premîènement, M. F. « jce<qui reodlafervcnr ù eiseiitielle à la prière > est la majjescé de oekii que «evs prioi^ :.1as hfmms^%t% tiède# «ont indignes liie lui; <et s'il nantit cekû qui Î9ix aon 4>uvrage avec négligen<>e ., q«el ««tre lapte 4e relif^n ml pl«a a<>a oi^vnige que la f»rière? Secondement» le prix des gi^oe^ que nous deoun'»* dons. >Qn^i ! nous spliKcifeon* desbi«i»s«él«roels4 l^s proimess(es4eU viefatttre , Je4o9i inestimable d^ hk f«r9évéra#»ee, la possessiop im^» moptdle de Dieu :;eh ! pwt-onidfwand^ langai^linua^eut des biens si préoteuK ? n'eat -lœ pas déclarer, ou qu'on n'en fsat ixoint toudàé « on qti'.Mi n'y îpvét<eAd 'point? et le cœ«r <<nut lentier pc^-il suffire 4 les<dé9ir<er ? Ahisiiir%oiBt)e resle, nous tDOMVOlMaonttus imt'deviyaK cttél il aenble que ^ur nous arendoe froids «t Hai^ii^s^s , il suffît de noua préaenter ideivant notrre jdi^u étudie pem^r au» bif9is>véntaif blés. Troiaièmenieiut enfin 9 la natuipe miêpte die 4a ^ièt^ Ç'eu^n commerce «tendre aveei^olive Dieu ; pouyesrvons ff i\ste >ioiit de.glaQe-? cest ia icoBaàdéoaifeioin de aN ^rCâctiana infinie^.; pottT^-^^His lea eoutenipler fans en étm lAUcbé ? c'est ^niae a^tentiiw 4ttir>tiatis les biena dont il irou* a CaToriaés^ qu'ya-t-il qui tUtéiWftse plua iw lH>^ $içmx

B6tt JEUDI DE LA !'• SEMAINE.

que \t souvenir des grâces reçues ? c*est un gémissement sur nof fautes passées ; peut-on .rappeler .. «reC iRdiffé9*ence devant ce que Ton aime , les infidélités dont on a été coupable à son égard ? Tout nous apprend donc à prier avec feryeur ; et siins cette condition , la prière n^est plus , ou qu*un méprîs du Seigneur, ou qu'une occu-? pation inutile d*uii esprit oiseux et immprtifié.

En second lieu , notre femme de Tyr ne v^ut devoir la grâce qu'elle «olHcite, qu'à la seule miséricorde du Fils de David; et Thumilité de sa prière répond à la vivacité de sa foi. Elle ti'allègae rien en sa propre faveur , ni le courage qui Ta fait sortir du milieu de sa na« tion, ni sa foi qui Ta portée à laisser là ses idoles , et venir cbierchef un étranger ; elle ne veut point d'autre mérite pour toucher J. Qp , que sa propre misère: Fils de David, dyez pitié de moi. On la met au nombre des plus vils animaux-, et elle trouve dans cet opprobre même une nouvelle raison de confiance; on lui préfère les brebis d'Isxaël, et elle souscrit à cette ignominie; elle n'allègue point pour excuser ses superstitions passées et adoucir le titre odieux qu'on lut donne, les engagemens de la naissance , où il entre si peu dé chose dé notre part , et qui font son malheur plutôt que son crime ; elle n'oppose point à la préférence do«t J. C. honore les Juifs, leur ingrati-* tttde, leur envie, leur endurcissement , qui les rend encore plus cou* pables que les habitans de Tyr et de Sidon : Thumilité est simple, et ne voit que son propre néant. En effet , M. F. , rien n'éloigne de nous les grâces du Ciel , comme de chercher en nous*mémes les rai* sons de là libéralité divine. Au commencement de la conversion , ou jette quelquefois sur soi dans la prière dés yeux de complaisance devant la sainteté du Dieu qu'on adore; sur un naturel heureux qui nous a toujours préservés de quantité d'excès , lors même que nous suivions les voies <lu crime ; sur un fonds de religion et de crainte de Dieu , qui , dans le temps même de nos désordres , nous inspiroit je ne sais quel respect pour la piété et pour ceux qui la pratiquoient , et -une secrète horreur pour ces hommes de péché qui font d'une impiété et du mépris des choses saintes , l'assaisonnement d'une débauche. On rappelle en secret l'idée de ces pécheurs pour en faira honneur à celle qu'cm se forme de soi-même; et l'on flit, sans y penser, aux pieds des autels, comme le Pharisien: Je ne suis pas fait comme le reste des hommes. Sommes-nous plus avancés dans la vertu ? loin de bénir la main qui a rompu nos chaînes , nous croyons trouver dans notre justice les raisons que le Seigneur a eues dé nous discerner de tant de pécheurs qui s'égarent, et de nous appeler à ses voies saintes. Ainsi v lorsque , dans nos afflictions , nous nous adressons ati Seigneur, ahl nous mêlons presqiie toujours dans nos demandes le souvenir de ce que nous avons fait pour lui ; il semble que nous demandons une justice, plutôt qu^une grâce: nous exposons, avec complaisance, à ses yeux , comme les Apôtres , une bar<^ue et quelques filets abandonnés ; c'est-à-dire , les œuvres les plus légères bites en son aos(; nous lui disons, dans le secret d« notre cnurv

Ké nous. tendrez-TOus rien pour cela ! Quid ergb erit nohis ( Mattk. 19; 27) ? On repasse sur uneaumôné, sur une œuvre de miséricorde, sur une pratique de piëté^ et tandis que d'une main nous étalons jios calamités, de Tautre , nous présentons nos mérites; nous mettons dans une balance , comme Job, nos justices ti notre affliction ; et nous perdons souvent dans la prière le fruit des mérites passés , où l'on auroit dû en acquérir de nouveaux. Ce n*est pas qu'on se glorifie grossièrement devant le Seigneur; on ne lui dit pas tout haut : Vous devez, Seigneur, à ma fidélité quelque reconnoissance j mes oeuvres saintes seroient-elles effacées à vos yeux , vous , devant qui tout est vivant? ah! c'est dans le malheur qui m'afflige, que Je dois sentir que ce n'est pas en vain qu'on vous sert. On ne le dit pas tout haut , mais on se le dit tout bas à soi-même ; on n'étale pas ouvertement ses mérites, maison les laisse entrevoir, on se couyre de ses justices ; on n'envisage la majesté duTrès-Haut , qu'à travers ce voile flatteur de nos propres justices, sans se souvenir que Moîse sur la montagne , levoit le voile lorsqu'il parloit au Seigneur , comme pour lui mieux exposer ses misères , et ne s'en servoit qu'en se tournant vers lë^peuple, et pour se cacher, ce semble, à lui-même le souvenir des actions héroïques, et des prodiges qu'il avoit opérés au milien de ses frères. Le pécheur n'a jamais de meilleur titre pour obtenir des grâces , ,que son indignité, et la clémence d'un Dieu qui ne lui doit que le châtiment de ses crimes.

A. la ferveur et à l'humilité de sa prière, la sainte Cananéenne 21 joute , en dernier lieu y la persévérance. D'abord ^ J. C. n'avoit répondu que par un silence froid et accablant à ses supplications si Aoumises, si humbles, si ferventes: Qui non respondit ei verbum, £116 a abandonné ses dieux, son peuple, sa fille même mourante, pour venir à lui , et il n'avoit pas daigné la regarder ; elle lui expose sa douleur d'une manière si vive , si tendre, si pleine de foi , si capable de toucher les cœurs; les assistans en sont attendris, et J. C. tout seul la voit d*un œil indifférent; lui qui devoit pleurer sur Jé^ rusalem rebelle; lui que la'oonfusion seule d'une femme adultère, trouva si indulgent et si miséricordieux ; lui qui se représentoit à ses disciples sous la figure d'un pasteur tendre, occupé à chercher è travers tes montagnes les brebis égarées ; lui-même refuse %ts soins et sa tendresse à celle-ci qui vient à lui d*une région siéloignée< Tant de foi, tant de démarches, tant de larmes, ne devoient-elIes être payées que d'un kiléncesi désolant ? et quelle autre foi n'eût point été rebutée d'une rigueur si peu auendue? Qui non respondit eiverbum* Cependant cette femme forte persévère; sa grande ame ne plie point ; jusqu'ici elle n'avoit osé se présenter au Sauveur, et s'étoit contentée d'élever sa voix de Icini' Dimitte eam , quia damât post nos ; msiis a mesure qu'elle est refusée , elle avance; et leji rigueurs soilt les seuls attraits dont J. C« se sert pour l'attirer. Mais qùé veut-elle dire enfin, en se prosternant aux pieds de J. C. ? Vient-elle, piquée 4'ui\c ;»ecrète jalon^ie^ Ipi rappelei: k jiouTeiiîir de ^ànt de prodige^ qu'il-

a opérés aillears? lui dire , comme le$ habitons deNâ^aretH : lebmlt public nous a instruits de ce que tous avf;K fait à Capbarnaum? Yient-elle recueillir ce que son affliction ]ui laij^se encore dç forces,, et par tout ce que Tamour maternel pei|t inspirer ie plus tendre e^ déplus éloquent, faire un dernier effort ppnr toucher celui qu^elle veut se rendre propice ? Que pouvoit-on atîeAClr.e de pins d'une »smnie infidèle ? Cependant yoyez-la aux pieds du,$auveur« coiimi,e eljeadorp en silence les conseils éternels dirigés sur die: JtiUavemt,fitado^ ravit eum, dicens : Domine, adjuva me ; coynme elle souscrit .en ser cret aux dispositions sévères de sa pénitence; comme elle s'hvmilie sous la main puissante qui la frappe. Tranquille ^ixç )e sort de sa ifille , elle n*en parle plus ; elle Ta mise depuis lopg-ïeipps .entre les mains de son libérateur; ce n*est plus la dcllTTance de sp9 a^iction qu'elle demande , c'est la force de pouyoir la sou|:enir : fiomine , adjuva me : Seigneur, soutenez-moi. {îUe se refuse méipe4es piainr tes 9 la seule consolation des malKeurei^x; elle étouffe tont c/e quelfi tendresse d'une mère a de plus vif; elle fait rentrer ses désirs ûjins les ordres de celui qu'elle adore ; elle se croit indigue d*étrje exBUr cée, seulement parce qu^elle ne Test pas; et tput ce qu'elle sollicite, €*est'une ame encore plus forte ^ue sa doul.eur : Domine.^ adjuvuL me: Seigneur, soutenez moi; ne rendez pas \a sajQt^é ji mia fille, puisque votre justice et mon infidélité s'y opposent^ mais lu^raçhez de mon cœur la tendresse que je ^ens encore pour elle; Domine, adjuva me. Qui n*eût cru que cette dernière démarche auroit enfin triomphé desretacdeineDs d-H Sauveur ? Cependant dlèn'attire à eette femme si constante , que xles reproches rigoureux : Itn*eftpasjus§e^ lui dit-on ^ de prendre tepaia des enfans , et de le donner aux chiens. Mais un mépris si outrageant ne ia iylesse point; les instances redonhleni avec les difficultés; et ^obstination de sa persévérance avra- «lie , pour ainsi dire, 'des mains de I. C , une graee si long-temps dilférée< Ol femme ^ s'éorie^-il , ne pouvant «"empécker de louer tout haut ce qu'ail admiroi^ depuis long^ temps en seeret, votre foi est grande ; qu'U vous soit fait comme vous désirezk

Double instruction pqur nous , M. ?• , s.u|: I9 pe^î^évéra^cçîiifins no*^ prières. Souvent le Seigneur ne nous exauce ppi;it ; il np.us l^aisse 4ans Taffliction dont nous demandons q^i'ijl pou^ reitire, da^s les foiblesses sons lesquelles nous gémissons ., 4^n> les tentations d'oji nous sortons toujours à demi-vaincus : ^lors Qpus cessons de demander; il nous paroit inutile ide lui ré-itérer (les vcpa;c qu'il n'jîi^auce pas ; plus tranquilles même quelquefois dans^nOA passions , après en avoir demande en vain la délivrance , nous i:]:Qyops n'avoir r.ieçi oiv 'blié de notre côté, et que 4ésocma.is c'e>t 9 la , grâce à f*ire le reste. Mais je ne vous dis pas que peut-être vous n'êtes pas ex^upés, parce que vous demandez mal; cjuê vot^re prière j?orte javec elle-même les raisons du rçfus de Dieu; «t qu'il «fj^u.^ ^n cpci^iger 4e& défauts, et non pas en interroimpre Ja pratique; je n,e vous. dis pas que, dans une vie toute mondaine , vous sbUicitejt peut-être dasgracesqui nesont que la récompense' dé la retraité, delà pénitence et de la prière j que

Voui demandez lé don précieux de la continence et de la cTiasteté, tandis que vos commerces, vos lectures , vos entretiens vous conduisent à la|>«rdre; la patience dans vos afflictions, vous qu'une recherche éternelle de vos aises a si peu jusque-là accotitumé à souffrir; Te goût de la teftu , vous en qui des mœurs tlèdes et sensuelles éteignent toutes les gtaCes; la fidclilé dans les occasions, vous qui ne veillez pas sur votre <iœur, et qui négligez toutes les prêaautions les plus nécessaires à la piété chrétienne. Ah ! je né suis point sur])ris si J. C. vous répond alors, comme aujourd'hui à la Cananéenne, qu* il h* est pas bon de prendre le pain des enfahs pour le jeter aUx chiens *j et que les faveurs t}ue vous sollicitez , ne sont pas le partage des pécheurs cofnïiie vous, et sont réservées à la fidélité des âmes justes : l^on est èonunt.

Je suppose que vous demandiez comme il faut ; et je dis que vous étt^ ÎDÎttSres de Vous rebuter, lorsqu'on ne vous exauce point. Eh! quoi ? raoD cher Auditeur , le salut vous pardit^il trop vil pour ^tre demandé plus d'une fois ? té. demèarez-vons â une seule démarrche pîHir les choses c{uè toàè soubaital|.vivemetit ? et que font les obs"« tacles daas vos prétenttàns temporelles , qme pccfueret réveiiler tia— * vaxtfaige v6s désirs ? Voua comptez vos déiperches ateo J. C. ; mais les Qointpt^'t-il iiii-<iBéi)ie avec vous ? Après que vous l'avez tant de fois rejeté , ne revient* il pas eiicore se présenter à la porte de votre cœur^ aussi empressé de votre sal^t ^ lorsqu'il Vous appelle à la on** zièAne heure dfi jour , qu'iH'étoit^n vcnis appelafttà la première? Ah 1 si f apirès quelques inspirations de sa grace« il:se^fàt retiré toutàf€sit de Vous ; si , fteulement , pour n'avoir rien à se reprocher sur v6ti|e .perte 4 il selèt oon tenté devons isivertir une foie , et qu'il von» eat laissé ensuite entire les mains de votre corroptioii , où en 8«riez* VOU9? O hoinme ! pouTèz^vons demander trop souvent l'nniqne bien qui vous soit nécessaire ? et îgnorez^vous que votre 'Dieu veut, être pressé^ sollicité, importasô^ et que sa grâce , oostme sfon royaume,* est le prix de la seule violence ? D'ailleurs , Dieu vous refuse ? Mais c'est poiur vous obliger de le prier pi as loag> tenit)s ; il connoît le caractère de votre coeur. Si n<ma n'aviez rien à sctiibattèr de na Ubé-* ralité, vous lie vous adrésserisz jamais à iuif si une fois il voos a voit eaaaoé, le bien^it voas feroit crtibiier le bienlaftear^ Dieu vous'refode? Mais que bav^a-vons si voire prière eiie-itiétoe n'éss pas plus agréable à Dîea, quela vertu que vobs lai demandez ? s'il n'atme pas inieiix entendrls vds génrissehieas >sifr votre impiatience et sur vos fôiblesses , qiie tôt» voir plos patient et -plus fidélê ? si la compoaetion qae'voifs lui offrez de votre défwt'daiïS la prière; ne voaspanfiepaspluaàsesyètii^ qberamend^nentdeoe défaut mém^? Mats enfin-, qnb savez -voua si vous ne vous êtes ipoint- rebuté , lorS'» que voué étiez sur le point* d'obtenir oe qae yous-dcàmndiez ,et que le«Sei|tneur n'attendoit t>iu5qa^iine noirv4lle inaoanefi ? Voifs avez prié , etil n'a point eu d'dceilles pour vous , vous avtiK e^ié derechef, il s'est ih, Encore une fois, la voix de votre cœur est montée de nou' veau vers le Seigneur, et c'a été en vain : alors vous en êtes demeuré

là, comme ce roi d'Israël, après qu'il eut frappé trois foisla terre â*a1î javelot; mais que ne poursuiviez^vous, comme, ré pondit leProptièie Elisée à ce prince imprudent : Si vous eussiez /rappé cinq/ois , c'c/i étoitfait de la Syrie , et vous auriez remporté une victoire entière sur vos ennemis (/^. Reff, i3 ; 19 ). Dieu avoit marqué le moment de sa grâce à une nouYcUe demande : vos premiers vœux l'avoient déjà disposé , et il n'étoit plus question que d'achever votre ouvrage ; vous vous êtes découragé , lorsque vous étiez sur le point de recueillii' )e fruit de vos peines : Si percussisses quinquies. Encore un peu de persévérance, vous obteniez ce que vous demandiez ; encore un coup frappé à la porte, on vous l'eût ouverte ; encore un nouvel effort , vous triomphiez de la lenteur de Dieu même ; et tous perdez , en vous rebutant , les grâces que vous aviez déjà méritées « et celles que %ous étiez sur le point d'attirer sur vous I

Une seule réflexion que je vous prie ici de faire , c'est qu'il ne suffit pas de continuer simplement , et de ne pas se décourager ; il faut redoubler ses efforts. Après qu'on a demandé , cherché 9 et qu'on n'a rien obtenu , il faut frapper«4En effet ^ M. F. , Dieu ne diffère de nous exaucer, que pour rendre nos vœux plus ardens : il ne rejette pas SOS demandes \ il ne veut qu'enflammer nos désirs : c'est là une de ces feintes de l'amour divin, qui ne paroit se refuser que pour réveiller notre tendresse; et souvent il renouvelle à l'égard des âmes fidèles, rhistoire des disciples d'Emmaûs; c'est-à-dire, il ne frit semblant de se retirer d'elles 9 q^afin qu'on lui fasse de nouvelles violences pour le i:etenir. Tel est le dessein de Dieu dans la suspen* sion de ses grâces. Or, tous ne vous lassez point de demander,' dites- TOUS , depuis le moment fatal qui vit périr votre innocence ;, depuis ce jour fatal qui changea votre joie en tristesse , et qui tarit toutes les ressources de votre fortune ; depuis que la main du Seigneur vous a frappé de cette infirmité cruelle 9 qui môle à vos jours tant d'amer*^ tûmes, vous ne cessez de demander la force devous relever de TOtre chute; la foi pour soutenir votre adversité; cette patience chrétienne qui nous fait posséder nos âmes, en nous en rendant les maîtres ; qui sait souffrir sans se plaindre et sans murmurer : et cependant vous vous retrouvez encore aujourd'hui aussi fragile, aussi triste , aussi inqaiet que le premier moment où vous commençâtes è prier le Seigneur : vous. persévérez, et le Seigneur ne répond pas. Mais je tous demande : les retardemens> du Seigneur vous ont-ils conduit à des instances plus vives. et plus pressantes? avez- vous ajouté à la prière le secours du jeûne et delà pénitence? avez-vous tenté de nouvelles voies pour fléchir le Seigneur ? a-t-ofi vu votre ferveur se rallumer, croître votre fidélité, vos œuvres chrétiennes se multiplier ? enfin , avez-Tous fait monter des cris plus perçans vers le ciel , les premiers y étant montés sans succès ? et , comme les Israélites, après avoir fait, durant six jours, le tour des murailles.^ Jéricho, y aves-vous ajouté au septième 9 le bruit des trompettes et 4es hurl^piifi^i ^ coii^me pofur triççapher de Dieu même par ce uouYcl

tffart î et Toir tomber a vos pied& la passion dont vous aviez tant d« foi* souhaité d*étrc délivré ? Ah ! le Seigneur ne vous exauce pas , parce que tous demandez toujours de mémç : il a beau se refuser à vous , vous ne sentez pas asset son refus, et votre voix ne monte pas vers lui avec nn nouvel effort., Ah I ce qu*£lie disçit autrefois « par pure dérision , aux prophètes de Baal assemUés à Béthel pour immoler à ce dieu , je pourrois. vous le dire ici plus réellement : Criex. plus haut ; car votre Dieu dovt quelqaefqis, et il a besoin qu'on réveille.

La Cananée ne se contente pas de dire toujours ; Pils de David, ma fille est cruellement tourmentée ; elle s'approche, elle fait de nouveaux efforts; enfin, elle oblige encore lés disciples àdevenîr ses intercesseurs auprès de J. C. Et voi^ ^ M. F. , le modèle de notre persévérance ; adressons à Dieu p/^ vœux et nos prières : s*il ne nous exauce point, retournons à ce saint exercice avec une nouvelle ferveur; s'il continue d'être sourd à nos cris , loin de nous rebuter , revenons sans cesse à la charge, et faisons-lui en quelque sorte violence pour lui arracher ses grâces ; intéressons dans notre cause les gens de bien ; ce sont les amis de Dieu; ils ont du crédit iaprès de lui : seulement gardons-nous de compter sur les prières ^e» gens de bien , au point que nous négligions de prier pour nous* mêmes. Les Apôtres qui sollicitent pour la Cananée sont refusés i et la Cananée obtient ensuite elle-même; pour nous apprendre, dk S. Chrysostème , que les vœux que nous adressons nous-mêmes au Seigneur, quelque pécheurs que nous soyons d'ailleurs, le toucheni tout autrement que des' vcèux étrangers, quelque purs qu'ils puissent être devant lui. Cependant voilà en quoi consiste presque toute la piété des personnes d'un certain rang, à honorer les serviteurs de ). C, et à recommander à leur piété et au mérite de leurs prières , les besoins de leur ame. Mais que sert, M. F., d'intéresser les Justes à votre salut , si vous ne voulez pas y travailler vous-mêmes ? Que sert que des âmes saintes disent tous les jours : Seigneur, conver^ tissez cette ame que vous avez rachetée de votre sang , si de votre côté vous dites : Je ne saurois me donner encore à vOus ; ne rompez pas des liens qui me plaisent et que je ne puis haïr epcore? Vous ressemblez à cet infortuné Simon, qui ne voulant pas avoir de part à la grâce de l'Evangile et à la prédication des Apôtres, ni sortir de ses voies égarées , conjuroit cependant les disciples de prier le Seigneur pour lui : Precamini vospro me adDominmm ( Jet. 8; a4)- Ne mettez point d'obstacle aux grâces que l'on sollicite pour vous , et alors les prières des Justeà seront puissantes : priez sans cesse vous-mêmes le Seigneur, qu'il vous donne un cœur nouveau; qu'il anéantisse tos injustes cupidités ; qu'il exauce les vœux de ces serviteurs qui ne se lassent point de lui demander votre conversion : priez^ dis-je, et ne vous lassez point; si vous êtes pécheurs > il ne vous reste que cette voie pour recouvrer la grâce; si vous êtes justes , c'est par-là seulement que vous pouvez là conserver. Eh ! n'êtes- vous pas b,«ureax, que la miséricorde divine vqus ait Qutert uneToiede salut

Sfi« JEUDI Dfi LA r^' S:E»IAINE.

st ats^è et si eotvsroldnte ? Le Seigneur est eet homme àe FEvait^l^^ qui, apréé qtièlfftre^ difficttltés ^ ne peut refaser Irots pfttns à na tml qtiî les déifiànde avec Instanee : e^est le père qtii ne saaroit donner «in ^rpeftt k ses énf»ns , lo^n'ils ItiS dettiftiideiit de U aoarriUire! eti un mot, c*est le Jiige vâiaen par le» solHcttatioiis de !« t^cnfttf^ et q^f à^6tâe enfin à ses importunkés oe qu'il tsvtttt d*aboi«d refusé ^ È^^ prèitliérs eris : et (Jcs paraboles si tionsolante» , c'est J. Ce Ini* tttétne tint «^ éèt aiii^m» , «t qtii les applique a« Jage ^Leste*

, ' Moa Dies ! vcmis 6onirie;i fOHS-mèraye )e pécih^ur i vous demander des gface» : ^1 seniUe que vous êtes intéress<^ à rendre l'homaie heu<reux, et qae vous ne vous su^Bseï pas à vous-même. Ah! M. F., d\où vient donc qu'an exercice «i ayantageux à la foiblesse buoiaioe^ est si négligé parmi noié? à*€m vient que dans le monde on a sans •cesse recours à de nouveaux artifices « pour ^er Tennui de la vie mondaine , pour remplir des monvensque la variété des plaisirs laisse encore vides, et qu'on ne sauroit trouver le temps de prier ? £h ! ne faut*il pas que Dieu , àqui tous les moBvess de la journée devroienJ; être consacrés , les partage du moins avec je monde ? On ne vous re- .proobé point ici le temps si précieux aux Chrétiens, consacré à un jeu ■excessif ^ à de vains entretiens 5 à des inutUit^ presque étemd^s : mais du moins retranckeis-en quelques moanens pour génùr devant îDleu du mauvais usage que vous faites du reste. On ne vous demaiide •pasconuBent se passant vos ^urs et vos années; mais do moins qu'ils ne Se passent pas tous sans penser à Tauteur de votre être et au Juge «le vos actions : consacrez-lui des heures que ni les occupations ni •les plaisirs ne puissent pkis lui disputer : souvenes -vous que Daniel aima mieux s'exposer à perdre la vie 9 que manquer à l'hei^re de sa prière : offrefc lui à La lêle de vos famiUes f àe& vœux comnHins : ne regardeifi plus Toiraison ^ cette occupation contipueUe d'un Chrélâen, comble ie partage des Am^ej^ retirées. Et vous , ^ ^on Dieu ! forciez -dans nos cœurs des désirs qini ne peuvent venir que de vous : répandes sur nous cette graoe de la prière , qui est I9 source de tqutes les autres : donnez-uûus ce maître invisible, qui seul. apprend à prier; ;et prépares-nous les biens- éternels ^ en nous inspirant le désir de les dematider* jiitui soit^^iL

-JK*^

SERMON

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