RESPECT HUMAIN
de salttmîère , qu*on ^it à rinstani ce feu divin se rallumer » et bril> 1er d'un éclat si extraordinaire et si nouveau , que les spectateurs éblouis en furent saisis d'admiration et de surprise : Utque te^np^s uffuit qub' sol rcfuUit, qui prlùs erat in niibilo , accensus est- ignis magnas , ita ut omnes mirarentur {^Ibid. v. aa )• Telle. est la condition du Juste en cette vie : le feu sacré qu*il porte caché dans.soQ cœur, est couvert sous de viles apparences, on le regarde comnie une boue méprisable qui n*est propre qu*à être foulée aux pieds, parce que cVst ici le temps de sa captivité, et que J. €#., le soleil de l'éternité, est encore caché pour lui dans un triste nuage; mais quand une fois le Fils deTHomme paroissant du haut des air; sur une nuée de gloire, vainqueur de ses ennemis , et ayant à ses pieds les nations assemblées, aura lancé sur ce Juste quelques traits de sa lumière et de sa majesté, alors on verra ce feu caché sous les apparences d*tine vile boue, se rallumer; cet homme si obscur,' si méprisé, se démêler de la foule, briller d'un éclat nouveau, s*élever dans les airs, environné de gloire et d'immortalité, et offrir aux amfttears du monde un spectacle d'autant plus étonnant, qu'il ajoutera à leur surprise le désespoir affreux d'une destinée bien diffé* rente : Utque tempus nffuit quà solrefutsity quipriits erat in nubiio\ uccensus estignis ntagnus, ita ut omnes mirarentur. Foibles hommeè, que vos discours paroissent méprisables à uneamequi peut se consoler dans cette espérance !
Aussi, M. F., si la timidité du respect humain est insensée en .elle-même, elle l'est encore pins dans toutes les circonstances qui raccompagnent. Ecoutez-en les preuves , mon cher Auditeur; et premièrement , si vous êtes désabusé du monde , jusqu'à souhaiter mille fois chaque jour de rompre avec lui, pourquoi comptez ^êou s encore pour quelque chose ses jugemens? Si, après l'avoir bien connu, vous le trouvez digne d'un profond mépris, pourquoi voulez-vous encore ètte approuvé de ce qui vous parott si indigne de Têtre? D'ailleurs ne p^urroit-on pas vous dire, à vous sur- tout : vous avez jusqu'ici joui si injustement de l'estime des hommes, vous êtes un abime de misère et de corruption aux yeux de T>ieu ; vo\is seul savez jusqu'où la mesure de vos foiblesses et de vos crimes est montée en sa présence, et de ces foiblesses qui, exposées aux cegards^publics , vous auroîent couvert d'un opprobre et d'une ignominie étefnelle : cependant le monde vous a loué , lorsque vous marchie;& dans ses voies^ il a donné à de vains talens de vaines louanges:, vous avez passé pour généreux , fidèle, modéré, sage, désintéressé, équitable: toutes ces vertus, sans la piété, ctoieut de fausses vertus, voua le savez ; pliis fausses encore dans votre ccçur, par les^oii^ qne vous avez pris de dérober aux yeux des hommes vos vices véritables. Eh ! ne faut-il pas que Dieu soit vengé; qu^ vous rentriez dans l'ordre de la vérité et de la justice; que vous souffriez que le monde xefuse ia-* justement à votre vertu les louange^ qu'il avoit autrefois.iiijuâtement données à vos vices , et que vo.us répariez par une^limili^iition légère 'l'injustice de la gloire et de Teslime que vous avez si long-