D1SC0UES
richesses que Dieu verse sur les peuples par notre ministère , sont les richesses de la grâce : l'Évangile que nous annonçons , est cette parole de la vie éternelle qui maudit les richesses , et qui n'appelle heureux et riches, que les pauvres de cœur et d'esprit ; en un mot, tout ce que nous sommes comme ministres, c'est-à-dire, comme dispensateurs des biens éternels, n'annonce aux peuples que le mépris de tout ce qui passe , et le désir tout seul des biens qui ne doivent jamais passer. Quelle indignité donc, mes frères, lorsque le dispensateur des biens éternels devient lui-même l'esclave d'un tas de boue qui le salit et le couvre d'opprobre ; lorsque le ministre établi de la part de Jésus-Christ pour détromper les hommes de l'amour des faux biens, leur en inspirer le mépris, les maudire avec Jésus-Christ, ne paraît vivre, et n'avoir de désirs , de soins , et de penchants que pour se les accumuler à lui-même !
Mais ne faut-il pas distinguer, dirat-on , une sage prévoyance qui met en réserve pour des besoins qui peuvent arriver, de cette avarice basse et sordide, qui croit n'en avoir jamais assez; et toute précaution là-dessus serait-elle un crime? Non, sans doute, mes frères; et si ce misérable prétexte de l'avarice méritait une réponse, nous vous dirions qu'un pasteur avare , qui ne vit que pour amasser, et un pasteur fidèle et prudent, qui se ménage quelque réserve pour des cas imprévus, ne se ressemblent guère. L'un est tranquille dans sa prévoyance ; elle ne prend rien sur ses fonctions, sur ses devoirs, sur l'amour et les soins qu'il doit à son peuple, sur la décence de son caractère; et il y entre plus de confiance en Dieu que dans le peu qu'il se réserve. L'autre n'amasse que pour amasser : ce n'est pas pour fournir à ses besoins ; il se les refuse : son argent lui est plus précieux que sa santé , que sa vie , que son salut , que lui-même : toutes ses actions, toutes ses vues, toutes ses affections , ne se rapportent qu'à cet indigne objet. Personne ne s'y trompe; et il ne prend aucun soin de dérober aux yeux du public le misérable penchant dont il est possédé : car tel est le caractère de cette honteuse passion dans un prêtre, de se manifester de tous les côtés , de ne faire au dehors aucune démarche qui ne soit marquée de ce maudit caractère, et de n'être un mystère que pour celui seul qui en est possédé. Toutes les autres passions sauvent du moins les apparences; on les cache aux yeux du public : une imprudence, un abandon de Dieu peut quelquefois les dévoiler ; mais le coupable cherche autant qu'il est en soi les ténèbres : mais pour la passion de l'avarice, un prêtre ne se la cache qu'à lui-même • loin de prendre des précautions pour la dérober aux yeux du public , tout l'annonce en lui ,
tout la montre à découvert ; il la porte écrite dans son langage, dans ses actions, dans toute sa conduite, et pour ainsi dire, sur son front.
Or, mes frères, quel caractère de réprobation pour un prêtre et pour un pasteur, que l'indignité de ce vice! caractère de dureté, d'avilissement pour lui, d'opprobre et de scandale pour le saint ministère. Caractère de dureté : il est père , il est pasteur, il est à la place du souverain pasteur, qui a donné sa vie pour ses brebis, et qui continue après sa mort, à les nourrir de sa chair et de son sang; il est ici-bas le vicaire de son amour pour les hommes : or quel monstre d'horreur sera-t-il dans l'Église , si se dépouillant de ces titres si glorieux et si aimables, de ces titres aussi ineffaçables que son caractère , il n'a que des entrailles de fer pour son peuple ? voilà pourtant la situation réelle et affreuse d'un pasteur avare. Comment soulagerait-il les besoins de ses pauvres? II se refuse ses propres besoins à lui-même ; il n'aime et n'estime de ses fonctions , que le gain malheureux qui lui en revient; il l'exige avec dureté : le pauvre n'est pas plus à couvert de ses barbares exactions que le riche; il passe sans pudeur les bornes que des règles sages ont prescrites à son avarice; il foule aux pieds ces barrières sacrées, si honteuses au saint ministère, et qu'une triste nécessité, c'est-à-dire, l'avidité seule de certains ministres, nous a forcés de poser ; il ne connaît de frein et de règles que celles de son insatiable avarice. Les plaintes et les murmures d'un pauvre peuple vexé et opprimé par l'excès et la dureté de ses exactions , l'endurcissent, loin de le toucher et de l'attendrir : son cœur devient plus dur et plus insensible, à mesure que les cris des malheureux augmentent; et il redouble de barbarie envers ceux qui ont osé même nous en porter leurs plaintes. Qu'il voie son peuple frappé de mortalité, ne croyez pas qu'il soit occupé si leur mort sera précieuse devant Dieu; le profit infâme qui lui en revient est l'unique objet qui l'occupe, le seul qui le console de leur perte; j'ai horreur de le dire, le seul peut-être qui fait le sujet de sa barbare joie : disposé à laisser le corps précieux d'un fidèle, d'un membre de Jésus-Christ, en proie aux oiseaux du ciel, et aux animaux de la terre, si une famille indigente ne capitule avec son avarice, et n'assure d'avance par un prix excessif à ce pauvre défunt la consolation de se voir réuni par la sépulture à ses frères , auxquels la foi l'avait uni sur le terre.
Quel monstre, encore une fois, qu'un tel pasteur ! et plût à Dieu qu'ils fussent aussi rares dans l'Église et dans ce diocèse, que les êtres monstrueux le sont sur la terre! Mais ce n'est pas assez encore de faire de leurs fonctions, et du sang adorable de Jésus-
SYiNODAUX.
Christ , un profit infâme; ce n'est pas assez de rendre par leurs exactions la religion onéreuse, accablante, odieuse à leur pauvre peuple : ils lui suscitent des procès injustes; ils achètent même des droits litigieux ; ils se prévalentde leur honteuse abondance, pour usurper et se faire adjuger des biens qu'un pauvre possesseur n'a pas le moyen de défendre : sous prétexte d'avancer quelque secours à ceux qui s'adressent à eux , ils le leur font acheter à des conditions usuraires et tyranniques; ils n'offrent que des secours barbares et meurtriers; et en soulageant les opprimés , ils ne veulent que se hâter de les écraser , et achever de les mettre au désespoir. Je me lasse , mes frères , d'exposer ici ces horreurs devant tant de ministres fidèles : mais ce qu'il y a de plus triste, c'est que je ne fais que reprocher un spectacle d'infamie , dont vos yeux ont été plus d'une fois témoins ; que votre piété et votre zèle pour le ministère ont encore plus souvent détesté : je ne fais que rappeler des plaintes qui nous sont mille fois revenues , et qui ont autant de fois déchiré nos entrailles , et aggravé le joug de notre épiscopat.
A la dureté ajoutez, mes frères, l'avilissement et l'opprobre où cette passion dégrade et le ministère et le ministre; les soins bas, indécents et publics qui l'occupent : suivez toute sa conduite : c'est un vil négociateur; il entre dans les trafics et les commerces les plus bas ; tout ce qui lui offre quelque gain ne lui paraît indigne, ni de ses empressements, ni de la sainte décence de son ministère ; il paraît plus souvent dans les marchés publics , que dans son église et dans les fonctions de sa paroisse. Plus instruit des moyens sordides d'amasser, et des règles obscures d'un vil commerce, que des règles de l'Église, il oublie qu'il est père, qu'il est pasteur, qu'il est honoré du titre sublime de ministre de Jésus-Christ. Le seul titre qui le touche, et dont il fait usage , est celui de vil commerçant : ne lui parlez pas du gain et du salut des âmes , dont il doit répondre; c'est un langage inconnu qu'il n'entend pas; et tout ce qui ne grossit pas son infâme trésor, est pour lui une vaine spéculation et une chimère. Il avilit la dignité de son caractère par des mœurs basses et sordides; et il devient par sa vile épargne, et par la crasse même de ses vêtements , et l'indécence de tout son extérieur, un spectacle de dérision pour son peuple, et de honte pour ses confrères; c'est un pauvre du monde et de l'enfer. Hélas! mes frères, nous excusons souvent sur la modicité de nos revenus notre peu de charité pour nos pauvres ; nous craignons toujours de manquer pour nous-mêmes : retranchons pour Jésus-Christ une partie seulement de ce que ce malheureux se retranche pour le démon ;
et nous trouverons nos revenus abondants. Il se refuse tous ses besoins; il se dispute même jusqu'à la simple décence des vêtements : sacrifions à la charité une partie du moins des aises et des commodités , que cet infortuné sacrifie toutes à son avarice ; mettons en réserve, et épargnons pour le ciel, quelque chose du moins de ce qu'il réserve tout entier pour la terre; et nous trouverons de quoi fournir à nos besoins et à ceux de nos pauvres. Est-ce que la noblesse de la charité ne serait pas capable de soutenir les mêmes retranchements et les mêmes privations , que soutient tous les jours l'infamie d'un vice? un pasteur avare aurait le courage de se refuser tout pour grossir un trésor de boue ; et un pasteur charitable et fidèle n'aurait pas la force de se refuser du moins quelque chose pour soulager son peuple , et amasser un trésor dans le ciel ? le démon aurait ses pauvres ; et Jésus-Christ ne serait pas assez puissant pour avoir les siens Pet serait-il possible que l'épargne basse et sordide d'un prêtre avare , après nous avoir fait rougir pour lui devant les hommes, nous couvrît encore de confusion , et s'élevât en témoignage contre nous devant Jésus-Christ?
Mais ce qu'il y a ici de plus déplorable pour ce vice dans un prêtre; c'est que l'âge et les réflexions guérissent d'ordinaire les autres passions, au lieu que celle-ci semble se ranimer , et reprendre de nouvelles forces dans la vieillesse. Plus on avance vers ce moment fatal où tout cet amas sordide doit disparaître et nous être enlevé, plus on s'y attache : loin de se dire alors, du moins à soi-même : Insensé, on va demain te redemander ton âme ; et tout ce que tu amasses avec tant de peine, de quoi te servirat-il? (Luc , xxn , 20.) Plus la mort approche , plus on couvre des yeux son misérable trésor ; plus on le regarde comme une précaution nécessaire pour un avenir chimérique. Ainsi l'âge rajeunit, pour ainsi dire, cette indigne passion : les années, les maladies , les réflexions , tout l'enfonce plus profondément dans l'âme ; et elle se nourrit et s'enflamme par les remèdes mêmes qui guérissent et éteignent toutes les autres. On a vu des pasteurs dans une décrépitude où à peine leur restait-il assez de force pour soutenir un cadavre tout prêt à retomber en pourriture , ne conserver, dans la défaillance totale des facultés de leur âme , le reste de sensibilité , et pour ainsi dire , le signe de vie, que pour cette indigne passion ; elle seule se soutenir , se ranimer sur les débris de tout le reste ; le dernier soupir être encore pour elle ; les inquiétudes des derniers moments la regarder encore : et par une punition terrible de Dieu , l'infortuné qui meurt jette encore des regards mourants qui vont s'éteindre sur un argent que la
DISCOURS
mort lui arrache , mais dont elle n'a pu arracher l'amour de son cœur .
Allez paraître devant Dieu, pasteur harhare et mercenaire : quelle miséricorde pourrez-vous vous promettre dans ce moment , du souverain pasteur de nos âmes ? Réclamerez-vous son amour et sa tendresse pour les hommes , vous qui n'avez jamais eu que des entrailles de fer pour vos enfants et pour vos frères : vous un loup enfermé dans le bercail , et un fléau de la colère de Dieu sur son peuple? Vos cris et vos gémissements , si vous en poussez au lit de la mort , toucheront-ils un juge irrité, vous qu'il a vu jusqu'à la fin d'une dureté barbare à la misère et à tous les gémissements d'un peuple dont il vous avait établi le père et le consolateur? oserez-vous lever vers son tribunal terrible vos mains défaillantes , ces mains qu'il verra encore toutes souillées de vos rapines , du sang de son peuple , et de la profanation des choses saintes dont vous avez fait toute votre vie un trafic infâme ? Grand Dieu ! quels foudres ne sortiront-ils pas alors de vos yeux et de votre bouche , contre un misérable que vous aviez établi le pasteur de votre peuple , et qui ne s'est servi de l'autorité sainte dont vous l'aviez revêtu , que pour en être l'oppresseur et le tyran barbare?
Quel scandale , mes frères , et quel opprobre pour le saint ministère, que cette infâme passion dans un pasteur! c'est son dernier caractère. Scandale pendant sa vie, scandale à sa mort : c'est alors que ce vil trésor , amassé depuis si longtemps avec tant de soins et de bassesses, si enterré, si secret, resserré avec tant de précaution , se manifeste enfin : cet amas infâme caché jusque-là sous les plus viles apparences de la pauvreté, sort enfin de ses ténèbres : ce secret honteux se dévoile enfin et se dévoile aux yeux de ses pauvres, qu'il avait toujours laissés languir dans une affreuse misère ; aux yeux de son peuple, qu'il avait vexé , et dont il avait toujours exigé avec dureté Jusqu'au dernier denier dans ses fonctions , sous prétexte de sa propre indigence. Quelles malédictions cet infâme mystère découvert n'attirera-t-il pas à sa mémoire? quel opprobre pour tout le saint ministère! des proches avides viennent se disputer cet argent d'iniquité ; le scandale de leurs disputes en est souvent porté avec la honte du sacerdoce jusque dans les tribunaux profanes , obligés de décider et dérégler les dissensions que cet amas criminel fait naître entre les prétendants. On a entendu plus d'une fois le barreau retentir de ces infamies; et ce trésor que le sang des peuples a grossi et cimenté, porte bientôt avec lui l'anathème dans ces familles avides ; il y porte le désordre , la misère , cl l'enfer où il a précipité ce misérable pasteur.
Mais, mes frères, ce qui nous regarde dans ces exemples scandaleux, et qui doit nous toucher davantage, c'est qu'ils confirment dans l'esprit des gens du monde le préjugé universel sur l'avarice des prêtres : car vous le savez, le monde fait au saceidoce une tache générale, et comme incurable, de ce vice. Il nous regarde presque tous comme infectés et salis de cette hideuse lèpre , et attachés par des liens plus vifs et plus serrés à la modicité de nos revenus, que les gens du monde eux-mêmes ne le sont à l'abondance de leurs richesses : un prêtre et un homme avare , est pour eux la même chose. D'où vient un préjugé si universel , et si ignominieux à la sublimité et à la sainteté du sacerdoce ? Je sais que le monde est injuste à notre égard; et qu'il est toujours prêt à nous supposer des vices pour se justifier à lui-même ses vices propres. Mais convenons aussi de bonne foi, que sur ce reproche, il n'a pas toujours tort dans les jugements qu'il forme contre nous : convenons que retirant peu la plupart de l'autel , les frayeurs de manquer nous rendent ce peu si cher, nous y attachent si vivement, nous jettent dans des inquiétudes et des précautions si marquées du caractère de ce vice, réveillent si fort nos attentions et nos empressements à exiger nos droits à la rigueur, qu'il est difficile que nos mœurs, quelque régulières et pieuses qu'elles soient d'ailleurs, puissent nous mettre à couvert du soupçon honteux de l'avarice dans l'esprit de nos peuples : et ce soupçon tout seul où nos peuples se trouvent toujours plus attentifs et plus clairvoyants, parce qu'ils y sont intéressés, jette toujours une tache, et une espèce de nuage, sur nos talents et sur notre zèle ; anéantit tout le fruit de notre régularité , et attache à tout notre ministère un reproche secret qui l'énervé, et qui ôte à nos fonctions et à nos instructions cette force et cette efficace qui console toujours parle succès les travaux d'un ministre saint et désintéressé.
Soyons donc là-dessus , mes frères , en garde contre nous-mêmes , contre nos besoins que la cupidité nous grossit; contre nos frayeurs pour l'avenir, qu'elle réalise : l'illusion est ici si déliée et si spécieuse, que la vertu elle-même s'y laisse souvent surprendre. Rabattons plutôt de nos droits temporels, que de nous exposer à scandaliser les faibles; recevons-les ces droits de la piété et de la libéralité des fidèles; et ne les arrachons pas de leur indigence : ne les exigeons pas comme le prix mercenaire de nos peines, mais comme un hommage saint que les peuples doivent à la religion, et un secours de tendresse et de reconnaissance ,que des enfants donnent à leur père. Évitons avec soin tout ce qui peut faire soupçonner à nos peuples, que nous cherchons autre chose que
SYNODAUX.
leur salut dans nos fonctions : montrons-nous plus empressés à secourir ceux d'entre les fidèles , que leur pauvreté met hors d'état de reconnaître nos services ; ne les distinguons pas par les moyens qu'ils ont de nous récompenser, mais par le besoin qu'ils peuvent avoir des secours de notre ministère; que le nom des pauvres soit honorable à nos yeux : Parcel pauperi et inopi... et honorabile nomen eorum coram illo. (Ps. lxxi, 13, 14.) N'ayons pas la dureté d'ajouter à la tristesse de leur état , celle de notre oubli et de notre indifférence quand ils ont besoin de notre ministère : consolons-les par nos soins plus assidus et plus empressés , si nous ne pouvons pas les soulager par nos largesses : faisons-leur sentir que leur pauvreté devient pour nous un titre qui nous les rend plus chers, que c'est par là qu'ils nous appartiennent de plus près, et que nous leur sommes plus redevables qu'aux autres fidèles : regardons-les comme la portion la plus privilégiée de notre troupeau , et la plus capable d'attirer par leurs souffrances , des bénédictions sur tout notre ministère. Estimons-nous heureux de les avoir pour intercesseurs auprès de Jésus-Christ; c'est la voix de la colombe qui gémit , et qui est toujours exaucée : souffrons avec eux en compatissant à leurs peines ; souvenons-nous que notre mission, comme celle de Jésus-Christ, est presque uniquement pour eux: Evangellzare pauperibus misit me. (Luc. iv , 18.) Ne trouvons pas notre sort plus à plaindre de nous voir établis sur un peuple où la misère paraît générale ; c'est là où les grâces se répandent abondamment sur nos fonctions : nous retirons peu pour nous de leur indigence; mais que la moisson est toujours riche pour Jésus-Christ! N'ayons pas assez peu de foi pour regarder comme plus heureux ceux de nos confrères , qui ne comptent presque parmi leurs paroissiens que des personnes riches et aisées : leurs fonctions sont mieux payées; mais sont-elles plus utiles? ils trouvent des fidèles plus en état de fournir à leurs besoins ; mais les trouvent-ils plus disposés à profiter de leurs instructions? les épines et les sollicitudes des richesses y étouffent la parole sainte : le champ est plus décoré ; mais la terre est ingrate et stérile : et tandis qu'un pasteur établi sur un pauvre peuple, instruit des âmes simples et dociles , pénétrées des vérités les plus communes de la foi , soumises dans leur misère à la main qui les frappe, a la consolation devoir tous les jours son ministère abondant en fruits pour le ciel ; l'autre ne le voit presque jamais fructifier que pour lui-même. Ne comptons , mes frères , nos peines bien récompensées, que lorsqu'elles rapportent des fruits de vie et de salut; et n'estimons de nos places et de nos
fonctions, que les gains que nous pouvons y faire pour Jésus-Christ.